La construction de logements retrouve son niveau d'avant la crise sanitaire

La reprise du nombre de logements autorisés (permis de construire) qui apparaissait depuis le début de l'année s'est poursuivie au 3e trimestre 2021. Elle est surtout portée par les logements individuels. La courbe des mises en chantier est elle aussi favorable, cette fois plutôt pour le logement collectif. 464.000 logements ont été autorisés à la construction et 387.600 ont été mis en chantier entre octobre 2020 et septembre 2021.

La reprise du nombre de logements autorisés, autrement dit des permis de construire, au 3e trimestre 2021 (+1,3% par rapport au trimestre précédent) peut sembler relativement modeste au regard de la reprise généralisée de l'activité, mais elle suffit néanmoins pour que le nombre de logements autorisés retrouve son niveau d'avant la crise sanitaire. Tel est en effet le principal enseignement de la dernière livraison des statistiques de la construction de logements par le ministère de la Transition écologique. Celle-ci livre les chiffres au 30 septembre 2021 et confirme la pente ascendante qui apparaissait déjà à la fin des trimestres précédents (voir nos articles du 30 juillet et du 3 mai 2021).

Les logements individuels continuent de tirer la construction

Après l'année noire de 2020 (voir notre article du 28 janvier 2021) – marquée par une chute de 15% de permis de construire et de 7% pour les mises en chantier –, les chiffres du troisième trimestre 2021 traduisent à la fois – sans qu'il soit possible de déterminer leur part respective – l'impact positif de la reprise générale de l'activité et les premiers effets des mesures du plan France Relance, qui a débloqué des crédits importants en faveur de la construction.

Après avoir rappelé, comme lors des précédentes éditions, que "les estimations des mises en chantier sont plus fragiles que par le passé du fait des perturbations liées à la crise sanitaire",  la méthode ayant "dû être adaptée pour s'ajuster à ces perturbations", la note indique que les logements autorisés (permis de construire) au troisième trimestre 2021 sont en hausse de 1,3% par rapport aux trois premiers mois de l'année, en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO). Cette progression est toutefois légèrement inférieure à celle du trimestre précédent (+1,6% au deuxième trimestre), ce qui s'explique par un recul – prévisible – au mois d'août. Elle permet cependant d'effacer l'impact de la crise sanitaire (même si le temps perdu ne se rattrapera pas), avec un nombre de logements autorisés durant ce troisième trimestre 2021 supérieur (+3,8%) à sa moyenne des douze mois précédant la crise sanitaire (mars 2019 à février 2020). Ce résultat confirme la tendance à l'œuvre depuis le début de 2021, avec des permis de construire en augmentation "lente mais constante".

Comme lors des deux trimestres précédents, cette progression et ce retour à la situation antérieure à la crise sont avant tout le fait des logements individuels, même si la hausse se ralentit (+2,0% contre +5,1% au trimestre précédent). Les logements collectifs ou en résidence affichent aussi une hausse, mais sensiblement plus modeste (+0,8% après +0,9% au trimestre précédent). Ce décalage entre logements individuels et logements collectifs peut toutefois tenir aussi, dès lors qu'il y a reprise, aux délais très différents de montage et de concrétisation des dossiers entre l'individuel et le collectif.

De leur côté – et sous la réserve indiquée plus haut –, les mises en chantier (logements commencés) connaissent une accélération, passant de +0,6% au second trimestre à +1,6% au troisième trimestre, toujours en données CVS-CJO. Contrairement au cas des permis de construire, les mises en chantier de logements collectifs connaissent un net rebond : +2,1% contre +1,1% au second trimestre. En outre, les mises en chantier de logements collectifs sont nettement supérieures à celles des logements individuels (+0,8%), ce qui pourrait confirmer le décalage temporel dans le montage des projets. Au final, les mises en chantier arrivent presque à rejoindre leur niveau d'avant la crise (-0,1%).

464.000 logements autorisés sur les douze derniers mois, soit +15,6%

Si on regarde l'évolution (en données brutes) sur les douze derniers mois – autrement dit d'octobre 2020 à septembre 2021 –, 464.000 logements ont été autorisés à la construction au cours de cette période, soit 62.500 de plus (+15,6%) qu'au cours des douze mois précédents. Dans le même temps, environ 387.600 logements ont été mis en chantier, soit 29.400 de plus (+8,2%) que pendant les douze mois précédents. Le ministère rappelle toutefois que "ces progressions s'expliquent en partie par le fait que la période antérieure de comparaison (octobre 2019 à septembre 2020) inclut le premier confinement, où les autorisations ont fortement reculé et de nombreux chantiers n'ont pas pu démarrer du fait des contraintes sanitaires". Sur un an, la progression la plus spectaculaire des permis de construire concerne les logements individuels : +24,3% (+40.600 maisons pour atteindre 207.600 unités) et même +26,6% pour les logements individuels purs (hors lotissements). Même si la tendance existait déjà avant la crise sanitaire, il est difficile de ne pas y voir l'appétence accrue des Français pour le logement individuel, après le traumatisme des confinements. Pour leur part, les mises en chantier de logements individuels progressent de 10,1% (14.600 unités) sur les douze derniers mois.

La progression des permis de construire est plus modeste, mais bien réelle, pour les logements collectifs ou en résidence, avec une hausse de 9,3% sur les douze derniers mois. Du côté des mises en chantier de logements collectifs ou en résidence, la progression est de +7,0% sur la période, soit 14.900 unités supplémentaires. La hausse est toutefois beaucoup plus forte pour les logements en résidence (+25%) – qui jouent toutefois un rôle assez modeste dans le total de la construction (35.600 mises en chantier sur un an) – que pour les logements collectifs ordinaires (+4,2%).

Presque toutes les régions affichent des hausses, parfois spectaculaires

En termes géographiques et sur les douze derniers mois, toutes les régions affichent une hausse des autorisations de logements (à l'exception du cas toujours très atypique et à contre-cycle de la Corse avec -0,6%). Une situation qui ne s'était plus produite depuis plusieurs trimestres... Seules deux régions affichent une progression à un seul chiffre : les départements d'outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique et La Réunion, considérées comme une région) avec +2,7% et Auvergne-Rhône-Alpes avec +9,5%. Toutes les autres régions affichent une hausse à deux chiffres de leurs permis de construire : de 11,1% en Nouvelle-Aquitaine, 12,8% en Paca, 13% en Centre Val-de-Loire, 14% dans les Hauts-de-France, jusqu'à 23% dans le Grand Est, 26% en Pays de la Loire et 28,8% en Bretagne, en passant par 14,5% en Ile-de-France.

La situation est un peu plus contrastée sur les mises en chantier, avec trois régions qui affichent une baisse sur douze mois : la Corse (-4,3%), l'Ile-de-France (-3,3%) – pourtant la région la plus tendue en matière de logement – et Paca (-0,2%). Les autres régions affichent des hausses, dans des proportions plus modestes que pour les permis de construire : +4,8% en Nouvelle-Aquitaine, +7,5% dans les Hauts-de-France, +8,9% en Auvergne-Rhône-Alpes, +10,5% dans le Grand Est, jusqu'à +18,5% en Pays de la Loire, +26,1% en Bourgogne-Franche-Comté et +27,3% en Bretagne.

 

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