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Habitat - La qualité des logements toujours à la hausse, mais 10% du parc pose encore problème

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par
Jean-Noël Escudié/PCA
dans

Logement

Aménagement et foncier

L'Insee publie les résultats détaillés de l'enquête Logement 2013. Celle-ci constitue "la source statistique majeure pour décrire le parc de logements ordinaires, les conditions d'occupation et les dépenses des ménages pour leur résidence principale de manière particulièrement détaillée". Les premiers enseignements de cette enquête avaient déjà été rendus publics au printemps 2015 (voir nos articles ci-contre des 4 mai et 18 juin 2015).

Moins de 1% des logements privés de confort sanitaire de base

Parmi les innombrables informations tirées de ce travail - plusieurs centaines de tableaux Excel -, on retiendra plus particulièrement les éléments relatifs au confort des logements (en précisant que l'enquête ne prend pas en compte les personnes sans domicile, puisqu'elle s'adresse à celles vivant dans un logement). En dépit de cette réserve, l'amélioration du confort des logements est incontestable sur les dernières décennies.
Ainsi, en 2013, moins de 1% des logements étaient privés d'un des trois éléments de confort sanitaire de base que sont l'eau courante, une baignoire ou une douche et des WC à l'intérieur. Cette proportion était encore de 15% en 1984... Eu égard à l'importance du parc (28 millions de résidences principales), le nombre de ces logements sans confort n'est toutefois pas négligeable, avec encore 210.000 logements, dont 160.000 sans WC intérieurs et 120.000 sans baignoire ni douche. Un tout petit nombre de logements ne disposent pas non plus de l'eau courante.
Si on passe de la notion de logements sans confort (ou très inconfortables) à celle de logements comportant des défauts, le cercle s'agrandit de façon notable. Ainsi, environ 10% des logements cumulent trois défauts ou plus, ce qui représente 2,8 millions d'unités. Près de la moitié d'entre eux se situent dans les agglomérations de plus de 200.000 habitants ou dans l'unité urbaine de Paris - qui ne regroupent pourtant que 42% des résidences principales -, tandis qu'une autre part importante (560.000 logements, soit 20%) se situe dans des communes rurales. Autre élément discriminant : 60% des logements occupés par leur propriétaire ne présente aucun défaut, alors que cette proportion tombe à 40% dans le cas des locataires.

Environ 8,5% des ménages vivent en situation de surpeuplement

Les défauts les plus fréquents - signalés par les personnes interrogées par l'Insee - sont l'existence de signes d'humidité sur certains murs (20% des logements), les problèmes d'isolation thermique des murs ou du toit (20%) et les fenêtres qui laissent passer l'air de façon anormale, hors grilles de ventilation (19%). Les autres défauts sont nettement moins prégnants : infiltrations d'eau (8%), problèmes d'évacuation d'eau (5%), installation électrique dégradée (4%), mauvaise exposition du logement (3%), pas de prise de terre (2%)... Malgré ces défauts, seuls 6% des ménages considèrent leurs conditions de logement comme insuffisantes ou très insuffisantes, contre 15% en 1973.
Même si le manque de qualité du logement est très loin d'être le seul critère pris en compte, on retiendra aussi qu'un ménage sur quatre déclare vouloir changer de logement ou y être contraint. Le motif le plus fréquent - vécu comme une contrainte - est le changement de situation professionnelle ou familiale. La recherche d'une surface plus grande est ainsi citée par 52% des ménages déclarant vouloir changer de logement, notamment lorsqu'il s'agit de locataires (62%).
Par ailleurs - et en laissant de côté les étudiants pour lesquels cette situation est admise comme transitoire - environ 8,5% des ménages vivent en situation de surpeuplement. La proportion montre à 21% pour les ménages de l'unité urbaine de Paris. Si le surpeuplement continue de baisser dans l'habitat individuel (3% des ménages en 2013, contre 11,2% en 1984), il amorce en revanche une remontée dans l'habitat collectif, passant de 15% en 2006 à 16% en 2013.

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