Emploi des cadres : un "redémarrage progressif" des recrutements en 2021

En 2020, les embauches de cadres ont reculé de 19%, selon l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), qui prévoit pour cette année 246.900 recrutements. C'est 8% de plus qu'en 2020 mais 12% de moins qu'en 2019. 

Bien qu'en petite forme, l'emploi cadre résiste à la crise sanitaire et économique. En 2020, 37.100 postes ont été créés, selon l'enquête de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) publiée ce vendredi 7 mai. Deux fois moins importantes qu'en 2020, les créations nettes de postes de cadres s'expliquent par les promotions internes au niveau cadre et la baisse des démissions ou des mobilités professionnelles.
La crise s'est traduite aussi par une forte baisse des embauches, qui ont reculé de 19% entre 2019 et 2020. Informatique, activités juridiques, comptables, ingénierie : de nombreux services moteurs de l'emploi cadre sont affectés par la crise. Selon les secteurs, on observe ainsi un recul plus ou moins important des embauches : - 24% dans l'industrie, - 32% dans l'automobile, - 24% dans la distribution spécialisée et - 26% dans l'hôtellerie-restauration-loisirs. 
En 2021, l'Apec évoque un "redémarrage progressif" des recrutements. Selon ses prévisions, les entreprises prévoient de recruter 246.900 cadres en 2021. C'est 8% de plus qu'en 2020, mais 12% de moins qu'en 2019, une année record en termes d'embauches de cadre. "Même si toutes les hypothèques pesant sur la croissance 2021 ne sont pas levées, loin s'en faut, l'économie hexagonale devrait retrouver des couleurs dès la fin du 1er semestre et connaître, selon la Banque de France, une progression annuelle du PIB de 5,4%", note l'Apec, qui anticipe un redémarrage des activités informatiques, d'ingénierie et de conseil en particulier. 

Des régions fragilisées

Toutes les régions verront leur volume d'embauches repartir à la hausse, en particulier l'Île-de-France (118.980 recrutements), l'Auvergne-Rhône-Alpes (28.350 recrutements) et les Hauts-de-France (15.200). Mais la progression est faible pour certains territoires fragilisés par les conséquences économiques de la crise comme la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est et la Normandie, qui "ont enregistré de fortes baisses des recrutements de cadres en 2020 qui ne seront pas compensées". Seule exception au tableau en raison de sa spécialisation dans l'aéronautique, l'Occitanie voit ses prévisions d'embauches de cadres reculer de 1%, avec 11.060 recrutements de cadres en 2021. 
Cette année, les recrutements de cadres "devraient retrouver de la vigueur dans les quatre grands secteurs de l'économie : services, industrie, construction, commerce", selon l'Apec qui mentionne quelques secteurs qui pourraient retrouver leur niveau d'avant-crise en 2021 : équipements électriques, santé-social, commerce interentreprises. 

  • Multiples inquiétudes sur l'emploi des jeunes diplômés

Malgré les dispositifs d'aide à l'embauche des jeunes, la crise affecte leur accès à l'emploi. En un an, la part des jeunes diplômés de niveau bac + 5 en emploi 12 mois après leur diplôme a chuté de 16 points. Ainsi, en janvier 2021, seulement 69% des jeunes diplômés en 2019 avaient un travail contre 85% de la promotion 2018. Près d'un tiers (31%) d'entre eux sont donc sans emploi ou en recherche d'un emploi. Logiquement, la crise a davantage touché ceux qui ont obtenu leur diplôme après septembre 2019 : seule la moitié d'entre eux sont en emploi contre 66% des diplômés du semestre précédent. La différence d'accès à l'emploi avec les bac +3 et les bac + 4 est faible : 71% d'entre eux sont en emploi contre 82% pour la promotion précédente. 
Par ailleurs, les emplois sont moins stables. 37% des jeunes diplômés de la promotion 2019 ont un contrat à durée déterminée, soit +12 points par rapport à la précédente promotion et "le niveau le plus élevé depuis cinq ans". L'accès à de l'expérience professionnelle se dégrade aussi. 86% des jeunes diplômés de la promotion 2019 ont connu au moins une expérience professionnelle dans l'année suivant l'obtention de leur diplôme, contre 94% pour la promotion 2019 (-8 points). "Ce taux d'insertion à 12 mois de 86% est le plus bas enregistré depuis cinq ans", relève l'Apec 
Plus d'un tiers des jeunes interrogés indiquent avoir retrouvé un emploi suite à la publication d'une annonce (35%) en 2020, contre 26% en 2019. "En revanche, d'autres canaux voient leur poids s'éroder, notamment ceux qui impliquent une démarche des entreprises pour exploiter les CVthèques, leur vivier de candidatures spontanées ou encore les réseaux sociaux sur Internet", selon l'Apec.

 

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