Santé / Social - Le malaise prend de l'ampleur dans les services de PMI

Latent depuis plusieurs mois, le malaise dans les services de protection maternelle et infantile (PMI) prend de l'ampleur. Pas moins de quatorze organisations représentatives du secteur se sont effet rapprochées pour rédiger et mettre en ligne une pétition appelant à "un plan d'urgence pour assurer l'avenir du service public de protection maternelle et infantile". Parmi les quatorze organisations signataires figurent notamment l'Association nationale des puéricultrices diplômées et des étudiantes (ANPDE), l'Association nationale des sages-femmes territoriales (ANSFT), le Syndicat national des médecins de PMI (SNMPMI), la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (FNJE), les fédérations CFDT et CGT des services publics, mais aussi des organisations comme l'Uniopss ou la Confédération nationale des familles (CNF). La pétition est également proposée à la signature des professionnels et du public sur un site dédié.

Des services "fragilisés dans de nombreux départements"

Alors que Marisol Touraine vient de lancer la concertation sur la stratégie nationale de santé, les organisations signataires estiment qu'"au même moment, les services de PMI sont fragilisés dans de nombreux départements : beaucoup de consultations de nourrissons et de femmes enceintes ou de planification familiale, de bilans de santé en maternelle sont supprimés. Sinon, les délais de rendez-vous s'allongent, le suivi d'enfants après deux ans se restreint, les visites à domicile en pré et post-natal se raréfient". Les signataires pointent également le nombre élevé de postes vacants, pour les médecins, mais aussi les sages-femmes et les puéricultrices. Ces difficultés - qui ne sont pas vraiment récentes, mais sont accrues par les problèmes budgétaires des départements - interviennent alors que le nombre de naissances reste élevé et "que la médecine de ville, et a fortiori l'hôpital, ne sont pas en mesure de faire face dans de nombreux points du territoire à cette défaillance croissante des services de PMI".
Les acteurs de la PMI sont d'autant plus amers que le groupe de travail "Santé et accès aux soins" préconisait - dans le cadre de l'élaboration du Plan national contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale - "d'accroître le rôle et les moyens de la PMI et de la santé scolaire, en s'engageant dans une 'refondation' de ces services".

Quatre mesures d'urgence

Les signataires de la pétition entendent donc "sonner l'alerte" et en appellent à la ministre de la Santé, à sa collègue de la Fonction publique, au président de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), aux présidents de l'Association des départements de France (ADF) et de tous les conseils généraux, "qui n'ont pas pris jusqu'ici la mesure de l'urgence".
En pratique, la pétition demande la mise en œuvre de "quatre mesures d'urgence pour sauvegarder et développer la PMI" : la création d'une instance nationale pour la promotion et la protection de la santé familiale et infantile, un plan d'urgence pour accroître la démographie des professionnels de santé intervenant en PMI, le maintien dans tous les départements de services de PMI "dirigés par un médecin et comprenant des personnels qualifiés dans le domaine médical, paramédical, psychologique, éducatif, social" et, enfin, l'accroissement du financement de la PMI en mobilisant, chacun pour ce qui le concerne, l'Etat, les ARS, l'assurance maladie et les collectivités territoriales.

 

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