La maison de santé rurale de Lalinde : les praticiens et la MSA s'engagent

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Santé, médico-social, vieillissement

Social

Dordogne

Les communes du syndicat mixte d'action sociale (SMAS) de Lalinde (Dordogne) ont lancé la création d'une maison de santé qui ouvrira à l'horizon 2011. Le projet est sécurisé par l'engagement des praticiens et une gestion assurée par la MSA. L'enjeu est de pérenniser l'offre de professionnels de santé et faciliter, à l'avenir, l'installation de nouveaux.

La création de maisons de santé rurales intéresse de plus en plus de territoires ruraux, soucieux d'anticiper et prévenir le risque de désertification médicale. Il aura fallu deux années aux communes membres du syndicat mixte d'action sociale (SMAS) de Lalinde, dans le Périgord, pour poser les bases d'un projet. Le dossier de la maison de santé rurale de Lalinde ne sera clos que lorsque celle-ci aura ouvert ses portes (à l'horizon 2011), mais, au printemps 2009, les bases de ce projet sont bien assises. Le choix de l'architecte chargé de la réalisation des murs vient d'être arrêté (après appel d'offres). Les praticiens sensés occuper cette future maison de santé se sont, eux, engagés par écrit (cinq généralistes, un kiné, un podologue et trois infirmiers). "Nous avions besoin d'une confirmation de leur volonté de s'installer dans ces locaux, tant pour nous rassurer que pour travailler avec l'architecte sur les surfaces réelles sur lesquelles bâtir le projet", explique Serge Merillou, président du centre intercommunal d'action sociale (CIAS), porté par le syndicat mixte d'action sociale de Lalinde (1).

 

La MSA, gestionnaire délégué de la maison de santé

Autre soutien de poids : le partenariat de la MSA (en cours de formalisation par convention). Celle-ci a accepté d'être caution du prêt contracté pour la construction de la maison de santé. Elle en sera également le gestionnaire délégué (contre loyers équivalents aux mensualités du prêt) ; ce sera donc la MSA qui louera les cabinets aux professionnels de santé. "Ce partenariat sécurise le projet, estime Serge Merillou. La MSA mutualise le risque lié à une inoccupation des locaux sur le nombre de projets qu'elle compte mettre en oeuvre et soutenir dans d'autres zones rurales." Ce partenariat prévoit l'option d'un transfert, au terme de dix ans, de la propriété de la maison de santé du SMAS vers la MSA (ainsi que des prêts restant), voire du rachat par les professionnels de santé, à condition que les murs restent affectés à une activité de santé. Autrement dit, l'opération ne se traduira peut-être pas par une affaire immobilière, mais "notre objectif n'est autre que de garantir à la population une offre de services justifiant son maintien sur notre territoire", insiste Serge Merillou. Or, le départ de retraités âgés vers les agglomérations de Périgueux ou Bergerac, à même de garantir une offre en matière de santé les rassurant, est d'ores et déjà une réalité, constate l'élu, soucieux, comme ses quinze collègues, de l'enrayer. Les élus craignent que la situation n'empire si les médecins ne trouvent pas de remplaçant à leur retraite ou quittent précipitamment le territoire en raison du surcroît de travail induit par un nombre restreint de médecins et de professionnels de santé... Deux phénomènes exacerbés par les questions de démographie médicale. "Nous avons déjà eu trois départs de médecins, nous sommes inquiets car le ratio devient limite sur notre canton de 10.000 habitants", raconte Serge Merillou.

 

Coût du projet : 900.000 euros

Cela explique l'unanimité des élus autour de ce projet malgré son coût élevé : 900.000 euros. Cet investissement devrait être financé aux deux tiers par l'emprunt et un tiers par des subventions (Europe, Région, Etat via DGE), avec l'espoir d'une rallonge allégeant l'emprunt si le projet Bachelot de réforme de l'hôpital accorde davantage d'aides pour ce type de projets. Le coût de la maison de santé est l'une de ses difficultés. Mais l'élément le plus difficile à surmonter a été le choix de l'emplacement de la future maison, qui a faillit compromettre l'ensemble du projet... Reste maintenant à vérifier l'hypothèse que le regroupement de professionnels est une voie d'avenir pour la médecine rurale. Ce dont Serge Merillou est convaincu, "à condition de travailler également sur l'offre d'équipements notamment autour de la télé médecine", un projet également en cours avec la MSA.

 

Emmanuelle Stroesser pour la rubrique Expériences des sites Mairie Conseils et Localtis

 

(1) Le SMAS de Lalinde réunit les douze communes de la communauté de communes  entre Dordogne et Louyre et quatre communes de la communauté de communes du bassin Lindois. Le SMAS finance les actions menées par le CIAS de Lalinde.

CIAS de Lalinde

2 à 6 rue Péchaud- BP 29
24150 Lalinde

Serge Merillou

Président
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