Grand Âge : accompagner le maintien à domicile et le parcours résidentiel des séniors sur tous les territoires

La France est confrontée à une réalité démographique inédite : en 2023, les plus de 60 ans représentaient 27 % de la population, une proportion qui pourrait atteindre jusqu’à 36 % en 2070. Dans ce contexte de forte transition démographique, l’accompagnement du Grand Âge est un défi majeur afin de permettre au plus grand nombre de vieillir dans de bonnes conditions, dans un lieu de vie adapté. La première étape du parcours résidentiel consiste à favoriser le maintien à domicile des personnes âgées disposant d’un degré d’autonomie suffisant.

Contexte et enjeux

Le maintien à domicile est un véritable enjeu pour les territoires. Plus qu’un simple choix individuel, “rester chez soi” relève d’un véritable choix de société qui doit être accompagné : un parcours résidentiel à repenser, à structurer et à sécuriser dans la durée.

Réussir ce virage suppose une double approche : à la fois globale, pour répondre aux défis de tous les territoires avec une égalité d’accès à tous les services, mais aussi individuelle, afin de prendre en compte les aspirations et besoins de chacun, qu’ils soient d’ordre physique (autonomie, sécurité, …) ou social (lutte contre l’isolement, lien social). 

Ainsi, renforcer les services à domicile, adapter les logements et développer de nouvelles formes d’habitat (habitat partagé, inclusif, intergénérationnel, …) sont autant de leviers pour permettre aux seniors de vivre dans les meilleures conditions possibles. 

Chiffres clés :

  • En 2021, parmi les 18 millions de Français de plus de 60 ans, plus de 2 millions sont en perte d’autonomie, dont 1/3 en perte d’autonomie sévère.

  • La part des +60 ans passerait de 28 % de la population en 2023 à 33 % en 2045, puis 36 % en 2070 (soit 23,8 millions de personnes de 60 ans ou plus)

  • En 2020, 96 % des +60ans vivent en logement ordinaire, c’est-à-dire chez eux ou chez leurs proches.

Favoriser le maintien à domicile grâce à de nouveaux services adaptés

 

Lorsque l’on parle de bien vieillir, rester autonome et préserver sa santé figurent parmi les attentes principales des seniors. Ces priorités s’expliquent notamment par l’envie forte de conserver ses repères, son intimité et plus largement, un sentiment de liberté. Pour répondre à cette volonté partagée par une grande majorité, adapter le logement devient donc un enjeu central du parcours résidentiel des séniors.

Pourtant, ce choix se heurte à une réalité : seuls 6 % des logements seraient adaptés aux fragilités liées à l’âge. À la Banque des Territoires, nous soutenons le développement de services adaptés qui favorisent le maintien à domicile des personnes âgées, avec l’idée d’améliorer leur qualité de vie et la continuité de leur accompagnement

Merci Julie : l’ergothérapie comme pilier du maintien à domicile

Afin de rendre le domicile compatible avec l’avancée en âge, Merci Julie déploie une offre reposant principalement sur l’ergothérapie. Portée par Senioralis, structure de l’économie sociale et solidaire, Merci Julie intervient tout au long du processus : diagnostic de l’habitat, de l’autonomie et des habitudes de vie, recommandations, sélection d’aides et d’outils adaptés, puis accompagnement dans la mise en œuvre. 

Au-delà de l’intervention sur le terrain, Merci Julie cherche à amplifier son impact grâce à la recherche et la formation des professionnels de santé et des aidants. Par cette approche pluridisciplinaire et experte, elle se positionne comme un tiers de confiance, contribuant à démocratiser l’accès à l’ergothérapie et à renforcer sa place dans le parcours d’autonomie.

Chiffres clés

  • 30 “ergothèques” (sélections d’outils ergonomiques et d’aides techniques diversifiés)

  • 24 599 interventions à domicile depuis 2016

  • 5 316 professionnels formés depuis 2016

L’action de Merci Julie permet ainsi de mieux prévenir les risques, d’améliorer et de sécuriser l’environnement de vie pour préserver l’autonomie. En phase avec nos enjeux en faveur du bien-vieillir, nous intervenons dans ce projet à hauteur de 1M€ en fonds propres.

 

Pour autant, dans certaines situations, le logement individuel et les services à domicile ne suffisent plus au bien-être de la personne, qui peut ressentir le besoin d’une présence plus régulière. Pour lutter contre ce sentiment d’isolement, les solutions d’habitat innovantes permettent de rester “chez soi” tout en maintenant du lien social.

Développer des modes d’habitats partagés pour préserver le lien social des personnes âgées

Rester chez soi autrement : c’est l’enjeu de nombreux formats d’habitat qui émergent : On estime à près de 2 300 le nombre d’habitats inclusifs sur tout le territoire en 2025, et l’objectif est d’en développer davantage.

Définition

L'habitat inclusif est un logement ordinaire, adapté, qui dispose d’équipements partagés (cuisine, salle à manger, ...) qui favorise à la fois la vie individuelle de chaque habitant et le maintien d’activités communes et de lien social. 

La Maison de Blandine : un habitat partagé qui préserve l’autonomie, mais jamais seul

Le modèle de Maison de Blandine combine des logements privatifs, adaptés pour une vie en autonomie, et des espaces communs (salons, jardins, potagers…) qui favorisent la convivialité. 

Ancrée au plus près de la vie locale, avec 20 à 30 logements privatifs, chaque Maison permet de rester dans l’intimité de son « chez soi » tout en luttant contre l’isolement. Le quotidien est animé par une équipe de professionnels et enrichi d’une dynamique intergénérationnelle grâce à l’intégration de coliving étudiant.

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A leurs côtés depuis le début, nous soutenons leur développement, afin d’accélérer l’émergence de ces modèles d’habitats plus inclusifs, toujours en phase avec les enjeux du bien-vieillir. Notre accompagnement vise à étendre leur réseau sur l’ensemble du territoire national, avec un objectif de 100 implantations d’ici 2030.

Allier lien social des seniors et préservation de l’environnement : le projet Re-sources

La lutte contre l’isolement des séniors peut aussi amener à penser l’inclusion à l’échelle d’un écosystème de quartier, et plus seulement d’un habitat. Pour combiner maintien à domicile, vie de quartier intergénérationnelle et engagement environnemental, l’association Maisons Re-Sources a développé une initiative qui permet de défendre un projet de lien social ambitieux en faveur des séniors : Re-Sources est un écoquartier conçu comme une alternative aux lotissements pavillonnaires, reposant sur un modèle plus écologique et plus solidaire.

Imaginé pour être “plein de vie”, cet écosystème intègre des logements adaptés pour les aînés, favorisant les échanges et l’entraide avec les autres habitants, ainsi que l’accès à des services du quotidien. Plus largement, des espaces partagés et l’organisation d’activités collectives favorisent les rencontres et les liens de confiance. Chacun peut alors contribuer, à son échelle, à la vie du quartier.

L’objectif est de créer un véritable vivre-ensemble, où chaque habitant devient une “Re-source” pour son voisin et pour la collectivité.

Au-delà de cette dynamique sociale, le quartier est également engagé dans une démarche environnementale : les bâtiments respectent les exigences de la RE2020 à horizon 2028.

Chiffres clés

  • 50% de logements sociaux dédiés aux personnes âgées

  • 80% des logements accessibles pour les PMR

  • Une réduction significative de 68% des émissions de GES grâce à l’utilisation de matériaux biosourcés et bioclimatiques 

Cette solution d’urbanisme intergénérationnel, écologique et solidaire s’inscrit dans une volonté de créer un modèle reproductible et adaptable à d’autres communes. Elle est soutenue par le programme France 2030, dont la Banque des Territoires est opératrice, à hauteur de 3,8 millions d’euros. 

 

Conclusion 

Qu’il s’agisse d’adaptation du logement, de développement de services à domicile ou de déploiement d’habitats (voire d’écosystèmes) inclusifs, l’ambition reste la même : permettre à nos aînés de bien-vieillir selon leur niveau d’autonomie, tout en bénéficiant de liens sociaux de qualité et d’un accompagnement adapté si nécessaire. Plus que jamais, la Banque des Territoires se mobilise aux côtés de tous les acteurs engagés dans les initiatives en faveur du Grand Âge. 

Pour aller plus loin