Frédéric Leturque : "En matière d'éducation, les initiatives locales sont fortement attendues"

La première réunion de l’instance de dialogue entre le ministère de l’Éducation nationale et les collectivités territoriales s'est tenue ce jeudi 22 septembre. Autour du ministre Pap Ndiaye étaient réunis des représentants de Régions de France, de l'Assemblée des départements de France et de l'Association des maires de France, mais aussi de France urbaine, Villes de France, Association des petites villes de France et Association des maires ruraux de France. Frédéric Leturque, coprésident de la commission de l'éducation de l'AMF, revient pour Localtis sur cette première.

Localtis - Comment s'est passée l'installation de l’instance de dialogue entre le ministère de l’Éducation nationale et les collectivités territoriales ?

Frédéric Leturque - Il s'agissait d'un premier échange entre le ministre et l'ensemble des associations représentant les collectivités, avec un objectif posé par Pap Ndiaye : engager une vraie concertation, de vrais échanges autour de l'école et ne pas reproduire ce qui avait été fait lors de séquences précédentes où nous étions plutôt dans des injonctions, des recommandations ou des obligations venant d'en haut et allant vers le bas. Il était également question de donner de la visibilité à un calendrier de travail et de fluidifier les liens et les échanges.

Quels grands sujets étaient sur la table pour l'occasion ?

Des sujets ont été avancés : l'égalité des chances, le bien-être des enfants à l'école, la transition écologique et le bâti scolaire, le projet républicain, et on pourrait presque dire la promesse républicaine de l'école, l'inclusion scolaire et le numérique. Deux chantiers ont été définis comme prioritaires : la transition écologique et le bâti scolaire, d'une part, l'inclusion scolaire, d'autre part. Même si ce sont des sujets anciens, notamment en ce qui concerne l'inclusion, on voit bien qu'à l'occasion de la rentrée de septembre, cela n'a pas été simple pour certains recrutements. Nous avons eu des difficultés à travailler sur l'accompagnement d'enfants porteurs de handicap sur le temps scolaire mais aussi sur le temps périscolaire et extrascolaire. L'idée est d'avoir un regard global qui embrasse tous les temps de l'enfant.

A-t-il été question du fonds de 500 millions d'euros consacré à l'innovation pédagogique annoncé récemment par le président de la République et qui vise à monter des projets pédagogiques adaptés à la réalité de chaque établissement (lire notre article du 29 août) ?

Nous l'avons évoqué, mais cela reste du ressort de l'Éducation nationale et des enseignants et sera débattu dans les écoles. L'idée lancée par le président de la République, et à laquelle les collectivités peuvent bien évidemment s'associer, est que l'école prenne l'initiative d'une concertation ou d'une réflexion pour analyser la façon dont elle réussit dans son quartier, sa commune, la façon dont elle pourrait mieux réussir sur la base d'un projet qui corresponde mieux au contexte social et à l'environnement de l'école, que l'on soit en quelque sorte sur une mise en concorde des efforts de chacun.

Avez-vous pu présenter vos positions en matière d'éducation, et si oui, lesquelles ?

Oui, c'était une réunion d'ouverture et nous sommes ouverts au travail. L'AMF a ses exigences, ses sujets de préoccupation que j'ai rappelés. Quand on discute avec les maires de France, on s'aperçoit que la réussite des enfants constitue l'ADN de la plupart d'entre eux. Nous sommes donc contents de participer à ce rendez-vous qui se veut positif et productif. Dans mon intervention, j'ai demandé à ce qu'il y ait une vraie évaluation de tout de qui avait pu être mis en place jusqu'à maintenant afin de ne pas remettre en question ce qui fonctionne bien, et au contraire revisiter ou mettre à la poubelle ce qui n'a pas marché. Quels que soient les projets que l'on pourrait avoir et les initiatives que l'on pourrait prendre, nous avons besoin que l'État conduise des études d'impact sur les conséquences de ses bonnes idées [sic], et ceci afin d'éviter de s'engager sur des choses qui au final ne fonctionnent pas.

Avez-vous pu évoquer d'autres sujets plus globaux qui ont des répercussions sur l'école ?

Oui, nous avons effleuré les sujets d'actualité de nos communes. J'ai insisté sur le fait qu'il ne fallait pas dépouiller les collectivités de leurs moyens financiers si on voulait qu'elles soient au rendez-vous des priorités de la nation. Et j'ai forcément parlé du coût de l'énergie qui explose et des cantines. Il faut que nous puissions faire face à tout cela.

Quel sentiment vous habite à l'issue de ce premier rendez-vous ?

Nous avons senti que les initiatives locales étaient fortement attendues et regardées. Il y aura d'ailleurs toute une série de débats engagés au niveau des écoles à travers le Conseil national de la refondation. Le ministre donne le sentiment de vouloir être beaucoup plus à l'écoute des collectivités locales que cela a pu être le cas de ses prédécesseurs.

Quelle va être la suite ?

Le prochain rendez-vous est fixé à la deuxième quinzaine de novembre ou la première quinzaine de décembre. À mon sens, nous serons sur le rythme d'un rendez-vous par trimestre. L'idée est d'avoir une régularité dans les sujets à l'ordre du jour que nous définirons ensemble, ainsi qu'une constance des parties prenantes, car si l'on veut progresser, cela nécessite une certaine régularité dans la qualité des participants.

 

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