Dole rénove son centre-ville dans la conciliation (39)

Depuis plusieurs années la ville de Dole (Jura) requalifie son centre historique couvert par un plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV). Son programme de rénovation globale vise à concilier les actions incitatives et coercitives autant que la sauvegarde du patrimoine et l’adaptation de la ville à la modernité.

Une étude menée en 2015 faisait état d’une vacance de 24% dans le parc immobilier du centre-ville de Dole (24.000 habitants) contre 9% à l’échelle de la commune. Les logements vides se concentraient principalement dans les trois rues commerçantes du centre ancien, qui compte beaucoup de petits appartements de moins de 3 pièces plutôt sombres et compliqués d’accès en raison d’escaliers étroits et de difficultés de stationnement. L’activité commerciale pâtissait naturellement de la désaffection des habitants pour ces logements. 

Programme global de requalification

La ville s’est engagée depuis longtemps à revivifier son quartier historique. Dès 2014, un plan local de redynamisation du "cœur de ville" facilitait, entre autres, les rénovations de façades, l’accession aux logements, l’implantation de commerces, et mettait en œuvre une politique d’animations pour le faire vivre et donner envie aux habitants de se rendre de nouveau dans un centre-ville qu’ils avaient pu délaisser. 
"En 2016, une nouvelle Opah de renouvellement urbain a pris le relais de la précédente, achevée en 2015", rappelle le chargé des politiques habitat de Dole et de la communauté d’agglomération du Grand Dole (CAGD), Antoine Maratier. "Portée par le service mutualisé de l’interco, qui a la compétence habitat en lien étroit avec la ville, elle constitue l’armature du programme Action cœur de ville qui comporte plusieurs projets pour renforcer l’attractivité de Dole." Ces programmes sont complétés par des actions plus ciblées lancées à l’initiative de la collectivité telles que la mise en valeur des façades, l’amélioration des parties communes des immeubles ou encore l’amélioration des possibilités de stationnement.

Focus sur l’habitat dégradé

Les objectifs visent à requalifier l’habitat dégradé, à en relever les performances énergétiques, à réduire la vacance et à renouveler l’offre locative pour attirer de nouveaux ménages avec enfants. Dans un périmètre qui compte seulement 6% de logements publics, la ville entend également développer une politique de loyers adaptés et favoriser l’accession à la propriété. Dans ce but, des efforts sont fournis pour aménager les espaces publics et privés, ainsi que pour proposer de meilleurs équipements aux habitants. 

Le coercitif en complément de l’incitatif

"Ces mesures incitatives ne sont cependant pas toujours suffisantes quand les opérations de requalification sont trop importantes pour les propriétaires", fait valoir le maire, Jean-Baptiste Gagnoux. "Sans compter les propriétaires indélicats ou très négligents qui laissent leurs biens dans un état de total délabrement." Dans de tels cas les dispositifs coercitifs sont nécessaires pour compléter les programmes de réaménagement. Des arrêtés de péril ont été pris par le maire et donné lieu à des obligations de travaux de sécurisation. Les propriétaires récalcitrants ont dû mettre leur bien en vente. 

L’ORI déclarée d’utilité publique

Une opération de restauration immobilière (ORI) pour lutter contre l’habitat indigne dans l’hyper centre de Dole a été lancée en 2019. Un arrêté préfectoral a déclaré l’utilité publique des travaux sur trois immeubles dont l’impact sur le paysage urbain est notable. "Si les négociations avec les propriétaires n’aboutissaient pas à ce qu’ils souscrivent à un projet de réhabilitation nous pourrions aller jusqu’à l’expropriation", indique le maire. Une étude de calibrage est en cours, en vue de solliciter une aide de l’Anah dans le cadre de son dispositif de traitement de l’habitat insalubre remédiable et des opérations de restauration immobilière (Thirori). 

Concilier patrimoine ancien et modernité

En parallèle du programme Action cœur de ville, le plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) est en cours de révision afin de pouvoir mieux concilier la préservation du patrimoine et son adaptation aux attentes et aux usages contemporains. "Cette révision doit lever des difficultés que nous rencontrons pour procéder à certains curetages indispensables à l’amélioration de la luminosité des logements et à l’aération des espaces privatifs tels que les cours et les jardins", explique le maire de Dole. 

58 logements rénovés

À fin 2019, l’Opah-RU a permis de requalifier 58 logements dont 49 destinés à la location. Une cinquantaine de façades ont été restaurées dans le cadre du dispositif spécifique mis en place par la ville. Les difficultés rencontrées proviennent des petites copropriétés dotées de syndics bénévoles et de propriétaires absents, peu concernés ou les deux à la fois. Certaines opérations sont aussi trop coûteuses pour les propriétaires qui manquent de ressources. Des solutions sont à l’étude pour surmonter l’ensemble de ces difficultés. Il faudra cependant encore du temps pour que ce programme de rénovation porte tous ses fruits. 

Financements multiples

Ces actions de revitalisation du centre-ville (Opah-RU et Action cœur de ville) reçoivent l’appui financier de l’Anah et d’Action logement qui devient un partenaire important des bailleurs privés et publics. La ville et l’agglomération apportent également une contribution substantielle. Sur la période 2016 – 2021 la communauté d’agglomération du Grand Dole (CAGD) fournit 350 K€ d’aide aux travaux et 200 K€ de suivi-animation de l’Opah-RU. Parallèlement, la ville offre une aide de 250 K€ et a investi 3,4 millions d’euros dans la requalification des espaces publics. 

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