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A Figeac, dans le Lot, les bus sont gratuits

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Social

Figeac pouvant désormais percevoir le "versement transport", la ville a décidé de créer un réseau de bus et de le rendre entièrement gratuit pour les usagers. Le succès est complet et madame le maire, Nicole Paulo, défend l'initiative avec beaucoup de conviction. Deux autres villes de France, plus importantes, ont d'ailleurs pris la même décision.

Nicole Paulo est maire de Figeac depuis que son premier adjoint, Martin Malvy, est président de la région Midi-Pyrénées. "Il y a des côtes partout à Figeac et aux alentours, plaide-t-elle, les personnes âgées sont nombreuses et se déplacent difficilement ; le collège est aussi en hauteur et en dehors du centre-ville et nous avons maintenant une université. Si vous ajoutez les chômeurs, les RMIstes et ceux qui, par principe, tentent de monter en fraude, vous vous rendez vite compte que la gratuité pour tous d'un réseau de transport en commun est la solution la plus simple, car les chauffeurs ne perdent pas de temps à encaisser et à rendre la monnaie, nous économisons le salaire du ou des contrôleurs, les collégiens ne prennent plus de risque sur leur mobylette, moins de voitures circulent en ville ce qui libère les parkings et réduit la pollution. L'ambiance globale s'en trouve améliorée : le bus remplit son rôle social. Au début, à l'automne 2003, c'était même cocasse : des personnes âgées, s'ennuyant un peu,  faisaient le tour de toutes les lignes toute la journée, pour le plaisir ! C'était formidable. Nous n'avons vraiment rien à regretter. C'est le "versement transport" qui fournit les 320.000 euros de coût de fonctionnement du réseau."

Ce n'est pas une aberration socio-économique

La loi SRU du 31 décembre 2000 a en effet ouvert la possibilité aux villes de plus de 10.000 habitants (contre 20.000 auparavant) de bénéficier du "versement transport", payé par les employeurs de plus de neuf salariés, y compris par la mairie, au taux de 0,43% de la masse salariale. Les investissements (matériel roulant, aménagement des arrêts, poteaux d'arrêts...) effectuées par la ville, pour un montant d'environ 600.000 euros, ont bénéficié de subventions de l'Union européenne et de l'Etat.
Le groupe Kéolis a accompagné la ville pour concevoir le réseau et c'est un transporteur local, les Cars Delbos, qui l'exploite. Le service est assuré par 3 minibus de 28 places, sur un réseau de 10 lignes régulières en pétales. Les bus passent toutes les 15 minutes en moyenne, à horaires réguliers, sur la boucle centrale du réseau (le coeur de la marguerite) et desservent une centaine d'arrêts. Là où les bus ne passent pas, c'est un service à la demande qui fonctionne.
Dès la première année, entre septembre 2003 et fin août 2004, 200.000 voyageurs ont emprunté le réseau, soit l'objectif que la ville s'était fixé à 3 ans ! Le deuxième exercice d'exploitation a vu la fréquentation augmenter de 1,7%. Et le troisième exercice, en cours, confirme la tendance. Nicole Paulo se demande même si le principe ne pourrait pas s'amplifier.
Il existe à Figeac une association d'insertion qui prête des véhicules à des demandeurs d'emplois, et plusieurs mairies de même importance s'interrogent sur l'intérêt qu'ils auraient à développer un nouveau service public de proximité de ce genre.
Cette expérience de Figeac, qui compte 10.500 habitants au centre d'un bassin de 50.000, montre que, contrairement aux idées reçues, les besoins en transport en commun existent bien, dans des proportions différentes, dans les petites villes au centre de zones rurales.
Si la gratuité n'est pas une aberration socio-économique ici, pourquoi le serait-elle ailleurs ?

La gratuité réduit les coûts

Du reste, Figeac n'est pas la seule commune à avoir sauté le pas. Châteauroux, 70.000 habitants, dans l'Indre, a été la première ville, en 2001, à instaurer la gratuité des transports en commun. Gap, préfecture des Hautes-Alpes, 40.000 habitants sur une surface égale à celle de Paris, est passé à la gratuité en novembre 2005. Toutes deux s'en félicitent : le vandalisme dans les bus a diminué, ils sont plus souvent pleins ; et cela aussi réduit les coûts...

 

Jean-Luc Varin, pour la rubrique "Expériences" des sites Mairie-conseils et Localtis

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