Personnes âgées - Le "minimum vieillesse" sera revalorisé de 100 euros par mois sur trois ans

Agnès Buzyn a confirmé le 20 septembre sur Europe 1 la hausse prochaine du minimum vieillesse et en a détaillé les modalités. L'annonce était attendue, dans la mesure où cette revalorisation figurait dans les engagements d'Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle. Actuellement de 803,20 euros par mois pour une personne seule (et de 1.246,97 euros pour un couple), le minimum vieillesse devait, selon le programme du candidat, être porté "au-delà de 900 euros". Un chiffre qui l'aligne sur la revalorisation de l'AAH (allocation aux adultes handicapés), dont le Premier ministre a annoncé le même jour, à l'occasion du comité interministériel du handicap, le passage progressif de 800 à 900 euros par mois (voir notre article ci-dessous).

Une augmentation en trois temps sur 2018-2020

Restait toutefois à connaître les modalités de l'augmentation du minimum vieillesse. Celle-ci se fera en trois temps et débutera "dès le budget 2018". Une première hausse, de 30 euros pour les personnes seules, interviendra ainsi en avril 2018. Elle sera suivi de deux autres revalorisations, de 35 euros chacune, successivement en 2019 et 2020. Sur la même période, la revalorisation sera de 155 euros par mois pour un couple.
Il faut rappeler que le minimum vieillesse proprement dit n'existe plus depuis 2006, mais continue d'être versé aux personnes qui en bénéficiaient avant cette date. Il est remplacé depuis lors par l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), qui se substitue aux nombreuses composantes du minimum vieillesse (allocation aux vieux travailleurs salariés, allocation supplémentaire, allocation aux mères de famille, allocation spéciale vieillesse, allocation viagère...). Mais le terme de minimum vieillesse continue, par facilité, d'être utilisé pour qualifier les pensions de vieillesse non contributives ou partiellement contributives.

Un nombre de bénéficiaires en baisse

Du fait de l'amélioration progressive des pensions, avec des personnes affichant une carrière complète en arrivant à l'âge de la retraite, le nombre de bénéficiaires du "minimum vieillesse" diminue progressivement. Il était ainsi de 555.000 en 2015 (Aspa comprise). Par ailleurs, les plafonds de ressources et les montants de l'Aspa sont identiques à ceux du minimum vieillesse, de même qu'il existe, dans les deux cas, une possibilité de récupération sur succession, si l'actif net de cette dernière excède 39.000 euros.
La revalorisation annoncée par Agnès Buzyn n'est pas une première dans les années récentes. Le "minimum vieillesse" a ainsi été revalorisé de 25% sur cinq ans - en même temps que l'AAH - sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. En 2014, il a également bénéficié d'un double coup de pouce de 0,6% et de 1% (voir notre article ci-dessous du 23 octobre 2014).