"Filets solidaires" : Angers développe un nouveau dispositif d'aide alimentaire avec les associations (49)

Publié le
dans

Santé, médico-social, vieillissement

Social

Maine-et-Loire

La ville d’Angers construit avec les associations caritatives une politique coordonnée d’aide alimentaire. Une démarche qui passe par la mutualisation des compétences et des moyens, et de nouveaux partenariats avec le secteur privé et public (entreprises d’insertion, grossistes, producteurs, fondations). Une dynamique est enclenchée, pour développer des offres plurielles et complémentaires.

Depuis 2009, le conseil municipal d’Angers a fait le constat que les besoins d’aide alimentaire ne faisaient que croître. Les aides ponctuelles ne suffisent plus, le besoin devient structurel.
Du côté des associations caritatives, les modes de fonctionnement sont très divers. En outre, les 600 bénévoles qui sont très occupés par des tâches logistiques fastidieuses, et peinent parfois à "recruter" des plus jeunes pour prendre la relève. Enfin, le retrait progressif du programme européen d’aide aux plus démunis (Pead) tarit une source importante d’approvisionnement. Tandis que les exigences grandissantes des règlements sanitaires et des normes rendent la tâche des bénévoles de plus en plus difficile

Face à cette complexité et au sentiment d'inquiétude accrus des associations, la municipalité a décidé de relever le défi. Avec des résultats concrets. C’est ainsi que "Les Filets solidaires" ont été lancés en 2011 par le CCAS d’Angers et le Jardin de Cocagne angevin, à destination des habitants ayant des revenus modestes. Tour d’horizon sur cette démarche qui vise à ajuster l’offre d’aide alimentaire au plus près des évolutions de la demande

Diagnostic partagé et mise en réseau d’une trentaine de partenaires

Après avoir mis en place un diagnostic des besoins, réactualisé en permanence avec les associations, le CCAS a animé la réflexion avec ses partenaires du champ de l’aide alimentaire. Des orientations à cinq ans ont été définies et déclinées dans un plan annuel d’actions.
Une trentaine de partenaires, associations caritatives, chantier d’insertion et institutions ont ainsi créé, avec le CCAS, un véritable réseau de travail en commun, ayant comme axes principaux, la mutualisation des moyens et des savoir-faire et le développement de projets innovants pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

Filets solidaires : une aide alimentaire mise en œuvre par le Jardin de Cocagne angevin

La première action mise en place a été les "Filets solidaires", qui vise à faciliter pour les habitants les plus modestes l’achat de produits frais variés toute l’année à prix réduit. Des fruits et légumes provenant essentiellement de surplus, sont triés et valorisés par des salariés du chantier d’insertion du Jardin de Cocagne angevin et conditionnés en filets de 5 kg.
Les surplus proviennent du marché d’intérêt national et de différents producteurs, et sont complétés par des produits achetés par la municipalité pour diversifier le contenu du filet. Ils sont destinés à tout Angevin titulaire de la carte Partenaires (quotient social inférieur à 706 euros) et vendus de 2,6 euros à 6,1 euros, en fonction de leurs ressources. La ville d’Angers prenant en charge une partie du coût du filet via son CCAS.

10 quartiers, 700 personnes, 120 bénévoles et des animations sur l’alimentation

Aujourd’hui les Filets solidaires sont implantés sur 10 quartiers de la ville. Cette action se développe en lien avec les acteurs associatifs des quartiers pour répondre aux besoins de plus de 700 personnes chaque semaine. Cette aide est accessible à de nouveaux publics ayant des revenus proches du Smic. En proposant ces filets dans des lieux neutres comme une maison de quartier, un centre social... la stigmatisation des familles les plus pauvres est évitée.
Sur tous les sites, des équipes de bénévoles (120 sur l’ensemble des sites) et de jeunes salariés se mobilisent pour accueillir, échanger et distribuer les filets solidaires. En plus de limiter le gaspillage de fruits et légumes, les associations locales utilisent ce dispositif pour développer des animations éducatives : cuisines, dégustation, échanges de recettes... animés avec les bénévoles.

Vers une mutation de la politique d’aide alimentaire

En 2013, la ville d’Angers a mobilisé un budget de près de 330.000 euros. Ce budget couvre toutes les actions permettant une aide alimentaire en nature (produits d’épicerie, fruits et légumes, plateaux repas), ainsi que les postes de salariés, les subventions aux associations, la participation municipale sur chaque filet solidaire vendu.
En 2014, ce sont 8.000 ménages angevins qui se déplacent chaque mois pour bénéficier d’une aide alimentaire : repas chauds dans les restaurants sociaux, produits d’épicerie dans les points de distribution, filets de fruits et légumes.
La dynamique se poursuit. "Les perspectives d’actions s’inscrivent dans la continuité de cette mutation de la politique d’aide alimentaire, souligne l'élue adjointe aux solidarités de la ville d’Angers, Françoise Le Goff. Nous avons maintenant une plateforme commune de stockage des denrées facilitant le travail des associations : Resto du Coeur, Banque alimentaire et Secours populaire. Et en étant accompagné par la Fnars, nous avons créé un nouveau dispositif Restosbus qui sert des repas chauds aux sans-abri le soir. D’autres projets sont en cours. (voir encadré)

Aller plus loin avec les associations caritatives
Le travail engagé doit être prolongé en associant l’ensemble des associations caritatives.
Au programme : le projet d’un espace de coopération, dit la maison de l’alimentation solidaire et sociale, en partenariat avec la direction départementale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt (Draaf) ; l’élaboration d’un cadre de référence de l’aide alimentaire propre à Angers ; l’information auprès des bénévoles sur les droits des primo-arrivants ; le soutien aux associations, par exemple pour la rédaction de leur projet d’aide alimentaire, l’adaptation de leurs distributions actuelles… ; le développement de nouveaux outils d’aide aux associations, tel que le répertoire de l’aide alimentaire sur le territoire (voir document joint) …

Jean-Luc Varin / Agence Traverse pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Commune d'Angers

Nombre d'habitants :

151520

Boulevard de la Résistance et de la Déportation, BP 80011
49020 Angers cedex02

Françoise Le Goff

Vice-présidente du CCAS et Adjointe aux Solidarités

Centre communal d'action sociale d'Angers

Boulevard de la Résistance et de la Déportation, BP 80011
49020 Angers Cedex 02

Annie Denieulle

Chargée de mission Participation des usagers et Aide alimentaire
Haut de page