Energie - Electricité : vers une forte hausse des tarifs au 1er août 2013

Le ministère de l'Energie a annoncé tard dans la soirée du 8 juillet deux hausses de 5% des tarifs réglementés d'EDF, une première ce 1er août et la suivante le 1er août 2014, soit une augmentation de 10,25% en un an. C'est moins que ce que préconisait le gendarme du secteur, la Commission de régulation de l'énergie (CRE), qui avait calculé qu'une hausse d'au moins 14% était nécessaire le mois prochain pour couvrir les coûts d'EDF. Ce bond était selon la CRE rendu nécessaire par un rattrapage des hausses insuffisantes des années précédentes (+7,6%), mais aussi par l'envolée des coûts d'EDF, liés aux dépenses croissantes pour entretenir et renforcer la sûreté du parc nucléaire hexagonal, ainsi que le réseau électrique.
"Le gouvernement a décidé de lisser, sur plusieurs années, les hausses de tarifs nécessaires à la couverture des coûts d'EDF, prévue par la loi, afin de protéger autant que possible le pouvoir d'achat des ménages", a souligné le nouveau ministre de l'Energie Philippe Martin. Ce scénario du lissage avait été proposé le mois dernier par le Médiateur de l'énergie.
Pour limiter la note, le gouvernement a également voulu faire un geste envers les petits consommateurs en révisant à la baisse le coût des abonnements de faible puissance (3 kVa et 6 kVa) auxquels souscrivent bon nombre de Français, pour un montant non dévoilé. Il met aussi en avant le plan pour la rénovation thermique de l'habitat qui doit permettre de consommer moins d'énergie à confort constant et l'automatisation du bénéfice des tarifs sociaux aux 4 millions de ménages les plus modestes prévue par la loi Brottes visant à préparer la transition vers un système énergétique sobre. Un audit sur l'évaluation des tarifs sociaux, confié à l'Observatoire de la précarité énergétique, sera remis à Philippe Martin le 17 juillet et un groupe de travail visant à relancer les tarifs dits à effacements – qui différencient les consommations en période de pointe et en période creuse – sera lancé à la rentrée, annonce encore le gouvernement.
Il n'en reste pas moins que l'ampleur des hausses actuelles est nouvelle : depuis 2003, le tarif n'avait augmenté au total que de 14,1%, avec des hausses annuelles comprises entre 0 et 3%. Le contraste est aussi saisissant avec les intentions annoncées par le gouvernement peu après sa mise en place de limiter la hausse de l'électricité à l'inflation pour justifier une hausse de 2% en juillet 2012.
Les associations de consommateurs ont fait grise mine. Pour l'UFC-Que choisir, cette hausse "répond à la seule demande de l'opérateur" (EDF). L'association dénonce également le fait que les coûts d'EDF servant à calculer le tarif sont fournis par l'opérateur historique lui-même et seulement contrôlées par la CRE. Quant à la CLCV, elle juge qu'"une telle hausse aurait un impact trop important sur le pouvoir d'achat des consommateurs et le reste à vivre des ménages aux revenus les plus modestes". Une hausse de 5% des tarifs correspond à une augmentation moyenne de la facture annuelle d'un ménage d'environ 35 euros, et de 50 euros s'il se chauffe à l'électricité, selon les calculs de 60 millions de consommateurs.
Le consommateur n'est probablement pas au bout de ses peines. La CRE a à plusieurs reprises estimé à 30% la hausse attendue du prix l'électricité entre 2012 et 2017. Car outre le tarif, qui représente environ 70% du prix, la Contribution au service public de l'électricité (CSPE), taxe spéciale qui finance principalement les surcoûts des énergies renouvelables et de la desserte des zones isolées, va continuer à augmenter après avoir déjà triplé depuis 2010. Elle est depuis janvier de 13,50 euros du mégawattheure, alors qu'il faudrait qu'elle dépasse d'ores et déjà les 18,80 euros selon la CRE. En ajoutant la hausse de 9% des prix liée à la CSPE, l'électricité en France pour les particuliers aura donc augmenté, après le 1er août, de 28% depuis 2006, selon un calcul de l'AFP.

 

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