Les atteintes aux personnes à la hausse, celles aux biens en baisse en 2025

La délinquance en France en 2025 aura de nouveau connu une situation contrastée. Si les atteintes aux biens sont plutôt à la baisse – à l'exception des escroqueries, portées par le numérique – les atteintes aux personnes continuent de progresser. Deux tendances d'autant plus divergentes que le SSMSI rappelle que les victimes portent plus aisément plainte en cas d'atteinte à leurs biens qu'à leur personne. 

La "première photographie" de la délinquance enregistrée l'an passé, développée ce 29 janvier par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), fait ressortir une image contrastée.

Atteintes à la personne à la hausse

D'un côté, une hausse plus que sensible des atteintes à la personne. Si le nombre d'homicides devrait rester relativement stable – il demande encore à être affiné –, celui des tentatives d'homicides progresse de 5%. Il en va de même des violences physiques en général (+5%), les violences sexuelles progressant même de 8%. Les mis en cause pour usage (+6%) et trafic (+8%) de stupéfiants continuent également de progresser et ce, partout en France ou presque. Deux principales exceptions : Paris et les Bouches-du-Rhône, où le nombre de mis en cause pour usage baisse, tirant la moyenne vers le bas. Une situation que le SSMSI explique par un retour à la normale, si l'on peut dire, après le pic lié aux Jeux olympiques de l'an dernier. Les vols violents sans arme comme les vols sans violence contre des personnes augmentent également (+2%), alors que le nombre de vols avec arme régresse (-7%).

Atteintes aux biens plutôt en baisse, sauf les arnaques en ligne

De l'autre, des atteintes aux biens plutôt à la baisse. C'est le cas des vols de véhicules comme des vols dans les véhicules (-9%), ou encore des cambriolages de logement (-3%). Singulière exception, les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement continuent leur progression (+8%), notamment portées par les infractions liées au numérique. Du côté des auteurs, le SSMSI souligne que la part des mineurs et celle des étrangers mis en cause dans les atteintes aux biens reste "plus élevée", mais qu'elles sont toutes deux à la baisse pour la majorité des indicateurs ces dernières années.

Des taux de plainte fort différents

Au final, ces deux tendances semblent d'autant plus divergentes que le SSMSI rappelle que les victimes portent plus aisément plainte en cas d'atteinte à leurs biens qu'à leur personne. Au terme de son enquête "Vécu et ressenti en matière de sécurité", il estime ainsi que le taux de plainte est de 57% pour les vols de voiture ou les vols avec effraction, alors qu'il n'est que de 21% pour les violences physiques, et même de 6% seulement pour les violences sexuelles.

Des évolutions départementales globalement en ligne avec l'évolution nationale

En zoomant quelque peu, le SSMSI souligne que pour un grand nombre d'indicateurs, les évolutions départementales vont dans le sens de l'évolution nationale. C'est par exemple le cas des violences sexuelles, à la hausse dans la plupart des départements. Dans quelques cas, "l'évolution nationale est portée par un nombre limité de départements". Il en va ainsi des destructions et dégradations volontaires, où la moyenne nationale est singulièrement tirée à la hausse par la Seine-Saint-Denis et le Rhône. Il en va de même avec un autre indicateur mis en place par le SSMSI, relatif à "l'observation de consommation de drogue" par les habitants. Les résultats montrent qu'elle y est bien plus forte à Paris (et dans l'Île-de-France en général), dans le Rhône, dans le Nord, dans l'arc méditerranéen (à gros traits) et outre-mer que dans le reste de la France.

› Les refus d'obtempérer aggravés poursuivent leur course folle

28.200. Tel est le nombre de refus d'obtempérer enregistrés l'an passé, soit plus de 77 par jour. Ils sont en hausse de 11%, et atteignent un nouveau record (27.600 en 2021, jusqu'ici le point haut de ces dix dernières années). Plus encore, les "refus d'obtempérer aggravés" – "avec mise en danger de la vie d'autrui", précise le SSMSI – poursuivent leur course folle. Alors qu'ils constituaient 16% du total en 2016, ils représentent désormais près du quart (22%). Des résultats qui pourraient encore être revus à la hausse, les remontées tardives d'informations n'ayant pas encore été consolidées, précise le SSMSI.

 

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