Emplois francs : le gouvernement veut prolonger et muscler le dispositif

Nouvelle tentative de relance des emplois francs. Le gouvernement souhaite prolonger d’un an le dispositif créé en 2018 tout en le musclant. L’idée serait d’autoriser le cumul de l’aide avec celle prévue dans le plan jeunes, selon une information des Echos confirmée par l’AFP, ce lundi 21 septembre.

Pensés comme un dispositif de discrimination positive, les emplois francs permettent à tout employeur, situé ou non en quartier de politique de la ville, de bénéficier d'une aide pouvant aller jusqu’à 15.000 euros sur trois ans, pour une embauche en CDI d'un chômeur habitant dans ces quartiers (et de 5.000 sur deux ans, pour un CDD d'au moins six mois).

Une première expérience des emplois francs avait été conduite sous le précédent quinquennat pour favoriser l’emploi des jeunes dans les quartiers de la politique de la ville mais elle s’était soldée par un échec. Une nouvelle formule est expérimentée depuis 2018. Après un démarrage poussif, le gouvernement a décidé une première fois d’assouplir le dispositif et de l’étendre à l’ensemble des 1.500 quartiers de la politique de la ville, par un décret du 26 décembre 2019. Ce même décret prolonge l’expérimentation jusqu’à la fin 2020. Le gouvernement espérait 40.000 entrées à la fin 2020, mais la crise est venue donner un coup d’arrêt aux embauches. Selon la Dares, le nombre hebdomadaire de demandes d'aides acceptées par Pôle emploi a été divisé par près de quatre après les quatre premières semaines du confinement, passant de 700 à moins de 200. Il s'est ensuite stabilisé entre 200 et 300 par semaine, avant d'augmenter légèrement à partir de fin juin (entre 250 et 350 par semaine).

Afin d’offrir une nouvelle chance au dispositif, le gouvernement souhaiterait donc permettre à l'employeur de cumuler cette aide avec l’aide à l’embauche des jeunes (AEJ) prévue dans le plan jeunes (1.000 euros par trimestre pendant un an pour toute embauche de moins de 26 ans sur un contrat d'au moins trois mois d'ici fin janvier, soit 4.000 euros par an maximum). Un décret devrait apporter ces changements, selon l’AFP. En clair, pour un CDI, un employeur pourrait toucher 9.000 euros sur un an et jusqu’à 4.000 euros par an pour un CDD de deux ans.

Selon la députée LREM Monique Iborra, chargée d'une mission d'évaluation en cours, citée par Les Echos, le taux de rupture des contrats après un an serait de 40%. Etrangement, le dispositif n'est pas mentionné dans la feuille de route des maires de banlieue présentée la semaine dernière, au titre des solutions pour l'emploi (voir notre article ci-dessous).

 

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