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Environnement - La région Ile-de-France prépare un plan d'action sur l'air

Le conseil régional d'Ile-de-France a organisé les 11 et 12 avril une conférence sur l'air. Parmi les principales mesures annoncées par le nouvel exécutif francilien figurent la création d'un fonds "air-bois", une écotaxe sur les poids-lourds en transit dans la région, ainsi que le lancement d'une action ciblant le stationnement et le télétravail.

Le conseil régional d'Ile-de-France a ouvert le 11 avril une conférence régionale sur l'air rassemblant de nombreux acteurs, associations, experts, services de l'État et élus franciliens. "Cet événement marque le premier acte d'une stratégie régionale ambitieuse en la matière. Nous allons élaborer un plan d'action qui sera opérationnel avant l'été. Ces actions devront être évaluées et seront complémentaires de celles du Plan de protection de l'atmosphère (PPA), qui est en cours de révision", a indiqué la nouvelle présidente de la région Valérie Pécresse.

Un fonds "air-bois" d'un million d'euros

Avec sa vice-présidente en charge de l'écologie et du développement durable, Chantal Jouanno, l'élue va aussi créer, avec l'État, un fonds "air-bois" doté dès cette année d'un million d'euros pour aider les particuliers propriétaires d'un appareil de chauffage au bois ancien ou à foyer ouvert à le remplacer pour un modèle plus performant. Ce n'est pas le premier fonds de ce genre : il en existe un en Rhône-Alpes, dans la vallée de l'Arve (voir notre article dans l'édition du 23 avril 2014). Expérimental, lancé dès 2012 et abondé par l'Ademe, il y a été créé par un syndicat mixte d'aménagement et a connu un beau succès : 1.000 foyers anciens ont valu à leurs propriétaires un soutien de 1.000 euros, soit un montant total d'aides versées de 1 million d'euros.

Une écotaxe régionale sur les poids-lourds

L'exécutif francilien a aussi annoncé son intention de mettre en place, comptant sur le soutien de l'État, une écotaxe sur les poids-lourds en transit dans la région. Le but serait de diminuer le trafic, mais aussi de rendre le fret ferroviaire, aujourd'hui très fragilisé, plus compétitif et de dégager des recettes pour financer la politique des transports menée par la collectivité. "Nous voulons également mettre en place un grand programme de création de places de parking gratuites aux abords des grandes gares et encourager le télétravail en créant 1.000 tiers-lieux grâce à un budget de 2,5 millions pour cette année. Nous allons en outre relancer la politique sylvicole régionale avec un budget d'un million, moderniser le réseau ferroviaire, développer le covoiturage et l'autopartage", a ajouté Valérie Pécresse. Notons enfin que le nouvel exécutif souhaite expérimenter des dispositifs de dépollution de l'air dans le métro.
Valérie Pécresse, très remontée contre la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, a en outre annoncé un recours gracieux car elle a omis d'évoquer la région Ile-de-France dans l'arrêté paru samedi 9 avril destiné à améliorer la gestion des pics de pollution de l'air. Selon ce texte (lire ci-contre notre article du 12 avril 2016), "lorsque l'épisode de pollution concerne des communes de l'agglomération de Paris, les mesures sont prises après consultation des présidents du conseil de la métropole du Grand Paris, du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) et des conseils départementaux des départements concernés". Cet oubli de la région est "scandaleux et illégal", a insisté Valérie Pécresse lors d'une conférence de presse. Selon la loi Notr sur la réforme territoriale, adoptée en août dernier, la région est désormais "chef de file des collectivités territoriales pour la qualité de l'air", a-t-elle rappelé. Le ministère de l'Environnement lui a répondu dans un communiqué, indiquant que "la présidente de la région est bien consultée car celle-ci est également présidente du Stif". "Pour lever toute ambiguïté, un arrêté complémentaire précisera que la présidente de la région est également consultée", a assuré le ministère.

Morgan Boëdec / Victoires-Editions avec Anne Lenormand et AFP

Pollution atmosphérique : le bilan annuel francilien

Si, sur dix ans, la situation s'est globalement améliorée, l'association de surveillance de la qualité de l'air Airparif, qui a dévoilé son bilan annuel le 8 avril, estime qu'1,5 million d'habitants demeurent dans cette région très exposés à une pollution atmosphérique qui s'est maintenue en 2015 par rapport à 2014. Des progrès sont observés sur le dioxyde d'azote, surtout du fait des conditions météorologiques plutôt favorables à sa dispersion. Mais ce polluant et quatre autres - particules PM10 et PM2,5, ozone et benzène - dépassent toujours la réglementation. Dans son bilan, Airparif pointe ainsi la nécessité de mettre en œuvre des mesures réglementaires et incitatives de réduction de ces émissions afin que les progrès soient stables et pérennes : "Il faut une action immédiate et de proximité", conclut l'association.

MB / Victoires-Editions
 

 

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