France Tiers-Lieux supprimé : le réseau dénonce un "abandon" des territoires, l'État promet la continuité
Le gouvernement a mis fin au groupement d'intérêt public (GIP) France Tiers-Lieux, créé en 2022 pour coordonner la politique nationale de soutien aux tiers-lieux. Le GIP animait notamment les programmes Fabriques de territoire, Manufactures de proximité, le dispositif de formation DEFFINOV, ainsi que l'Observatoire national des tiers-lieux. Officiellement dissoute le 29 juin 2026, la structure, prolongée d'un an après une première période de trois ans, laisse place à une forte polémique entre l'État et les représentants du secteur.
Dans un communiqué du 6 juillet, l'Association nationale des tiers-lieux (ANTL), membre du GIP depuis sa création, dénonce une décision prise "sans communication officielle" et qui acte, selon elle, "l'abandon silencieux" d'une politique publique engagée depuis 2019.
Elle affirme que les crédits d'intervention de l'État ont été réduits de 90% en deux ans, rappelant qu'un reliquat de 1,2 million d'euros inscrit au budget 2026 n'a toujours pas été affecté. Elle estime que disparaissent avec le GIP l'ingénierie nationale, la gouvernance interministérielle et les dispositifs d'accompagnement des collectivités.
Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Aménagement du territoire réfute tout désengagement. Il assure que "l'animation nationale et régionale des tiers-lieux demeurera accompagnée par l'État", via l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), qui restera en lien avec les réseaux régionaux et l'ANTL. Le gouvernement rappelle également que les tiers-lieux ont bénéficié de financements importants dans le cadre du plan de relance et qu'ils pourront continuer à mobiliser les dispositifs de droit commun ainsi que les aides des collectivités.
Pour l'ANTL, cette disparition fragilise toutefois un réseau de plus de 4.000 tiers-lieux, dont 62% sont implantés hors des métropoles et un tiers en zone rurale, alors qu'ils interviennent dans les domaines de l'insertion, de la culture, de la formation, de la santé, du réemploi, de l'économie circulaire. Cette décision intervient dans un contexte plus large de réorganisation des opérateurs publics, après l'annonce en juin 2026 de la disparition du groupement d'intérêt public, l’Europe des projets architecturaux et urbains (GIP Epau), piloté par trois ministères – de la Transition écologique, du Logement et de la Culture – d'ici décembre 2026.