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Déconfinement : la FNCC réclame une concertation et des précisions sur la tenue des "petits festivals"

La Fédération nationale des collectivités pour la culture s'étonne de l'annonce d'une "autorisation possible des 'petits festivals' au lendemain du 11 mai". Quelle jauge ? Quelles conditions de sécurité ? Quelle responsabilité pour les élus locaux ? Quelle prise en charge du déficit ? Plusieurs régions parlent de "non-sens". Les maires s'interrogent aussi.

La Fédération nationale des collectivités pour la culture (FNCC), présidée par Jean-Philippe Lefèvre (maire adjoint à l'action culturelle de Dôle et conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté), s'inquiète de l'apparition, dans la réflexion en cours sur la stratégie de déconfinement, de la notion de "petits festivals". Ceux-ci pourraient en effet être autorisés non pas à partir du 15 juillet, comme envisagé pour la plupart des manifestations culturelles, mais dès le 11 mai.

Petits festivals : une annonce qui "sème le trouble"

Dans un communiqué du 17 avril, la Fédération explique que "les élus en charge de la culture membres de la FNCC s'étonnent de l'annonce du ministre Franck Riester quant à une autorisation possible des 'petits festivals' au lendemain du 11 mai 2020". Elle poursuit : "Cette annonce sème le trouble. D'une part, elle n'a fait l'objet d'aucune concertation préalable, d'autre part, elle accroît la tension qui pèse déjà sur les élus de proximité, et enfin elle semble créer une distinction entre le rural et l'urbain". En outre, la FNCC s'inquiète de constater que "la déclaration ministérielle confie aux élus la responsabilité de décider de ce qui serait acceptable ou non en termes de jauge et de conditions de sécurité sanitaire". Plus prosaïquement, elle s'interroge sur l'institution qui prendra en charge le déficit de ces opérations, sachant que les mesures strictes de sécurité qui seront édictées pèseront sur les recettes de ces manifestations en limitant la fréquentation. Au-delà des réponses à ces questions, les élus de la FNCC "attendent plus que des précisions, ils attendent des échanges afin de définir entre l'État et les collectivités locales des règles propres pour les rendez-vous culturels de cet été".

Des réponses encore très floues et très partielles

Il est vrai que dans l'attente de la stratégie de déconfinement, les réponses demeurent à la fois très floues et très partielles. Interrogé, le 16 avril, par la commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat, Franck Riester est en effet resté très général. Le ministre de la Culture a simplement indiqué que "des festivals de dimensions plus modestes pourront peut-être se tenir avant la mi-juillet". "Nous évaluerons dans les semaines qui viennent, en concertation avec les autorités de santé, les organisateurs, les artistes, les collectivités territoriales, la possibilité de les maintenir. Les normes sanitaires, la jauge, la configuration des lieux devront être déterminées, mais aucune réponse ne sera imposée depuis Paris au niveau national", a-t-il poursuivi.

Interrogé également, le 16 avril, mais par la commission des lois du Sénat, sur tous les aspects des mesures liées à l'état d'urgence, Christophe Castaner n'a pas non plus éclairé cette notion de "petits festivals". Le ministre de l'Intérieur a simplement précisé qu'une cellule spéciale travaillait sur cette question au ministère de la Culture et que la cellule interministérielle de crise (CIC) se mettra à sa disposition (voir notre article ci-dessous du 17 avril 2020).

La pression monte dans les régions et à l'AMF

En attendant, d'autres collectivités ou associations d'élus se sont exprimées sur le sujet. Ainsi, après la région Sud (voir notre article ci-dessous du 10 avril 2020), la Nouvelle Aquitaine a écrit le 22 avril au Premier ministre et au ministre de la Culture pour leur demander des précisions sur "la question cruciale des festivals et manifestations culturelles qui, pour l'heure, sont appelés à se tenir de mi-juillet à août 2020". La région considère en effet que la tenue éventuelle de ces manifestations durant cette période est "un non-sens" et souhaite que le gouvernement tranche clairement pour leur annulation, plutôt que de laisser les organisateurs et les collectivités dans l'incertitude.

Même position à l'Association des maires de France (AMF) qui, dans son tout récent document sur le déconfinement (voir notre article ci-dessous du 21 avril 2020), estime qu'"en ces domaines, les élus locaux demandent de la visibilité et des certitudes en termes de calendrier". L'AMF propose "que les décisions dans ce domaine soient arrêtées dès maintenant plutôt que de laisser lancer des projets qui courent un fort risque d'être annulés" et précise : "par exemple, lorsque le ministre de la Culture annonce le maintien des 'petits' festivals, cela génère des demandes que les maires doivent gérer sans connaître le seuil considéré et sans la certitude qu'ils pourront, malgré tout, avoir lieu".

 

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