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Développement territorial - Les départements de l'axe Seine entendent "peser dans le débat"

Tourisme, mobilité, recherche et innovation... cinq départements franciliens et normands souhaitent coordonner leurs politiques pour mieux développer et valoriser l'axe Seine. Une association, destinée à accueillir d'autres partenaires, a été créée le 7 juillet à Chatou.

Les Hauts-de-Seine, les Yvelines, le Val-d'Oise, l'Eure et la Seine-Maritime : cinq départements, bientôt six avec le Calvados, sont prêts à travailler ensemble pour "donner une nouvelle impulsion au développement de la Seine", selon les termes de Patrick Devedjian, président (LR) du conseil départemental des Hauts-de-Seine. Les présidents – et une vice-présidente – de ces départements ont lancé le 7 juillet leur Association des départements de l'axe Seine, à bord d'un bateau de croisière qui naviguait entre Chatou (Yvelines) et Sèvres (Hauts-de-Seine).
Sur cet axe fluvial qui "accompagne le quotidien de 6 millions d'habitants", "le potentiel est immense", a jugé Patrick Devedjian, et les infrastructures ou encore le développement du tourisme "ont pris beaucoup de retard".

Les départements bien placés pour "fédérer" et animer la réflexion

Après l'ouverture en mai dernier de l'appel à manifestations d'intérêt "Réinventer la Seine", porté par la ville de Paris, la métropole de Rouen, la communauté d'agglomération du Havre et Haropa – Ports de Paris Seine Normandie (voir notre article du 23 mars 2016) (1), les départements de la vallée de la Seine ne s'en cachent pas : ils veulent "peser dans le débat". "Il y a un enjeu de visibilité important", selon Sébastien Lecornu, président (LR) du conseil départemental de l'Eure et nommé pour un an président de la nouvelle association interdépartementale.
Alors que les politiques liées à l'axe Seine sont "extrêmement fragmentées entre différents acteurs", a-t-il poursuivi, "il manque aujourd'hui un véritable espace de dialogue, mais également de réflexion et de ressource". Pour Patrick Devedjian, les départements, du fait de la "connaissance fine [qu'ils ont de leur] terrain" sont les mieux à même de jouer ce rôle, de "fédérer" tout en "[osant] s'affranchir des frontières administratives".

Tourisme fluvial et liaisons douces 

L'association, qui fonctionnera selon son président "sans budget parce que nous avons déjà des moyens", se penchera dans un premier temps sur quatre axes de travail. Le premier : "construire une offre commune et coordonnée en matière de croisière fluviale". D'après Sébastien Lecornu, il s'agit en particulier d'avoir une stratégie commune d'investissements pour être "en capacité de suivre la demande" et d'éviter toute concurrence entre les infrastructures financées par les départements, les haltes fluviales notamment.
Toujours dans la perspective de développer le tourisme et d'améliorer la qualité de vie des habitants, les départements entendent améliorer les liaisons douces (randonnée, vélo) dans la vallée de la Seine, par exemple en connectant davantage les parcours.
Le troisième axe a trait au "marketing territorial" ; des animations et des événements sont à l'étude pour mieux faire connaître les "richesses naturelles, culturelles, sportives et artistiques de l'axe Seine".

Une capacité à investir "absolument pas neutre"

Enfin, le développement économique du territoire serait au cœur des réflexions de l'association, "avec un angle d'attaque autour du foncier, que les départements conservent dans le cadre de la loi Notr", précise Sébastien Lecornu. Arnaud Bazin, président (DVD) du Conseil départemental du Val d'Oise, territoire de l'université de Cergy-Pontoise, met quant à lui l'accent sur de possibles coopérations dans l'enseignement supérieur et la recherche, afin de favoriser l'innovation, notamment dans le domaine de la mobilité.
"Notre capacité à investir", de façon collective et coordonnée, n'est "absolument pas neutre", souligne le président de l'Eure. Confiants et décidés à contribuer à "faire de la Seine un véritable terreau d'opportunités économiques", selon Patrick Devedjian, les présidents de départements relativisent l'impact de la loi Notr sur leurs marges de manœuvre. Celui qui est également député des Hauts-de-Seine évoque même de probables délégations de compétence, en matière de développement économique, de la région Ile-de-France.

Main tendue aux communes et aux EPCI 

Les départements ouvrent en tout cas la porte à d'autres acteurs de la vallée de la Seine qui souhaiteraient les rejoindre : les deux régions, des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et des communes, mais aussi des ports, des entreprises telles que Voies navigables de France ou encore des organismes consulaires. Certains territoires de l'amont de la Seine auraient aussi manifesté leur intérêt pour la démarche des départements de l'aval.
"Le développement et l'aménagement de la Seine ne peuvent pas se faire sans les communes", appuie Patrick Devedjian. Ce dernier estime en outre qu'il est "indispensable" de travailler en lien avec la démarche "Réinventer la Seine", même s'il plaide pour davantage d'esprit de "concertation" de la part de la ville de Paris.

Caroline Megglé

(1) Conduit "dans l'esprit des travaux de l'architecte et urbaniste Antoine Grumbach" et dans la continuité de l'opération "Réinventer Paris", l'appel à projets "Réinventer la Seine" propose aux "innovateurs du monde entier" - architectes, entrepreneurs, artistes... - d'imaginer "de nouvelles façons de vivre, de travailler, de se déplacer sur et au bord de l'eau" en s'appuyant sur les 35 sites - plans d'eau, bâtiments, terrains, ouvrages... - identifiés le long du fleuve. 

 

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