La FNCCR plaide pour que l'éclairage public intègre le plan de relance

Dans un courrier adressé à Jean Castex et à trois de ses ministres, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) plaide une nouvelle fois pour que le plan de relance bénéficie à la rénovation d'un parc national d'éclairage public "vieillissant et énergivore", dont l'empreinte écologique "n'est pas anecdotique". Dans le sillage du rapport de la Cour des comptes, la FNCCR vante également à nouveau les mérites de la mutualisation de cette compétence.

"Le potentiel de rénovation des installations d'éclairage public n'a pas été encore suffisamment pris en considération dans le scénario de la relance économique". Dans un courrier adressé au Premier ministre et aux ministres de l'Économie, de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires le 12 avril dernier – dont Localtis a pris connaissance –, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) a une nouvelle fois milité pour que l'éclairage public bénéficie des mannes du plan de relance. Elle y a adjoint un "projet de relance de l'éclairage public", co-signé par le Syndicat de l'éclairage et le Serce (syndicat de 260 entreprises "de la transition énergétique et numérique") à cette fin.

Bis repetita

La FNCCR avait déjà porté cette demande, en vain, en juin 2020, dans ses 14 propositions visant soit à lever plusieurs "freins réglementaires", soit à mobiliser de nouveaux moyens financiers – dont trois concernaient l'éclairage public. La fédération y plaidait pour le renouvellement des luminaires (globes, luminaires équipés de lampes à vapeur de mercure ou mixtes, etc.) et des armoires de commande électriques vieillissantes ou, à défaut, pour doter ces dernières d'abaisseurs de tensions ou d'économiseurs afin de réduire la puissance. Des propositions accompagnées d'une liste de 29 chantiers "de proximité" pouvant être lancés rapidement, dont plusieurs concernaient là encore l'éclairage public. 

10% du parc équipé de lampes interdites depuis 2015

Les besoins du parc national – qualifié dans le courrier de "vieillissant, énergivore et en retard marqué par rapport aux objectifs actuels de réduction des nuisances lumineuses et de préservation des écosystèmes" – ne sont plus à démontrer alors que, selon, la fédération, 40% du parc a plus de 25 ans et que 10% est encore équipé de lampes à vapeur de mercure, interdites depuis 2015. En outre, "avec 10 millions de points lumineux en France et une consommation énergétique d'environ 5 TWh par an [soit 1% de la consommation électrique nationale], l'éclairage public n'est pas anecdotique dans l'empreinte écologique du pays", souligne la FNCCR. Or, dans sa Lettre de l'éclairage public de mars dernier, elle relève qu'"il n’est pas toujours évident pour les organismes exerçant la compétence Éclairage public d’obtenir des subventions pour leurs projets".

Un investissement global de 10 à 12 milliards d'euros

La Fédération estime de 10 à 12 milliards d'euros la somme nécessaire pour moderniser le parc français (l'évaluation était de 9 à 10 milliards en juin dernier). Soit un quart des subventions que devrait toucher la France dans le cadre du plan de relance de l'Union européenne ! Mais la FNCCR estime que "le remplacement des matériels d'anciennes technologiques pourrait engendrer de fructueuses et rapides économies sur les factures des collectivités, et permettre de réduire les coûts d'énergie, de maintenance et d'entretien d'un facteur 4 à 5 si des automatismes intelligents d'allumage et d'extinction sont associés au remplacement des luminaires". Pour emporter la conviction, la fédération argue encore des "120.000 emplois directs et indirects" à la clé.

Mutualiser la compétence pour renforcer les moyens d'action et rompre l'isolement

Cette fois, la FNCCR pourra peut-être bénéficier en outre de "l'effet Cour des comptes", laquelle, dans son rapport annuel, vient elle aussi de pointer un parc national "généralement considéré comme vétuste" et un investissement "pas à la hauteur des besoins". Un rapport qui recommande par ailleurs de renforcer le rôle des intercommunalités et des syndicats d'énergie dans la gestion de cette compétence, ce qui n'a pas manqué de ravir la FNCCR, qui plaide pour cette mutualisation "depuis de nombreuses années". "En confiant la gestion de leur éclairage public à ces intercommunalités, les élus locaux peuvent espérer disposer de moyens complémentaires pour la rénovation, la maintenance et faire entrer leur parc d’éclairage dans l’ère du numérique et de la gestion des données", insiste la FNCCR. "Les communes de petite taille qui n'ont pas transféré cette compétence sont livrées à elles-mêmes", déclare Yves Raguin, chef de département à la fédération, à Localtis. La fédération vient d'ailleurs d'alerter ses adhérents sur le démarchage de certaines sociétés proposant des luminaires à 1 euro en échange de la cession des certificats d'économies d'énergie qu'elles collectent, "au détriment de la qualité de l'éclairage apporté aux administrés et de l'argent public sous couvert de prétendue gratuité". Rappelons enfin que pour venir en aide aux élus, la FNCCR a publié en janvier une nouvelle édition de son guide dédié à l'éclairage public.

 

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