Tourisme - Hôtellerie de plein air : feu vert sur la saison 2013, mais 2014 est à l'orange

La Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air (FNHPA) a tenu, le 8 avril, son traditionnel point presse sur le bilan de la saison écoulée et les perspectives de la saison en cours. En 2011-2012, l'hôtellerie de plein air avait connu un passage à vide, après avoir fait la course en tête des différents modes d'hébergement durant plusieurs années (voir nos articles ci-contre du 19 septembre 2012 et du 12 juillet 2013). L'épisode semble aujourd'hui oublié et la profession retrouve le sourire.

Un record avec 108,6 millions de nuitées

Ainsi, le nombre de nuitées a atteint, l'an dernier, le chiffre record de 108,6 millions, soit trois millions de nuitées supplémentaires et une hausse de l'activité de 2,66% par rapport à 2012. La durée moyenne de séjour s'est légèrement accrue, passant de 5,3 à 5,41 jours. Elle est de 4,48 jours pour les emplacements nus et de 7,13 jours pour les emplacements locatifs (mobil-homes, cabanes, yourtes...). Le chiffre d'affaires estimé pour 2013 s'élève à 2,2 milliards d'euros - en hausse de 120% par rapport à celui de 2000 -, tandis que le nombre d'emplois atteint plus de 36.000 salariés.
En termes de tarifs, le secteur a sagement joué la stabilité. Les tarifs moyens pour un emplacement nu pour 2 personnes en haute saison allaient ainsi de 111 euros par semaine (une étoile) à 293 euros (cinq étoiles), avec un prix moyen toutes catégories de 143 euros (soit 20,46 euros la nuit). Pour un hébergement locatif destiné à une famille de 5-6 personnes en haute saison, les tarifs allaient de 477 euros (une étoile) à 1.140 euros (cinq étoiles).

Le retour du campeur allemand

Au-delà du coût, plusieurs éléments expliquent ces bons résultats des campings. Ainsi, l’année 2013 a vu la poursuite de l'amélioration qualitative, avec des emplacements plus grands et moins nombreux (8.381 campings en 2014 contre 8.557 en 2012 et 916.065 emplacements en 2014 contre 932.410 en 2012). L'effort d'investissement - 395 millions d'euros l'an dernier - a également continué de porter ses fruits.
Mais la véritable raison de ce succès tient avant tout au retour des touristes étrangers. Ceux-ci ont atteint l'an dernier le nombre - également record - de 37 millions de nuitées, soit plus du tiers du total. La hausse est ainsi de 16% pour les réservations de campeurs allemands (7 millions de nuitées) et de 5% pour les Anglais (6,7 millions de nuitées). Cette clientèle est d'autant plus intéressante en termes de chiffre d'affaires qu'environ 50% des touristes allemands et anglais réservent dans des campings cinq étoiles. Seul bémol : la clientèle hollandaise - la première pour les campings français avec 14 millions de nuitées - enregistre une baisse allant jusqu'à 10% en termes de réservations.
La fréquentation de la clientèle française a également progressé en 2013, mais de façon plus modeste : +2,2% en réservations et en chiffre d'affaires.

Nuages sur 2014

Si la saison 2013 est à classer au rang des bonnes années, le secteur s'inquiète pour 2014. Plusieurs sujets préoccupent en effet les professionnels. Tout d'abord les Français pourraient être moins nombreux à partir en vacances cette année, notamment en hébergement payant (voir notre article ci-contre du 14 mars 2014). A ce jour, parmi les personnes prévoyant de partir en vacances ou sur des courts séjours, seules 11% envisagent des vacances en camping, contre 13% en 2013.
Ensuite, les campings ont fragilisé leurs marges faute de pouvoir répercuter les hausses successives de TVA. Ceci les conduit à réduire leurs investissements. Selon une enquête menée par la FNHPA, 52% des exploitants de campings indiquent qu’ils comptent réduire leurs investissements pour les gros travaux (piscines, bâtiments) alors que 46% d’entre eux vont baisser leurs investissements dans le parc locatif. A titre d'exemple, les achats de mobile-homes ont reculé de 30% en 2013 et la baisse pourrait se poursuivre cette année à hauteur de 10 à 15%.
Enfin, la FNHPA constate que "les conditions climatiques difficiles des mois de janvier et de février ont notamment entraîné une relative frilosité des réservations pour la saison 2014. La météo plus favorable du mois de mars a entraîné des niveaux de réservations plus positifs, bien que les prévisions pour le mois de juillet restent assez ternes". Il reste toutefois à connaître la météo du printemps et de l'été pour savoir réellement à quoi s'en tenir.

 

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