Transports - Dix-neuf élus réclament à Alain Vidalies le maintien des trains de nuit

Après l'annonce par le gouvernement, le 21 juillet, de la suppression de quatre lignes de train de nuit sur huit, dès ce 1er octobre, et de deux lignes supplémentaires en octobre 2017, dix-neuf élus viennent d'envoyer une lettre au secrétaire d'Etat en charge des transports, Alain Vidalies, pour lui demander de revenir sur cette décision. "Nous ne nions pas que ce choix trouve son fondement dans les pertes importantes enregistrées par les lignes de nuit. Pour autant, cette situation n'est pas la conséquence d'un désintérêt des voyageurs pour ce mode de transport mais d'une offre inadaptée à leurs aspirations", écrivent les signataires du courrier, parmi lesquels la sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller, le président de l'Association des régions de France (ARF) Philippe Richert, la présidente de Villes de France Caroline Cayeux, et de nombreux maires de grandes villes (Roland Ries, maire de Strasbourg, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, François Bayrou, maire de Pau, Laurent Hénart, maire de Nancy, Jean Rottner, maire de Mulhouse, Hubert Falco, maire de Toulon*…).
Les élus insistent sur "la responsabilité de l'Etat" en la matière. "Depuis maintenant des années, comme le révèle le rapport annuel de la Cour des comptes de février 2015, la SNCF et l'Etat n'investissent plus réellement dans les lignes de nuit, relèvent-ils. Le confort des cabines est devenu de plus en plus spartiate de façon à détourner peu à peu [leur] clientèle traditionnelle."
Les auteurs de la lettre se disent "convaincus" que "les trains de nuit pourraient séduire une nouvelle clientèle si le confort était au rendez-vous, si le service proposé en cabine était repensé, si l'Etat consentait à investir dans ce mode de transport". Ils mettent aussi en avant les avantages propres à ces trains. Tout d'abord, par rapport à l'avion, "le temps réellement passé à voyager n'est pas forcément si différent" "dès lors que l'on prend en compte toutes les contraintes inhérentes aux voyages aériens (attente embarquement, contrôle des bagages, distance de l'aéroport, etc.). En outre, voyager en train de nuit permet d'"économiser une nuit d'hôtel". Pour les élus, c'est aussi un moyen de "promouvoir un mode de transport écologique" et "un maillage territorial qui profite aux Français résidant dans des communes peu desservies".
Ils demandent donc à Alain Vidalies "de reconsidérer les fermetures prévues de lignes et de donner enfin à ce mode de transport un nouvel avenir". "Un tel choix politique serait alors une décision forte, un 'marqueur' qui démontrerait votre ambition de promouvoir le transport ferroviaire et le nécessaire maillage de tous les territoires de la République", concluent-ils.

Anne Lenormand
 

*Les autres maires signataires sont Georges Ginesta (Saint-Raphaël,) Jean Léonetti (Antibes), Damien Meslot (Belfort), Franck Proust (Nîmes), Georges Morand (Sallanches), Marie-Noëlle Biguinet (Montbéliard), David Lisnard (Cannes), Michel Dantin (Chambéry), Marcel Bauer (Sélestat) et Stéphanie Guiraud-Chomeil (Albi) 

 

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