Ecole de la confiance : l'Andev plaide pour une collaboration avec les collectivités

Après une rentrée scolaire marquée par la mise en œuvre de la loi pour l'Ecole de la confiance, l'Andev attend de la part de l'Etat "des efforts" dans la collaboration avec les acteurs éducatifs locaux.

Par la plume de sa présidente Rozenn Merrien, l'Association nationale des directeurs et cadres de l'éducation des villes et des collectivités territoriales (Andev) est revenue en cette rentrée 2019 sur la loi pour l'Ecole de la confiance, et tout d'abord sur sa mesure-phare : l'abaissement de l'âge de l’instruction obligatoire à trois ans. Si l'association estime que cette mesure ne constitue pas "une évolution significative quant au nombre d’enfants scolarisés" – 97,2% des enfants de trois ans étant scolarisés en 2017/2018 –, elle juge toutefois que les impacts de la scolarisation des 3–6 ans sur les villes et les EPCI sont "réels tant d’un point de vue organisationnel que financier". Pour l'organisation, l'Andev se veut rassurante, en précisant que "les équipes au niveau local trouvent les solutions et les propositions adaptées". Pour l'aspect financier, en revanche, elle estime que "les élus n’ont d’autres choix que d’intégrer dans les budgets locaux les conséquences financières de cet abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire bénéficiant largement au financement des écoles privées, sans la compensation promise et attendue de l’Etat".?

Autre pierre d'achoppement entre l'association des directeurs de l'éducation et le ministère de l'Education nationale : les engagements pour l’école inclusive contenus dans la circulaire de rentrée signée Jean-Michel Blanquer. Car si le texte "affirme la nécessaire collaboration entre les équipes de l’Education nationale et le secteur médicosocial, aucune mention n’est faite des collectivités locales", regrette l'Andev. Et sa présidente de rappeler que "les initiatives locales permettent la mise en œuvre de projets d’inclusion adaptés". Cet engagement quotidien des villes pour une éducation réellement inclusive avait d'ailleurs été valorisé par l'Andev lors de son dernier congrès. Sur la question de l'école inclusive, l'Andev rappelle également qu'"il faudra y associer les moyens financiers et humains correspondants" et propose d'élargir l'inclusion au-delà du temps scolaire : "L’association des collectivités locales permettrait la coconstruction de projets sur tous les temps de vie de l’enfant, à partir des actions déjà engagées territorialement."

Reconnaissance des Atsem

Il est un sujet dont l'Andev a tout lieu de se féliciter : l’impulsion renforcée dans la collaboration entre les enseignants de l'Education nationale et les Atsem, ces agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles qui assistent l'enseignant sur les plans matériel et éducatif. La loi insiste en effet sur le respect dû par les élèves et les familles à "l'ensemble des personnels" et prévoit que l'expérience acquise par les personnels non enseignants travaillant dans les écoles maternelles puisse être validée par VAE (validation des acquis de l'expérience) pour l'obtention d'un diplôme national ou d'un titre professionnel.

Quant à la circulaire de rentrée, elle avance que "les Atsem sont des figures d'attachement importantes pour les élèves, et participent activement à leur sécurité matérielle et affective. Leurs compétences contribuent pleinement au bien-être des élèves et à la mise en œuvre des activités dans la classe". Et afin de renforcer et d'enrichir l'organisation éducative, le texte ajoute que "des formations associant Atsem et professeurs des écoles seront recherchées dans tous les départements, en lien avec les collectivités territoriales de référence". Pour l'Andev, ces différentes mesures constituent un "marqueur important de la reconnaissance de l’efficacité des coopérations territoriales".

La coopération entre l'Etat – à travers l'Education nationale – et tous les autres acteurs de l'éducation sont finalement au centre des préoccupations de l'Andev à l'heure de la mise en œuvre de la loi. L'association assure qu'"au-delà de la mise en application de prescriptions descendantes, l’école de la confiance ne peut se construire qu’à travers l’exemplarité d’un dialogue national entre les acteurs dont les collectivités, familles et enseignants ne peuvent être écartés". Pour elle, "l’Etat doit donc soutenir et s’inscrire au sein des alliances territoriales, reconnaître l’engagement des acteurs éducatifs afin de valoriser les initiatives et l’innovation au service d’une ambition commune et concertée créant les conditions de la réussite pour tous".?

 

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