La maison de l'emploi de Sénart aide les demandeurs d'emploi à faire garder leurs enfants

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Santé, médico-social, vieillissement

Social

Seine-et-Marne

La “Balle au bond” est un service original de la maison de l'emploi et de la formation de Sénart (Seine-et-Marne) : un professionnel est chargé d'aider les demandeurs d’emploi à trouver un mode de garde pour leurs enfants. L'expérience lancée grâce à des fonds européens démontre sa justification compte tenu du nombre de femmes ayant pu, grâce à cela, accepter un emploi ou une formation.

Aider une femme ou un homme en recherche d'emploi, de formation, ou encore en insertion n'a rien d'anecdotique pour Odile Rouffignac, responsable de la "Balle au bond". Ce service fonctionne au sein de la maison de l'emploi de Sénart depuis août 2007. "Nous sommes dans un secteur où les emplois se trouvent surtout dans la logistique, la restauration et la grande distribution. Autant de métiers imposant souvent des horaires atypiques. La garde d'enfants revêt donc un caractère décisif", explique-t-elle. "La garde de l'enfant est un facteur bloquant qu'il faut dans certains cas pouvoir aider à lever si l'on veut favoriser le retour à l'emploi", insiste-t-elle.
La Balle au bond ne se réduit donc pas à un bureau bis d'inscription dans une crèche ou de mise en relation avec des assistantes maternelles. Il s'agit d'un véritable accompagnement qu'assure Odile Rouffignac, qui a été mise à disposition par la commune de Moissy-Cramayel (1) en qualité d'animatrice du relais d'assistantes maternelles. Les demandeurs d’emploi sont orientées vers la Balle au bond par les conseillers de Pôle emploi, de la mission locale, les assistantes sociales, des associations intermédiaires ou l'entreprise temporaire d'insertion, chaque fois qu'est détecté un besoin de garde d'enfant.
"J'analyse la réalité du besoin car certains peuvent être temporaires, par exemple pour faire des stages de remise à niveau. Et j'étudie ensuite avec la personne le contrat le plus adapté", résume-t-elle.
"J'explique par exemple que dans le cas d'une formation, il est intéressant pour l'enfant et pour les parents de conserver l’assistante maternelle salariée à l'issue de cette formation pour éviter d'avoir à en rechercher une nouvelle quand la mère retrouvera un emploi et ainsi stabiliser l’accueil et le rythme de vie de l’enfant", cite-t-elle en exemple.

Grâce à un travail préalable de relation avec les relais d'assistantes maternelles, les puéricultrices du secteur ou encore l'association intermédiaire (pour des gardes à domicile), Odile Rouffignac s'appuie sur un réseau partenarial étoffé et réactif qui lui permet de trouver toujours une assistante maternelle ou une garde à domicile. "Il faut parfois faire des combinaisons. Par exemple, si la personne travaille à 5 h, on trouve une garde à domicile qui ensuite emmène l'enfant chez l'assistante maternelle ou à la crèche ou à l'école. Cela peut prendre parfois une journée, mais on y arrive", assure-t-elle. Odile Rouffignac rencontre les assistantes maternelles avec le ou les parents et s'occupe avec eux des démarches administratives (contrat de travail, déclaration de prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) emploi, demande d'aide "bébébonus" du conseil général, etc.), à raison d'un rendez-vous au moins par mois. "Un véritable accompagnement", insiste-t-elle "Certaines mamans doutent de leur capacité à aller jusqu'au bout de la démarche c'est-à-dire retrouver un emploi. Celles qui sont en mesure de se débrouiller seules, je les adresse au RAM de leur commune". Parfois le problème de garde d'enfant n'est pas un frein majeur, mais "un prétexte" qui cache d'autres problématiques à régler avant d'envisager une insertion réussie.
Mise à disposition au départ à mi temps, Odile Rouffignac occupe aujourd'hui 80% de son temps à la Maison de l'emploi, pour un suivi d'environ 60 familles par an (dont 45 nouvelles en moyenne). 50% les personnes accompagnées en 2009 ont retrouvé un emploi ou une formation.
Le service a pu être créé grâce à un financement du Fonds social européen (50% sur trois ans) et des subventions de la CAF, du conseil général, du service Droits des femmes et de la direction départementale de l'emploi. Cette dernière participe au titre de l'action VAE (validation des acquis), car outre l'aide à la garde d'enfants, le service Balle au bond s'étend aujourd'hui à l'aide à la professionnalisation de personnes souhaitant travailler dans le secteur de la petite enfance (assistante maternelle ou intervenant à domicile), en relation avec Pôle emploi.

Emmanuelle Stroesser pour la rubrique Expériences du site Mairie-Conseils

 

Maison de l'emploi et de la formation de Sénart

Nombre d'habitants :

111907

Nombre de communes :

10
Immeuble le Sextant- 462 rue Benjamin Delessert
77550 Moissy Cramayel

Odile Rouffignac

Responsable de "la balle au bond"
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