Les communes littorales de Gironde réclament de l'aide pour surveiller les plages

Prises d'assaut en cette période de canicule précoce et confrontées à une série de noyades, les stations balnéaires de Gironde, regroupées en syndicat, ont demandé vendredi 29 mai 2026 aux autres collectivités du territoire de les aider à financer la surveillance des plages.
"Aujourd'hui, on n'est plus en capacité de surveiller tous les gens qui viennent. On ne peut plus financer, seuls, cette activité", a déclaré  Laurent Peyrondet, maire de Lacanau et président du Sivu33, syndicat dédié à la sécurité des plages, une compétence communale en France. 
Selon ce syndicat qui regroupe 14 communes, des plus urbaines comme Arcachon aux bourgs littoraux du Médoc, plus de 130.000 personnes ont fréquenté les plages de l'Atlantique - distantes d'une heure à une heure et demie de route de l'agglomération bordelaise - durant le weekend de Pentecôte, sur fond de chaleur précoce dans le Sud-Ouest.
"C'est la fréquentation d'un weekend du 15 août", compare Laurent Peyrondet qui cherche des "partenaires financiers" (Bordeaux Métropole, conseil départemental de Gironde ou région Nouvelle-Aquitaine) pour anticiper la surveillance, déployée à ce jour sur six des 25 plages océaniques du département selon la préfecture.
Quatre personnes sont mortes noyées cette semaine sur les côtes girondines, dont trois emportées par des baïnes, des courants piégeux du littoral aquitain qui peuvent entraîner rapidement les baigneurs au large.
La préfecture a appelé à "une mobilisation collective" des services de l'État, des collectivités et des pompiers pour renforcer la prévention et informer des risques de noyade dans la zone.
Une quarantaine de CRS maîtres-nageurs-sauveteurs vont être déployés en soutien des équipes de surveillance communales à partir du 1er juillet, selon les autorités.
Le Sivu33 salue "le soutien de l'État" mais prévient qu'avec le changement climatique et l'apparition de canicules précoces, les plages "qui étaient surveillées trois mois dans l'année" jusqu'ici doivent l'être, à l'avenir, "des vacances de Pâques à celles de la Toussaint".
Dans les Landes voisines, une expérience inédite de "veille" hors saison des plages, d'un coût de 2,7 millions d'euros dont 1,2 million financé par le conseil départemental, a été lancée depuis l'été 2025.
L'impact des canicules s'intensifie : à l'été 2025 en France, 409 personnes sont mortes par noyade, dont une vingtaine d'adolescents. Beaucoup de ces jeunes se sont noyés fin juin dans des rivières ou des plans d'eau non surveillés, en pleine vague de chaleur précoce.  Pour répondre aux nouveaux enjeux du changement climatique et tenir compte des conditions météorologiques de plus en plus clémentes qui rallongent la période propice aux baignades et donc aux noyades, Santé publique France a annoncé  démarrer sa surveillance désormais dès le 1er mai. Ses bilans des noyades seront aussi plus fréquents : le 11 juillet, avant le 15 août et le 31 septembre.

 

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