L'élection présidentielle aura lieu le 18 avril et le 2 mai

À peine connues, les dates de l'élection présidentielle suscitent déjà une polémique : le premier tour aura lieu le 18 avril et le second tour le 2 mai, au lendemain de la Fête du travail qui sera donc soumise à la règle du silence politique.

Ces dates ont été "entérinées" ce mercredi 1er juillet par l'exécutif en Conseil des ministres. En vertu de la Constitution, le scrutin doit se tenir de 20 à 35 jours avant la fin du quinquennat actuel, Emmanuel Macron ayant commencé sa seconde présidence le 14 mai 2022. Deux options étaient donc possibles : les 11 et 25 avril ou les 18 avril et 2 mai.

Aucune solution n'est idéale, les vacances scolaires de printemps s'étalant, selon les zones, du 3 avril au 2 mai. L'option retenue permet de placer le tour décisif un dimanche où deux zones sur trois ne seront plus en congés et où "la troisième reviendra de vacances", justifie un proche d'Emmanuel Macron, estimant qu'il s'agit du "moment où on peut espérer le plus de participation". Cela permet aussi de raccourcir au maximum le temps qui s'écoulera entre ce vote et la prise de fonctions du vainqueur, autour du 13-14 mai, plaide-t-il.

Le corollaire, c'est que le choix du futur président se fera le lendemain du 1er-Mai, journée de mobilisation syndicale aux accents souvent politiques. Or, la veille d'un scrutin, le code électoral prévoit une pause de la campagne et interdit donc "toute propagande officielle", "toute réunion électorale", "toute distribution de tracts", ou tout entretien d'un candidat dans les médias. Plus largement, les camps politiques doivent s'abstenir de poursuivre les débats qui auront animé la campagne.

Candidat Les Républicains à l'Élysée, Bruno Retailleau s'est dit mercredi "en colère" face à ce choix. "Qu'on ne me fasse pas croire que dans les cortèges, dans les prises de position" du 1er-Mai "il n'y aura aucun écho politique", soupçonnant l'exécutif d'adopter une "stratégie du chaos" et de faire "le choix de la gauche" qui "pense qu'un second tour après le 1er-Mai, ça l'avantagera". "Intuitivement j'aurais dit le contraire : s'il y a de la casse la veille du vote, ça peut favoriser les partisans de l'ordre", répond un conseiller de l'exécutif.

Lors du compte-rendu du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement a tenté de balayer la controverse. Les règles de silence politique la veille de la présidentielle "seront les mêmes que d'habitude", a insisté Maud Bregeon, en rappelant que les dates avaient été choisies "en agrégeant l'ensemble des contraintes" et à la suite de "consultations" menées avec l'ensemble des partis politiques par le ministère de l'Intérieur.

La porte-parole a par ailleurs précisé que la période de parrainage des candidats par les élus locaux "débutera le lendemain de la parution du décret convoquant les électeurs, qui interviendra en début d’année 2026".

N'a en revanche pas été mentionné le fait que la date du 2 mai pourrait poser des difficultés supplémentaires aux mairies chargées d'organiser la mise en place des bureaux de vote et d'assurer le bon déroulement du scrutin le lendemain d'un jour férié - et d'un jour ayant potentiellement mobilisé certains agents, notamment du côté de la police municipale.

 

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