Loisirs / Sports - Laura Flessel ne reconnaît pas les jeux vidéo comme du sport
En mars dernier, le conseil régional d'Ile-de-France annonçait l'octroi d'une subvention de 200.000 euros à une compétition de jeux vidéo sur une enveloppe budgétaire dédiée au... "soutien aux événements sportifs". Cette première posait la question de savoir si le "e-sport" devait désormais être considéré comme un sport parmi d'autres et, à ce titre, entrer dans le champ de compétence des politiques publiques en matière de sport. Une réponse de la ministre des Sports à une question de Régis Juanico met les choses au point.
Le député de la Loire, spécialiste des questions sportives, a attiré l'attention de la ministre des Sports sur le statut des compétitions de jeux vidéo. Alors que certains organismes, à l'image de la Fédération française des jeux vidéo en réseau (FFJVR), souhaitent voir les jeux vidéo considérés comme un sport et par conséquence se voir eux-mêmes dotés des prérogatives d'une fédération sportive, Régis Juanico estime que "si le secteur tend à s'organiser autour de fédérations à l'instar du mouvement sportif, le caractère d'activité physique, indispensable pour définir une activité sportive, manque à de très rares exceptions près aux jeux vidéo aujourd'hui proposés." Et le parlementaire, considérant que "la pratique des jeux vidéo n'apporte pas les mêmes bienfaits que la pratique sportive", de demander à Laura Flessel quelle réponse le gouvernement entend apporter à la demande de création d'une fédération française de sport électronique.
Dans un premier temps, la ministre des Sports rappelle qu'il existe une "analogie" entre les compétitions de jeux vidéo et l'organisation sportive, et surtout que "la question de la reconnaissance de cette pratique comme une activité physique et sportive fait toujours débat et n'a pas été tranchée".
Toutefois, pour Laura Flessel, "la compatibilité de cette activité avec les politiques publiques […] matière de promotion de l'activité physique comme enjeu de socialisation et vecteur de lutte contre la sédentarité et certaines maladies chroniques, doit […] être interrogée." Arguant du manque de recul sur l'impact de cette pratique sur la santé, et dans l'attente d'éléments susceptibles de faire évoluer son positionnement actuel, la ministre des Sports précise qu'elle "n'a pas souhaité, à ce jour, s'engager dans une reconnaissance du e-sport comme activité sportive en tant que telle".