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Des craintes pour l'avenir du réseau Canopé

Alors qu'une profonde réorganisation du réseau Canopé est à l'œuvre, élus locaux et nationaux s'inquiètent pour son avenir. Pour les collectivités, ce service public de documentation pédagogique est en effet d'une précieuse aide dans de nombreux secteurs, à commencer par celui des contenus éducatifs numériques.

Le réseau Canopé est en danger. Le 18 décembre 2019, le conseil d'administration du réseau de création et d'accompagnement pédagogiques pour les enseignants (ex-CNDP/CRDP/CDDP), établissement public administratif placé sous la tutelle du ministère de l'Éducation nationale, informait les représentants du personnel de sa restructuration à l'horizon 2021, avec à la clé un redéploiement de ses 101 implantations locales sous la responsabilité des recteurs d'académie. Dans la foulée, son directeur général démissionnait et un avis de vacance d'emploi publié le 11 janvier dernier précisait que son remplaçant devrait "accompagner la transformation de l'établissement". 
Cette transformation s'est déjà concrétisée dans le projet de loi de finances pour 2020, qui prévoit pour le réseau Canopé une baisse de crédits de 3,28 millions d'euros qui se matérialisera par une réduction de 56 ETPT (équivalent temps plein travaillé). S'il n'est pas appelé à disparaître, sa profonde réorganisation devrait l'amener à recentrer ses missions sur la formation continue en ligne des enseignants. Dans son rapport sur le PLF 2020 fait au nom de la commission des finances du Sénat, Gérard Longuet notait pourtant : "Davantage qu'une réduction des moyens du réseau Canopé […], il semble préférable de renforcer cet opérateur pivot."

Un outil au service des collectivités

Car "pivot", le réseau Canopé l'est véritablement à travers une production qui irrigue toutes les communautés éducatives. Pour les collectivités territoriales, le réseau Canopé est un appui à l'heure où les politiques de déploiement du numérique à l'école posent question. Si la Cour des comptes, dans un rapport de juillet 2019, fustigeait le numérique scolaire en le qualifiant de "concept sans stratégie", elle notait que Canopé "offre aux collectivités un service d’accompagnement pédagogique pour le déploiement de leurs plans numériques dans les établissements, sans doute bien utile pour améliorer l’impact de ces plans en termes d’usages", et que "cette offre de services contribue sans doute à assurer la compatibilité des plans numériques locaux avec la vision pédagogique du ministère".
Mais le soutien du réseau Canopé aux collectivités locales ne se limite pas à la production de contenus numériques. Ici, il accompagne une commune en participant au recrutement et à la formation de tuteurs pour les élèves en difficulté. Là, il appuie un département pour organiser un concours à caractère scientifique à destination de collèges. Ailleurs encore, il participe à l'élaboration, aux côtés d'une région, du projet "Lycées du futur" grâce à ses techniques de créativité participative.
Syndicats de l'Éducation nationale mais également élus locaux se mobilisent pour sauver le réseau Canopé dans son organisation actuelle. Mardi 21 janvier, le ministre de l'Éducation était interpellé par une question écrite de Sylvie Tolmont, députée de la Sarthe. C'est peu de dire que sa réponse est très attendue.

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