La pépinière commerciale de Limoges porte ses fruits (87)

Née en 2018, la pépinière commerciale de Limoges identifie les locaux vacants avant de contacter, via des appels à candidature, des porteurs de projets prêts à ouvrir de nouveaux commerces. Une aide aux loyers, versée les trois premières années, est notamment financée par une taxe sur les locaux vacants.

Lutter contre la vacance commerciale à Limoges : telle est la vocation de la pépinière commerciale, née en 2018, à l’instigation de la ville, de la communauté urbaine Limoges Métropole et de la chambre de commerce et d’industrie (CCI).

Pour cela, un appel à emplacements commerciaux est lancé, via les agences immobilières. « L’objectif est de proposer différents types de surfaces et de localisation géographique, avec des conditions locatives qui permettent au plus grand nombre de candidats de soumettre leur dossier », indique Samuel Mamdy, manager du centre-ville et responsable de la mission stratégie commerciale.

Une fois les locaux identifiés, un deuxième appel est lancé, cette fois à destination des porteurs de projets. Grâce à une vitrophanie, les devantures des boutiques servent d’affichage à destination des entrepreneurs.

Une commission de sélection, composée des différents partenaires – ville, communauté urbaine et CCI - examine les dossiers, présentés lors d’une rencontre avec chaque porteur de projet. Cette commission statue sur la pertinence des activités proposées, au regard de l’offre commerciale existante. Si elle souhaite donner leur chance aux nouveaux concept stores, elle reste vigilante quant à leur viabilité économique. Une fois sélectionnés, les candidats sont accompagnés par un organisme d’aide à la création d’entreprises : chambre de commerce et d’industrie (CCI) ou chambre des métiers. Ensuite, ils sont soutenus pendant trois ans par la pépinière commerciale et la Boîte à Business (CCI).

Les premiers résultats

Au total, sept porteurs de projet ont été accompagnés depuis la création de la pépinière. Quatre d’entre eux sont encore en activité à ce jour. 

Entre 2018 et 2020, quatre commerces ont ainsi été créés : une boutique de prêt-à-porter féminin grande taille (toujours en activité), un atelier de couture et de confection, un « café-poussettes » pour mamans et jeunes enfants et un salon de thé avec des pâtisseries marocaines. Après une interruption liée à la crise sanitaire, en 2021 et 2022, les appels à projets ont repris. Quatre autres boutiques ont alors été créées.

À ce jour, outre la boutique de prêt-à-porter féminin grande taille, lancée lors du premier appel à projets, trois autres commerces sont toujours ouverts : un salon de thé et de pâtisseries artisanales, un « concept store de créateurs » de textile et lignes de mode et une styliste de prêt-à-porter féminin.

La réussite se concentre dans les quatre rues qui composent l’hypercentre, où le taux de vacance est désormais de 7 %. En revanche, pour le centre-ville plus globalement, des efforts restent à faire, car ce taux atteint 13 % en 2025 (contre 11 % en 2023).

Les autres mesures incitatives

Pour aller plus loin, depuis 2023, une réduction de loyer est accordée pendant trois ans aux porteurs de projets : 60 % de réduction la première année, 40 % la deuxième année et 20 % la troisième année. Le différentiel entre le loyer payé par la pépinière au propriétaire et celui acquitté par le porteur de projet est payé par la ville et la communauté urbaine. Par ailleurs, depuis 2025, deux futurs commerçants sont sélectionnés chaque année – contre un seul auparavant.

Outre cette aide, une taxe a été mise en place pour réduire la vacance commerciale. Instaurée en 2022, elle s’applique sur les commerces vacants depuis plus de deux ans. D’un montant variable, elle incite les bailleurs à louer leur local à un loyer modéré. Cette stratégie a porté ses fruits pour une boutique laissée à l’abandon dans une rue très commerçante. Le local accueille désormais une bijouterie artisanale qui fonctionne, bien qu’elle ne soit pas accompagnée par la pépinière commerciale.

Prochain axe de développement en vue : la communication autour de cette stratégie.

En quelques chiffres

  • 950 commerces (y compris les vacants) pour près de 130 000 habitants.
  • 70 % des commerces sont indépendants et 30 % relèvent d’enseignes nationales.
  • 7 % : taux de vacance dans les rues en emplacements n° 1 et 13 % sur l'ensemble des rues marchandes du centre-ville pour le taux de vacance
  • 50 000 et 80 000 euros / an : produit de la taxe sur les commerces vacants
  • Aide au loyer : 10 800 euros maximum en année 1, 7 200 euros en année 2 et 3 600 euros en année 3 (pour un loyer plafonné à 1 500 euros/an)
  • 4 commerces accompagnés par la pépinière sont toujours en activité

Commune de Limoges

Nombre d'habitants :

129700
1 square Jacques-Chirac
87 000 Limoges

Samuel Mamdy

Manager du centre-ville et responsable de la mission stratégie commerciale

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