Du déménagement dans l'air ?

Un quart des personnes interrogées par OpinionWay pour l'Observatoire national du cadre de vie déclarent "envisager de déménager pour changer de cadre de vie" dans les cinq prochaines années, et ce alors que les sondés semblent globalement satisfaits de leur cadre de vie actuel. S'ils jugent que le confort, le calme, la sécurité et la nature sont les éléments les plus importants de ce dernier, l'accès rapide à la santé et aux commerces restent pour eux prioritaires.

Changer d'air, plus que changer d'ère ? On ignore encore si le tant vanté "monde d'après" sera à court terme vraiment différent du "monde d'avant". En revanche, à en croire les résultats de la première édition du "Baromètre annuel du cadre de vie" – une enquête d'opinion confiée à OpinionWay par l'Observatoire national du cadre de vie –, un tiers des Français interrogés envisagent de "déménager pour changer de cadre de vie" (12% "certainement", 22% "probablement"). Parmi eux, plus des trois quarts aspirent même à le faire dans les cinq ans.

Les résultats varient sensiblement selon les tranches d'âge et les régions des sondés. Les 18-24 ans sont plus de la moitié (59%) à envisager de prendre leurs valises (non sans logique), taux qui tombe à 14% chez les 65 ans et plus. Les habitants de la région parisienne sont également plus nombreux à le prévoir (43%), contre 25% seulement pour ceux du Sud-Ouest. L'enquête confirme l'importance de la variable télétravail, 47% de ceux qui envisagent de déménager indiquant que cette modalité pourrait accélérer leur projet.

Des sondés plutôt satisfaits de leur cadre de vie

Si l'enquête ne pose pas la question de la satisfaction "globale" des sondés à l'égard de leur cadre de vie actuel, ces derniers se disent pour autant "très satisfaits" ou "plutôt satisfaits" de ce dernier s'agissant de la qualité/du confort de leur logement (83%, et même 93% chez les 65 ans et plus) et de la proximité des services (83%), du calme et de la proximité de leur travail/lieu d'études (78%), de la présence de la nature (77%), de la proximité des services de santé, de la sécurité, de l'accès aux loisirs (76%), de la proximité de leurs proches (74%), de celle des transports collectifs ou infrastructures de transports (73%), l'absence de pollution ralliant moins de suffrages (63%).

Le taux de satisfaction croît généralement avec l'âge des sondés, à quelques exceptions près : plus l'âge avance, plus le taux de satisfaction à l'égard des transports diminue. La satisfaction est généralement moins grande en région parisienne qu'ailleurs - 66% des sondés sont satisfaits du calme et de la sécurité, 44% de l'absence de pollution, 55% de la présence de la nature. On relèvera également que 65% seulement des habitants du Nord-Ouest sont satisfaits de la proximité des services de santé, taux de loin le plus faible.

Confort, calme, sécurité et nature…

"Indépendamment de la question financière", "disposer d'un environnement agréable" serait la raison principale ayant conduit les sondés à vivre là où ils sont actuellement (31%), devant la proximité avec leurs proches (22%), avec leur lieu d'étude/de travail (21%), parce que "c'est là qu'ils sont nés" (12%) ou la proximité des grands axes de communication (6%).

Les sondés précisent toutefois que les "éléments les plus importants lorsqu'on évoque leur cadre de vie" sont d'abord la qualité/le confort du logement (57%), le calme (53%), la sécurité (49%) et la présence de la nature (41%) – quatre critères dont l'importance va croissant avec l'âge. Suivent la proximité des proches (38%), loin devant celle des services, notamment ceux de santé (29% seulement, mais 47% chez les 65 ans et plus), et plus encore devant celle des transports (21%), du travail/lieu d'étude (21%), l'absence de pollution (20%, 15% seulement chez les 18-24 ans) et l'accès aux loisirs (13%, mais 21% chez les 18-24 ans).

… ou médecin et commerces ?

L'interprétation des résultats n'est toutefois guère aisée. Neuf sondés sur dix considèrent dans le même temps "prioritaire" de disposer à moins de 15 minutes de chez eux d'un médecin généraliste (80% chez les 18-24 ans, 95% chez les 65 ans et plus), une pharmacie (90%) et des commerces de proximité (88%)… Également jugés prioritaires, un accès à la nature (86% mais 73% seulement chez les 18-24 ans ) et une grande surface alimentaire (81%), la proximité des activités de loisirs (67%) et du lieu de travail/études (66%) ralliant, eux, moins de suffrages.

Un pavillon en périphérie (honni soit qui mal y pense)

Si la mode est au vert, "seuls" 41% des sondés envisageant de déménager le feraient pour vivre en zone rurale, la même proportion envisageant d'aller "en couronne de ville"  - deux zones où les sondés vivent peut-être déjà, puisque 60% d'entre eux vivent dans une maison et 81% bénéficient d'un espace extérieur (balcon, terrasse, jardin partagé ou privatif). Le centre-ville n'a pas dit son dernier mot, puisque 27% l'envisagent comme destination. Là encore, les résultats varient notamment en fonction du profil des sondés. Les aspirants au déménagement habitant dans le Nord-Ouest et le Nord-Est entendent majoritairement aller en zone rurale, alors que pour ceux habitant la région parisienne ou le Sud-Est, c'est la couronne d'une ville qui est privilégiée (respectivement 45% et 46%). De même, si les CSP+ (43%) et les plus de 25 ans (47% chez les 25-34 ans) privilégient une zone rurale, les inactifs (26%) et les 18-24 ans (27%) n'aspirent guère à se mettre au vert.

Facteurs d’attractivité /répulsion

Principaux bénéfices attendus d'une vie en zone rurale ou en couronne de ville, un accès plus facile à la nature (32%, et même 45% chez les sondés envisageant de déménager), moins de bruit (30%/40%), disposer d'un espace extérieur/jardin (30%/41%), d'une plus grande surface d'habitation (28%/36%), moins de pollution (26%/34%) et un endroit plus sûr (21%/24%). Si la surface d'habitation n'est pas un critère discriminant pour les plus de 65 ans (18%), il reste important chez les 18-24 ans (38%), qui anticipent ici sans doute l'agrandissement du foyer.

Parmi les principaux freins à un tel mouvement, viennent en tête le manque de services  (43% et  28% chez les 18-24 ans mais 59% chez les 65 ans et plus), l'allongement des temps de trajet (35%), le manque de commerces (34%), la dépendance à la voiture (33%), une connexion internet/mobile insuffisante (28%) ou l'éloignement des proches (24%). La difficulté d'accès aux activités culturelles (16%, 21% chez les 18-24 ans) et le manque d'emploi (15%) ne préoccupant guère.

Logiquement, on retrouve en miroir des espoirs et craintes à l'égard des centres-villes. Les sondés attendent d'abord de ces derniers un meilleur accès aux services (34%), de ne plus dépendre de la voiture (31%), la proximité des commerces (27%), la réduction des temps de trajet (24%) ou un accès facilité aux activités culturelles (22%). En revanche, pourraient les dissuader de s'y installer le bruit (69%), la pollution (57%), l'absence d'espace extérieur (46%) ou d'accès à la nature (42%), le manque de sûreté (39%) ou le fait de devoir limiter sa surface d'habitation (37%).

Parcours idéal… théorique

On pourrait en conclure que le jeune adulte, boudant la nature, aspire dans un premier temps à vivre en ville (importance de la vie sociale, accès aisé à la culture, faible préoccupation à l'égard des commerces…), pour la quitter une fois parent (davantage de surface habitable, accès à la nature, sécurité, moins de pollution, voiture vue comme un  atout plus qu'un handicap…) avant d'y revenir une fois à la retraite (accès à la santé et aux commerces, souhait de ne plus dépendre de la voiture…). Un parcours qui reste toutefois "théorique", le monde de 2060 risquant d'être bien différent de celui de 2020…

 

 

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