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Déchets : la lente sortie du sommeil des éco-organismes

Une dizaine de filières organisant la collecte et la valorisation de déchets autour des éco-organismes tentent de se remettre en route. Alors que les déchèteries rouvrent, et avec, les besoins d’enlèvement, les difficultés remontent et leur fragilisation financière inquiète. À ce stade, une seule chose est sûre : le retour à une pleine efficience du dispositif prendra du temps.

"La situation économique des fabricants et distributeurs de produits neufs risque de fragiliser le financement des éco-organismes pour plusieurs mois, voire plusieurs années." Ce constat avancé fin avril par Brune Poirson, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique, lors d’une audition devant la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, ne doit pas masquer les particularités selon les filières.

Reprise de la filière des DEEE

Si la majorité de ces filières ont fonctionné en mode très dégradé durant la crise sanitaire, toutes n’ont pas stoppé les collectes. Certaines ont repris courant avril et comme le note le réseau d’élus et d’entreprises Amorce, qui participe chaque semaine au point de coordination national sur le sujet, la filière des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) remonte par exemple bien la pente et "devrait tendre à un retour à la normale d’ici juin".

La filière textiles toujours en grande difficulté

La filière textiles, l'une des plus en difficulté (voir notre article du 29 avril dernier), fait l’objet d’un groupe de soutien mis sur pied par les pouvoirs publics. Il en ressortait la semaine dernière, même si les chiffres sont à considérer avec prudence, que près des trois quarts des collecteurs et trieurs restent à l’arrêt. Le recyclage des textiles est en effet très dépendant de l’export vers des pays touchés par la pandémie et du marché de la seconde main. "Et les acteurs de l'économie sociale et solidaire y sont très dépendants de la capacité de l’éco-organisme Eco TLC à maintenir son soutien", ajoutait fin avril Brune Poirson. Un acteur aussi emblématique que la branche textile d’Emmaüs Le Relais reste ainsi à l’arrêt.

Du mieux pour la collecte et la valorisation du mobilier usagé

Une bonne nouvelle ? La reprise d'activité s’accélère dans la filière de collecte et valorisation du meuble usagé, où le cap du millier de déchèteries rouvertes au public et nécessitant un besoin d’enlèvement par EcoMobilier semble avoir été atteint dans plus de 200 collectivités concernées. "D’ici la fin du mois, environ 90% des déchèteries possédant une benne devraient pouvoir bénéficier d’un accès aux services de cet éco-organisme et donc évacuer leurs flux de meubles", espère Amorce. Du côté des meubles professionnels usagés, l’éco-organisme Valdelia vient de communiquer sur la reprise progressive des collectes et du traitement en vue d’un retour à la normale début juin.

Un équilibre financier à trouver

Éviter les surcharges des flux, stocker entre-temps voire chercher en aval de nouveaux exutoires, les priorités sont partagées tout comme les incertitudes qui planent sur ces débouchés et sur la soutenabilité de l’équilibre financier des acteurs des filières. Le réseau Amorce dit attendre davantage de réactivité des éco-organismes dans les réunions qui visent à remettre à flot ces filières et à leur redonner un horizon et une stabilité. L’après-11 mai et la reprise d’activité devront aussi se faire à la lumière des constats (résultats inégaux, régulation à renforcer) et recommandations données juste avant le confinement par la Cour des comptes (voir son rapport). Et en tenant compte de l’évaluation des dégâts causés par cette crise, dont l’ampleur dépendra du rythme et du volume de la reprise des activités économiques.

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Centres de tri : un objectif de modernisation maintenu

En visite ce 15 mai dans le centre de tri des déchets de Limeil-Brévannes (94), Brune Poirson a réaffirmé la volonté du gouvernement de poursuivre son objectif de modernisation des centres de tri pour l’ensemble du territoire en 2022 "qui a pour but de rendre le tri des déchets plus facile pour les Français en leur permettant de mettre tous les emballages dans la même poubelle", a-t-elle souligné dans un communiqué. "Le programme de modernisation et d’investissements aura permis en 2020 à 34 millions de Français - soit 1 Français sur 2 - de trier tous les emballages domestiques sans exception, a-t-elle rappelé. Le gouvernement, Citeo et l’ensemble des acteurs du service public de gestion des déchets ont encore deux ans et demi pour atteindre leur objectif qui aboutira à un tri de meilleure qualité et ainsi à davantage de recyclage." 
A.L. / Localtis

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