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Directeur d'école : le fonctionnement administratif de l'école pèse trop lourd

Après le suicide d’une directrice d’école à Pantin fin septembre 2019, une enquête du ministère de l'Education nationale a été adressée à la profession en novembre. Publiée ce 7 janvier, elle fait avant tout apparaître des directeurs d'écoles débordés par les tâches administratives. En revanche, les relations avec la commune et les élus locaux sont jugées bonnes. 

Sur les quelque 45.500 directrices et directeurs d'école, 29.007 ont répondu au questionnaire en ligne, soit un peu moins de 64%. La profession a été sondée par le ministère de l’Education nationale durant la seconde quinzaine de novembre 2019 suite aux difficultés exprimées massivement depuis le suicide, fin septembre, de Christine Renon, directrice d’école maternelle à Pantin. Cette enquête  doit "alimenter les travaux" qui seront menés avec les syndicats. Deux premières réunions sont prévues les 14 et 28 janvier 2020, et le ministre pourrait en tirer les conclusions au début du printemps. Il a déjà demandé à son administration "d'avancer vite" sur l'allègement des tâches administratives.
La très grande majorité (86%) des directeurs-directrices d'école ont "choisi d'exercer cette fonction" et sept sur dix d'entre eux ont plus de cinq ans dans cette fonction, ce qui témoigne de l'intérêt qu'ils portent au "suivi collectif des élèves" et au "pilotage pédagogique de l'équipe" (83 et 74%). Sauf qu'ils consacrent une bonne part de leur temps au fonctionnement administratif de l'école : comptes-rendus en tous genres à réaliser, exercices incendie et sécurité à coordonner, inscriptions en maternelle à enregistrer, "fiches navette" de dialogue avec les familles à imprimer... Ces obligations chronophages empêchent de se concentrer sur l'essentiel : les élèves, dénoncent les directeurs et directrices d'école dont l'AFP a recueilli les témoignages.

Etre décisionnaire mais sans statut

A 80%, ils estiment que l'équipe de circonscription est "réactive" quand ils sont "dans une situation de besoin" (18% sont d'un avis contraire), à 64% qu'ils peuvent compter sur les services municipaux, à 55% sur leurs "collègues enseignants". Ils sentent leur autorité reconnue par les personnels non-enseignants (89%), par leur inspecteur et par les élus, plus que par les enseignants (79%).
Ils voudraient (à 87%) "être décisionnaires sur l'utilisation des 108 heures" (les heures dégagées par la réforme Sarkozy-Darcos des rythmes scolaires, ndlr), "bénéficier de réunions régulières d'échange" avec d'autres directeurs d'école, voire "être davantage associés au pilotage des actions mises en place au niveau de la circonscription". Ils ne sont en revanche que 25% à souhaiter être associés "à l'évaluation des professeurs de leur école", un résultat qu'il faudrait sans doute moduler en fonction de la taille des écoles, mais qui pose la question d'un véritable statut de chef d'établissement qu'ils sont moins de 10% à souhaiter ou du moins à juger prioritaire.
Interrogé par ToutEduc sur l'accompagnement des directeurs d'école par leur hiérarchie, le Directeur général de l'enseignement scolaire (DGESCO) insiste sur le fait que huit directeurs sur dix jugent la circonscription réactive. Il rappelle qu'un plan de formation des IEN est mis en oeuvre et que les directeurs pourront s'adresser à une gestion des ressources humaines de proximité. Il ajoute qu'il conviendrait à son avis de créer ces espaces de discussion entre pairs qu'ils sont 83% à souhaiter.

 

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