Tourisme/Social - Le taux de départ en hébergement payant au plus bas depuis quinze ans

Le cabinet Protourisme publie une étude sur les départs en vacances des Français. Contrairement aux enquêtes de même type portant sur les intentions de départ - qui affichent souvent des résultats pessimistes, ensuite démentis par les faits -, l'étude de Protourisme porte sur les départs en vacances constatés en 2013.

La crise est bien là !

Au vu des résultats, même les plus optimistes devront convenir que la crise économique est bien là et que ses effets se font sentir sur l'activité touristique. En effet, le nombre de Français - adultes et enfants - ayant séjourné au moins une nuit pour leurs loisirs dans un hébergement payant a reculé de 2,5 millions en 2013, pour s'établir à 29,5 millions. Le taux de départ en vacances - au sens ci-dessus - est donc de 41%, en baisse de quatre points par rapport à 2012. Il s'agit en l'occurrence du taux le plus bas de ces quinze dernières années.
Selon le cabinet Protourisme, 3,5 millions de Français ont renoncé, depuis 2010, à partir en hébergement payant (hôtels, résidences, locations, campings...). Et un tiers des Français ne sont pas partis en hébergement payant ni en 2012, ni en 2013. De même, plus d'un million de Français ont renoncé à prendre, durant l'année dernière, les vacances en hébergement payant qu'ils envisageaient pourtant encore en janvier 2013.
Certes, le renoncement à des vacances en hébergement payant ne signifie pas nécessairement le renoncement à des vacances. Le taux de départ global se situe en effet autour de 54% si l'on prend en compte les hébergements non payants. Il reste néanmoins que le net recul des départs en hébergement payant reflète l'ampleur de la crise.

Secteur public versus secteur privé ?

Selon Didier Arino, directeur de Protourisme, "la crise a touché les Français plus tardivement que certaines autres clientèles européennes, mais aujourd'hui, on la sent". Si les catégories modestes sont les plus affectées (seulement 23% de départs en hébergement payant pour les foyers gagnant moins de 1.500 euros), la crise n'épargne pas non plus des Français plus aisés, même si c'est dans des proportions moindre : les foyers gagnant entre 2.500 et 3.500 euros par mois voient ainsi leur taux de départ en hébergement payant reculer d'un point, à 56%. La baisse est de deux points - à 75% tout de même - parmi les ménages gagnant plus de 3.500 euros.
Pour Didier Arino, la peur du chômage influe très fortement sur les comportements. Elle expliquerait notamment que le taux de départ en hébergement payant soit de 41% chez les salariés du secteur privé, alors qu'il est de 58% chez les employés de la fonction publique.
En termes économiques, l'impact de ce recul du taux de départ en hébergement payant est, pour partie, amorti par le retour de la clientèle étrangère. Un phénomène à l'œuvre notamment à Paris, où les arrivées hôtelières de touristes français sont tombées l'an dernier de 18,2 à 16,2 millions - soit une baisse de 11% -, tandis que celles de touristes étrangers progressaient au contraire de 14,3 à 15,5 millions, soit une hausse de 8,2% (voir notre article ci-contre du 11 mars 2014).

 

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