Le télétravail est devenu un "pilier de l’identité cadre"

Dans son enquête annuelle sur le télétravail, l’Apec confirme que les cadres sont très majoritairement attachés à cette pratique que les entreprises ont, pour la plupart d’entre elles, intégrée comme un élément d’attractivité et de fidélisation.

Loin de décliner, la pratique du télétravail est désormais inscrite dans la gestion et l’organisation des ressources humaines des entreprises françaises. C’est ce que constate l’étude annuelle que l’Apec, l’Association pour l’emploi des cadres, vient de publier et que sa directrice générale, Laetitia Niaudeau résume ainsi : "Pour la majorité des entreprises, réduire le télétravail présenterait aujourd’hui plus de risques que d’avantages, notamment en matière d’attractivité et de fidélisation des talents." Ce que révèle en effet cette étude menée chaque année depuis 2023, c’est qu’un cadre sur deux serait prêt à quitter son entreprise si un retour en arrière était imposé. Ce qui fait dire à Laeticia Niaudeau que le télétravail et la flexibilité qu’il offre aux cadres dans l’organisation de leurs missions "sont devenus un pilier de l’identité cadre". Aussi, le "retour en arrière" médiatisé de quelques grandes entreprises concerne très peu de monde.

En 2025, souligne l’étude de l’Apec, près de neuf entreprises sur dix n’ont pas modifié leur politique en matière de télétravail, contre moins de 10% qui l’ont restreinte, voire supprimée. Un cas de figure qui concerne d’ailleurs essentiellement les TPE (8%) et les PME (10%) et relativement peu les ETI (5%). En 2026, si 94% des entreprises interrogées déclarent ne pas envisager de changement dans leurs pratiques, 47% des cadres anticipent néanmoins une évolution des modalités de gestion du temps, sans craindre pour autant une diminution du nombre de jours de télétravail autorisés.

Moins de télétravail, plus de difficultés de recrutement

S’agissant de la perception qu’en ont les entreprises, 67% d’entre elles se disent convaincues que le télétravail exerce une influence positive sur la qualité de vie au travail, et 45% mettent en avant des gains en matière de productivité. Au sein des ETI, ces pourcentages grimpent respectivement à 87% et 61%. Preuve de l’enjeu que représente pour les entreprises la prise en compte du télétravail dans leur stratégie RH vis-à-vis des cadres, elles sont près de 40% à estimer qu’une diminution du télétravail aurait des effets délétères, avec pour principale conséquence des difficultés accrues en matière de recrutement en cas de retour en arrière ; elles seraient en parallèle 33% à craindre une baisse de l’engagement de leurs cadres et même 23% à s’attendre à des départs.

Vu par les premiers concernés, le télétravail est ainsi devenu en quelques années à peine un véritable pilier de l’identité cadre au point qu’en cas de diminution du nombre de jours autorisés, 74% d’entre eux seraient mécontents et même 80% dans l’hypothèse d’une suppression pure et simple du dispositif ; cas de figure dans lequel la moitié d’entre eux déclare qu’ils seraient prêts à envisager de changer d’employeur.

Si l’attachement au télétravail chez les cadres semble à ce point viscéral, qu’est-ce qui au final les attire dans cette pratique ? Sur la première marche du podium, les cadres placent la flexibilité qui permet à 61% d’entre eux d’ajuster les jours de travail en fonction de leurs missions – ils sont même 47% à déclarer le faire sans validation managériale. Cette liberté d’organisation est donc jugée primordiale par les cadres interrogés au point que pour beaucoup d’entre eux elle soit aujourd’hui considérée comme un avantage plus essentiel que les aspects financiers, et plus encore que le pouvoir de décider généralement associé à leur fonction dans l’entreprise.

 

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