Insertion par le sport : le plan de création de 100.000 emplois enfin sur les rails

Annoncé dès 2022, le plan d'insertion par le sport visant la création de 100.000 emplois est désormais sur pied. Si le concours des entreprises est attendu, celui des territoires et des élus l'est également.

Plus de trois ans, c'est le temps qu'il a fallu pour mettre en route un plan ambitieux visant la création de 100.000 emplois grâce à l'insertion par le sport. Le 7 novembre 2022, une feuille de route de l'insertion par le sport était dévoilée par les ministres des Sports, du Travail et de la Formation professionnelle (lire notre article du 7 novembre 2022). Quelques mois plus tard un "Grenelle de l'emploi et des métiers du sport" confirmait cette ambition et lui fixait un horizon : la fin de l'actuel quinquennat, soit le printemps 2027. Puis, les Jeux olympiques de 2024 sont passés par là, accaparant l'attention des politiques du sport. Mais l'idée n'était pas enterrée. Elle a même ressurgi avec force il y a quelques semaines sous la forme d'un plan.

Baptisé "Plan Jeune par le sport" et lancé par une mission interministérielle sur l'inclusion par le sport créée dans le courant de l'année 2025, ce plan vise toujours à aider 100.000 jeunes sans emploi ni formation à décrocher un emploi par le biais du sport. Mais son échéance a été repoussée : l'ambitieux objectif doit désormais être atteint d'ici à 2030.

Aller vers les "jeunes invisibles"

Pour atteindre son but, le plan s'appuie sur trois leviers. Tout d'abord, aller vers les "jeunes invisibles", en s'appuyant sur les clubs sportifs, les missions locales, les associations, les quartiers, les zones rurales et les acteurs sociaux pour repérer les jeunes qui échappent aux dispositifs classiques. Ensuite, en mobilisant les "forces éducatives, sportives et économiques", autrement dit, en articulant emploi, formation, sport, santé et cohésion sociale, pour proposer des parcours "fluides, lisibles et sécurisés". Enfin, en garantissant des "débouchés professionnels réels" par la création de passerelles directes avec les entreprises et la construction d'un modèle économique partagé permettant des recrutements durables.

Pour réussir son pari, Jean-Philippe Acensi, responsable de la mission interministérielle mais également pionnier de l'insertion par le sport à travers l'Agence pour l'éducation par le sport (Appels) qu'il a créée en 1997, compte faire évoluer les pratiques de recrutement des entreprises en reconnaissant les compétences comportementales révélées par le sport et en mobilisant les entreprises avec le lancement d'un outil de type fonds de dotation. Du côté du mouvement sportif, ce sont 20.000 clubs et 5.000 coachs d'insertion qui seront mobilisés.

En lien avec les maires 

Jean-Philippe Acensi entend également "ancrer l'action dans les territoires, en lien avec les maires, au plus près des clubs, des jeunes et des acteurs locaux". Aux collectivités territoriales, considérées par le plan comme l'"échelon décisif de l'action publique locale", il est demandé de développer des politiques sportives éducatives et sociales, en coordination avec les clubs, les établissements scolaires et les acteurs sociaux. Parallèlement, la construction de vingt "cités du sport et de l'inclusion" et la création du premier club des villes "Jeune par le sport" sont également prévues. 

Quant à la gouvernance, elle sera décentralisée dans chaque département, sous l'impulsion de France Travail et du CNOSF (Comité national olympique et sportif français), en lien avec l'Équipe de France de l'inclusion par le sport, formée de "personnalités publiques impactantes" venues de la politique, du sport et de l'entreprise.

Le lancement du plan Jeune par le sport intervient alors qu'un récent sondage réalisé par l’Ifop pour Harmonie Mutuelle, l’Association française des banques et l’Institut Keolis, nous a appris que 73% des Français estiment que le sport peut contribuer à l’insertion professionnelle, que 92% jugent utiles les dispositifs d’éducateurs ou de coachs d’insertion par le sport et que 71% pensent que les entreprises devraient se rapprocher des clubs sportifs pour recruter des jeunes ayant acquis, à travers le sport, des qualités comme le sens de l’effort, la motivation ou l’esprit d’équipe.

 

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