France Clusters identifie 120 solutions sur le "bien vieillir" issues de 40 clusters non spécialisés

Durant la crise covid-19, de nouveaux besoins pour les seniors ont émergé. Dans une cartographie qui sera officiellement dévoilée le 25 juin 2021, France Clusters identifie 120 solutions dans ce domaine, issues d'une quarantaine de clusters non spécialisés dans la silver économie. Objectif : prendre le contrepieds de ce qui s'est fait jusqu'ici et considérer le bien vieillir comme un marché et non plus seulement comme une filière.  Les collectivités sont souvent aux avant-postes, en particulier les intercommunalités appelées à monter en puissance sur le développement économique et la relance.

La crise du Covid-19 a renforcé l'attention portée aux personnes âgées, particulièrement exposées. Aujourd'hui, 16 millions de Français ont plus de 60 ans, ils seront 24,3 millions en 2050. Fort de ces constats, France Clusters, qui fédère plus de 80.000 entreprises organisées en 300 clusters d'entreprises, pôles de compétitivité et territoires d'industrie, s'est penchée sur les clusters qui travaillent d'une façon ou d'une autre sur le "bien vieillir". Il en résulte la "première cartographie" répertoriant les solutions - 120 au total pour le moment - destinées aux seniors. Dévoilée officiellement le 25 juin, et présentée en exclusivité par Localtis, la cartographie "recense une quarantaine de clusters tous secteurs d'activité confondus qui s'intéressent au marché du bien vieillir", explique ainsi Xavier Roy, directeur général de France Clusters, sachant que "la crise sanitaire a fait émerger de nouveaux besoins pour ce public qui ne trouve pas forcément de réponses auprès des professionnels de la silver économie". "L'idée, c'est de ne plus considérer le bien vieillir comme une filière (à travers France Silver Eco, ndlr) mais comme un marché dans lequel un certain nombre d'acteurs ont des solutions à apporter", souligne-t-il.

Les clusters répertoriés appartiennent ainsi au secteur de l'agroalimentaire, de la mobilité, de l'habitat, de la santé… Exemple avec le cluster Mobilité active et durable, en Rhône-Alpes, au sein duquel l'entreprise FC25 travaille sur des stabilisateurs de vélos discrets assurant l'équilibre des plus âgés. De son côté, le bureau d'études BLUEGRioT au sein du cluster CITC implanté dans les Hauts-de-France, a inventé "Compagnon 2.0" la "canne du futur" avec un bouton de détresse intégré qui envoie une géolocalisation à une personne référente...

Mobiliser les clusters sur des thématiques multisectorielles

"Pour nous, il s'agit de participer à une meilleure maturation dans l'offre de solutions pour les acteurs du bien vieillir, nous nous adressons particulièrement à ceux qui ne sont pas des professionnels du sujet", détaille Xavier Roy, qui assure que ce thème sert de marché test. "Nous avons identifié d'autres thématiques multisectorielles pour mobiliser les clusters et les inciter à proposer des solutions ensemble", précise-t-il, en allusion notamment au numérique et à l'e-éducation pour les jeunes. 

Les collectivités sont très actives dans ce domaine. Elles portent parfois elles-mêmes ce type de démarche, comme le département de l'Essonne avec "Essonne développement", un cluster qui propose des solutions dans le bien vieillir, répertoriées dans la cartographie. Elles jouent aussi le rôle d'organisateur, aidant les filières à se structurer. Le département de l'Isère a ainsi engagé avec l'Alliance Université Entreprise Grenoble (AUEG), l'université Inter-Ages du Dauphiné (UIAD) et le Technopole Alpes Santé à Domicile et Autonomie (TASDA) une grande enquête à l'été 2020 pour déterminer les enjeux du bien vieillir sur le territoire grenoblois. Les collectivités fédèrent aussi les acteurs, comme le Grand Chambéry qui a défini une véritable stratégie autour du bien vieillir dans le cadre de son projet d'agglomération et qui fait travailler ensemble les différents acteurs concernés sur le sujet. "L'agglomération a aussi compris que la montagne, jusqu'à maintenant très orientée vers les sports d'été et d'hiver, va devoir repenser son modèle au vu des conditions climatiques, explique Xavier Roy, elle recherche les activités à proposer et les autres populations, dont les seniors, à cibler". Dans le cluster Montagne, l'entreprise Swincar a inventé un véhicule électrique tout terrain permettant aux personnes à mobilité réduite de se déplacer en montagne.

"Cela booste énormément mais pas comme hier"

Le plan de relance, avec ses déclinaisons territoriales sous forme de contrats de relance et de transition écologique (CRTE) portés par des EPCI ou PETR, donne une opportunité pour accélérer les développements autour de ces solutions du bien vieillir notamment. "Cela booste énormément mais pas comme hier. On est sorti d'une vingtaine d'années de politiques publiques très ciblées sur le développement des clusters et des pôles de compétitivité, détaille Xavier Roy, aujourd'hui les politiques publiques sont très orientées sur des enjeux de relance, de réindustrialisation, de relocalisation et les acteurs qui portent ces enjeux, dont les EPCI, sont prêts à jouer avec n'importe qui et s'adressent aussi aux clusters mais pas seulement." La prime n'est donc plus donnée aux clusters et pôles mais ceux-ci sont très bien placés pour accompagner ces politiques à enjeux. Xavier Roy insiste : "Si certains clusters ont pu être déstabilisés, les projecteurs étant moins braqués sur eux, ils s'aperçoivent qu'ils ont toutes les cartes en main, d'autant que le monde de l'après-covid met la coopération au cœur des enjeux."

 

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