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Décret tertiaire : Amorce jette un regard critique

Publié le
par
Philie Marcangelo-Leos / MCM Presse pour Localtis
dans

Environnement

Efficacité énergétique des bâtiments publics

France

Tout en se réjouissant de la parution de la nouvelle mouture du décret "tertiaire", ce 25 juillet, le réseau d'élus et de professionnels Amorce émet néanmoins quelques bémols.

"La rénovation énergétique des bâtiments tertiaires va enfin pouvoir disposer d’un cadre après dix ans d’attente", s’est confié à Localtis son délégué général, Nicolas Garnier, saluant en particulier l’obligation de reporting des consommations sur la plateforme de l’Ademe, à la fois "souple" et "engageante" pour inciter les bâtiments publics comme privés à prendre le réflexe de maîtriser leur consommation d’énergie.

Un bref éloge avant de passer à l’offensive pour au moins trois raisons. En termes de performance énergétique tout d’abord, Amorce regrette que le texte mette dans le même panier les cancres et les bons élèves. "

Nous aurions préféré un fonctionnement sur le modèle de la réglementation thermique, avec un système de seuil au-dessus duquel il faut rénover", précise Nicolas Garnier. Le texte fait par ailleurs fi des énergies renouvelables dans la méthode de calcul, là encore contrairement à la réglementation thermique. "Que votre bâtiment fonctionne au fioul, au bois ou au charbon, vous avez une obligation de réduire de 40% la consommation d’énergie sans distinction", regrette-t-il, sachant que "énergies renouvelables et maîtrise de l’énergie ne font souvent pas bon ménage".

"Si vous demandez à un bâtiment, qui a trouvé son équilibre financier dans une énergie renouvelable, de réduire très fortement sa consommation d’énergie, vous risquez de mettre en danger la solution d’énergie renouvelable, puisque moins votre bâtiment va consommer, moins vous aurez intérêt à utiliser une énergie renouvelable", éclaire-t-il. Amorce pointe ainsi un risque d’arbitrage entre ces deux mesures au moment même où s’engage la négociation pour favoriser le raccordement à des réseaux de chaleur renouvelable des bâtiments publics.

Le dernier élément de fragilité tient à la notion d’énergie finale. "Quand on parle en énergie finale, plutôt qu’en énergie primaire, cela donne une nouvelle fois un avantage indu à l’électricité", déplore Nicolas Garnier. Une tendance qui devrait en outre se confirmer dans le cadre du projet de loi énergie-climat sur le dossier des passoires thermiques.  

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