Investissements étrangers : près de la moitié des projets de 2025 concerne des villes de moins de 20.000 habitants

Avec 1.878 projets recensés pour 47.734 emplois créés ou maintenus, l'année 2025 montre une progression de 11% (2% sans compter les points de vente) du nombre d'investissements étrangers pour la France, selon le bilan publié le 29 janvier 2026 par Business France. Un résultat encourageant dans un contexte international difficile et en période d'instabilité politique. Certaines régions, comme le Grand Est ou les Hauts-de-France, tirent particulièrement leur épingle du jeu. Les projets s'établissent en majorité dans des villes moyennes voire des petites villes.

"Le millésime 2025 confirme l'attractivité de la région Grand Est." Lors d'une conférence de presse organisée le même jour que la publication par Business France du bilan des investissements étrangers pour l'année 2025, le 29 janvier 2026, Franck Leroy, président du Grand Est, s'est félicité de voir sa région placée au troisième rang du podium, derrière "deux géants". Avec près de 200 projets d'investissements étrangers annoncés, représentant 5.000 emplois créés ou maintenus, le Grand Est se positionne ainsi juste après la région Auvergne-Rhône-Alpes et l'Ile-de-France, sur un total de 1.878 projets pour 47.734 emplois comptabilisés par Business France. "Cela nous permet de voir l'avenir avec une certaine sérénité, a expliqué Franck Leroy, même si un certain nombre de secteurs sont en difficulté", comme l'automobile et la sidérurgie.

Les investisseurs découvrent les atouts de la France

"Depuis la dissolution, et vu l'instabilité gouvernementale, on a craint qu'un certain nombre d'annonces soient différées mais on n'a pas observé ce phénomène, a détaillé le président de la région Grand Est, ce choix a été muri, ce n'est pas un coup de cœur momentané, il a été pensé par rapport aux atouts du territoire". Parmi ces atouts : une énergie décarbonée, un accès au très haut débit pour quasiment tout le territoire, plus de 750 kilomètres de frontières…

Business France souligne le même phénomène plus globalement au niveau national, les investisseurs étrangers, malgré l'instabilité politique, découvrant les atouts particuliers de la France, que sont notamment les réseaux internet, ferroviaire et autoroutier, les talents reconnus, une position géographique opportune pour couvrir le marché européen. Le nombre de projets pour la France entière est en augmentation de 11% par rapport à 2024. Business France signale toutefois que la manière de compter n'est plus la même : la progression constatée cette année s'explique en partie par une comptabilisation plus exhaustive à l'échelle communale des ouvertures de commerce (soit 522 au total en 2025). Hors commerce, la progression n'est plus que de 2%.

48% des décisions ciblent une commune de moins de 20.000 habitants

Satisfaction supplémentaire pour le Grand Est : "Ces succès industriels bénéficient à des territoires très différents, et pas seulement aux grandes agglomérations, a souligné Franck Leroy, près de 50% des projets sont installés dans des villes moyennes voire des petites villes". Le rapport de Business France fait aussi ressortir au niveau national cette tendance : les petites communes sont les premières destinataires des projets d'investissement étrangers. En 2025, 48% (894 projets) des décisions d'investissement ciblent une commune de moins de 20.000 habitants. Ces territoires accueillent en premier lieu des projets de production et des points de vente. Ainsi, les entreprises industrielles représentent 59% des projets et 64% des emplois industriels de cette strate de communes. Les villes entre 20.000 et 100.000 habitants accueillent quant à elles 23% des projets et 19% des emplois, et celles de plus de 500.000 18% des projets et 12% des emplois.

Un rééquilibrage territorial en cours dans les Hauts-de-France

La région Hauts-de-France a quant à elle profité du dernier bilan de Business France pour réaliser un retour sur dix ans de ses résultats en matière d'investissements étrangers. Sur la période 2016-2025, elle comptabilise ainsi près de 1.500 projets et plus de 62.000 emplois, notamment grâce à des projets de gigafactories de batteries. Ces résultats la placent dans le top 10 des régions européennes les plus attractives depuis 2021. Côté répartition géographique, elle compte toutefois opérer un rééquilibrage car le nord du territoire concentre 51% des projets (756 sur 1.486) et 60% des emplois créés (36.927 sur 62.056), suivi du Pas-de-Calais avec 22% des projets. "Cette concentration s'explique en grande partie par la dynamique des projets d'extension, qui s'implantent naturellement là où existent déjà des établissements", selon le bilan diffusé jeudi par la région. Pour assurer le rééquilibrage, un travail de fond sur l'offre foncière et les conditions d'accueil des entreprises dans la durée est envisagé (lire notre article du 20 janvier).

 

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