Transports - Les autocars Macron ont attiré 17% de nouveaux voyageurs, selon l'Arafer

Une enquête du régulateur du rail et de la route, l'Arafer, publiée le 6 janvier, montre que 17% des utilisateurs des "cars Macron" n'auraient pas voyagé si ce mode de transport, libéralisé en 2015, n'avait pas existé.

L'offre des autocars Macron crée de la demande, si l'on se réfère aux premières données publiques issues d'enquêtes de terrain menées par l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) au cours du deuxième semestre 2016*. 17% des utilisateurs des autocars Macron n'auraient pas voyagé en l'absence de ce mode de transport, libéralisé depuis août 2015. Cela représente près de 900.000 trajets en un an, rapporté aux 5,2 millions de passagers transportés du 30 septembre 2015 au 30 septembre 2016, a indiqué le régulateur dans un communiqué ce 6 janvier 2017. En Allemagne, deux ans après la libéralisation du marché, "le taux d'induction de nouveau trafic était de 10%", a précisé l'Arafer.
Les autocars Macron attirent une clientèle aux revenus modestes, jeune (19% d'étudiants), voyageant majoritairement en solo, plusieurs fois dans l'année vers la même destination, pour un motif privé (visite de la famille ou d'amis). Les retraités par contre sont moins tentés de les emprunter (18% seulement des voyageurs alors qu'ils représentent 32% de la population française).
Cette nouvelle offre de transport a pour effet de faire progresser nettement la part modale de l'autocar sur les trajets longue distance (plus de 100 km), a souligné l'Arafer. Celle-ci est passée de 2,4% en 2015 à 3,8% en 2016. 44% des voyageurs des cars Macron se sont détournés de la voiture : sans cette nouvelle offre, 25% auraient choisi le covoiturage (35% pour les 18-24 ans) et 19% auraient pris leur voiture personnelle. Le report de la voiture vers l'autocar frôle les 60% pour les liaisons transversales de 100 à 250 km. Côté ferroviaire, le taux de report du TGV vers l'autocar est plus élevé sur les trajets de plus de 250 km. Au total, 37% des personnes interrogées se sont détournées du train dont 24% du TGV (29% pour les trajets de plus de 250 km), "essentiellement à cause de l'effet prix", relève l'Arafer. 80% des sondés jugent d'ailleurs l'autocar moins cher que le train et 63% moins cher que le covoiturage.
L'autocar concurrence surtout le TGV sur les trajets radiaux, là où l'offre de ces derniers est développée : le report de voyageurs est de 31% en sa faveur alors qu'il n'est que de 16% sur liaisons transversales où il y a peu de TGV. A l'inverse, le report de la voiture vers l'autocar est beaucoup plus fort sur les trajets transversaux (34%) que sur les liaisons radiales (7%).
Enfin, en termes de services, 62% des personnes interrogées jugent l'autocar plus pratique que le covoiturage pour les bagages, 40% le trouvent relativement plus confortable et 47% plus sûr. Par contre, le covoiturage garde un net avantage pour la flexibilité des horaires.

Anne Lenormand
 

* 1.476 personnes ayant voyagé sur une ligne de "car Macron" ont été interrogées entre octobre et décembre 2016 – 452 par téléphone, 689 par internet, 335 en gare routière. La base des réponses apportées par les sondés des trois enquêtes a été redressée des volumes de fréquentation observée au troisième trimestre 2016 par type de liaison (radiale/transversale) et par catégorie de distance.
 

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