Habitat - Jean-Paul Delevoye veut alléger les normes pour développer le logement "low cost"

Visitant un foyer Adoma à Fresnes (Val-de-Marne), le président du Conseil économique, social et environnemental (Cese) a annoncé le lancement d'un groupe de travail au sein du Conseil. Celui-ci aura pour mission de proposer des solutions innovantes pour résoudre les problèmes de logement. Plus précisément, il s'agira de "dégager des pistes de réflexion pour offrir aux pouvoirs publics des solutions concrètes" et de "quitter le champ de l'idéologie".

Sécuriser les parcours locatifs

Dans l'esprit du "choc de simplification" annoncé par le chef de l'Etat, Jean-Paul Delevoye appelle notamment à alléger les règles et les normes administratives qui freinent la construction. Il estime en effet que ces normes ne répondent plus aux problèmes actuels et à la diversité des situations individuelles. Le président du Cese a rappelé qu'"aujourd'hui, la société n'offre plus d'emplois à tous et un emploi ne garantit plus un logement ; des gens qui travaillent dorment dans leurs voitures, les couples explosent... Il faut donc essayer de sécuriser les parcours locatifs dans des parcours personnels de plus en plus instables".
Le 10 décembre dernier, alors que le Cese accueillait la conférence nationale contre la pauvreté et l'exclusion, Jean-Paul Delevoye avait déjà indiqué qu'"on peut imaginer des habitations en dehors des normes actuelles de construction, incompatibles avec l'urgence de la situation : pourquoi pas des villages de bungalows pour les mal-logés, qui seraient déjà mieux que la rue". Il avait également affirmé qu'il fallait apprendre à faire face à la baisse des crédits publics et que "cela passe forcément par l'économie solidaire".

Alléger les normes sans sacrifier la qualité ?

Le président du Cese reprend aujourd'hui cette idée de logements libérés des normes ou du moins d'une partie d'entre elles. L'idée a en tout cas séduit le président d'Adoma, Bruno Arbouet. Celui-ci a aussitôt rebondi, en se demandant si "on est capable de faire des logements low cost, c'est-à-dire des logements où on est sûr de la qualité mais avec des prix plus bas ?". Il se dit en tout cas persuadé que "notre pays a les ressources intellectuelles" pour relever un tel défi.
Le Cese se penche régulièrement sur la question du logement, considérée par son président comme l'un des principaux marqueurs de la crise de société que traverse la France. Récemment, il a remis un avis sur "Le logement autonome des jeunes", dont Cécile Duflot s'est en partie saisie pour présenter ses mesures en la matière. Mais la récente démarche lancée par Jean-Paul Delevoye sort du cadre habituel, puisqu'elle prendra la forme d'un groupe de travail ad hoc. A ce stade, le président n'a pas encore précisé le calendrier des travaux, ni jusqu'où pourraient aller les propositions de remise en cause des normes.
Une position qui n'est pas partagée par tous. Les architectes ont notamment mis en garde contre le risque de construire le mal-logement de demain en sacrifiant aujourd'hui la qualité de la construction (voir notre article ci-contre du 21 janvier 2013). En revanche, l'initiative de Jean-Paul Delevoye tombe à pic, alors que le gouvernement lance un appel à consultation en vue de proposer des pistes d'adaptation des exigences réglementaires et normatives dans la construction (voir notre article ci-contre du 15 janvier 2013).
 

 

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