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Social - La Fnars veut repositionner la prévention au coeur de l'intervention sociale

La Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) a diffusé le 8 juillet une série de propositions visant à réformer l'intervention sociale. A l'issue de ses propres rencontres, des "Journées du travail social" ayant réuni en novembre 2013 "près de 900 personnes, travailleurs sociaux, personnes accompagnées, directeurs de structures", la Fnars plaide en effet pour "une approche renouvelée de l’intervention sociale face à la massification des situations de précarité et d’exclusion". Alors que le processus des Etats généraux du travail suit son cours (voir notre article du 13 juin) avec des assises inter-régionales qui se tenaient à Lille ce même 8 juillet, la Fnars aspire ainsi à contribuer à la définition du "véritable projet politique" qui avait été annoncé par le gouvernement.

"L'accompagnement social pour tous"

Observant la "fragilisation d'un nombre croissant de personnes" et la diversification des formes de précarité, la Fnars propose de créer un "droit à l'accompagnement social pour tous". Il s'agit en quelque sorte de banaliser le recours aux intervenants sociaux pour développer l'action préventive auprès de tout type de personne fragilisée et éviter ainsi la dégradation de sa situation. Pour mettre en œuvre ce droit, la Fnars préconise de mettre en place des "consultations sociales de proximité" destinées à accueillir "toute personne en difficulté". Et à aller, en outre, vers "les personnes qui ne s’adressent nulle part" à travers des maraudes ou des visites à domicile. Ces consultations auraient pour mission de permettre l'accès aux droits, mais aussi d'assurer la "veille", l'"attention", la "prévention" et le "maintien du lien social". En misant sur une "coordination/mutualisation de compétences, moyens financiers et humains entre institutions" sur les territoires.

Culture et sport pour retisser du lien social

Pour la Fnars, la mise en œuvre d'un tel dispositif de prévention et d'intervention suppose de changer de conception de l'accompagnement social. En dissociant, d'abord, cet accompagnement des dispositifs et prestations sociales tels que le Revenu de solidarité active (RSA). Au lieu de s'adapter à l'organisation administrative, les pratiques des travailleurs sociaux doivent se concentrer "sur le développement humain et sur le développement du pouvoir d’agir des personnes", recommande la Fnars. En allant vers un accompagnement global de ces personnes généralement en proie à des difficultés multiples (perte d'emploi, problème de logement, risque d'endettement, etc.). Mais également en mobilisant l'ensemble des ressources, bien au-delà de l'action sociale, susceptibles de constituer un appui. Le travail social a ainsi "vocation à s’appuyer sur d’autres champs, tels que la culture, le sport, pour permettre à toute personne en difficulté de se reconstruire, de tisser ou retisser du lien social".

Former différemment et valoriser davantage

Pour permettre cette évolution des postures et des pratiques, une évolution de l'arsenal de formation s'impose, insiste la Fnars. Cette dernière appelle à "rendre obligatoire la formation continue" et à rechercher "un réel changement de posture des travailleurs sociaux". La Fédération propose la mise en place de formations relatives à la participation des personnes accompagnées, pour favoriser le développement d'une "déontologie basée sur le 'faire avec' et non pas le 'faire pour'". Quant à la formation initiale, la Fnars préconise la mise en œuvre d'"un socle commun des formations en intervention et travail social".
Autre condition indispensable pour la mise en œuvre de ce nouveau type d'accompagnement social : la reconnaissance politique et sociétale du rôle de l'accompagnement social et, plus largement, de l'intervention sociale et de ses bénéficiaires. En transformant, notamment, l'actuel Conseil supérieur du travail social (CSTS) en un Conseil supérieur de l'intervention sociale qui valoriserait davantage l'expertise des professionnels de terrain et des personnes accompagnées. Autre piste évoquée : le développement d'une évaluation plus positive, qui s'attacherait par exemple à mesurer les coûts évités par l'action menée en faveur de la prévention.