Les missions locales au chevet des lycées professionnels
Depuis 2025, les missions locales sont appelées à intervenir dans les lycées professionnels pour préparer l’insertion des lycéens souhaitant intégrer rapidement le marché du travail.
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Entrer dans la vie active juste après les années de lycée professionnel n’a rien d'évident. Un an après la fin de leur formation en 2022, seuls 54,3% de ceux qui ont renoncé aux études ont trouvé un emploi salarié. Ce n’est qu’au bout de deux ans que ce taux d’insertion finit par progresser à 59,5%, selon les statistiques de l’Éducation nationale.
Conscients de ces difficultés, les pouvoirs publics cherchent depuis plusieurs années à mieux préparer l’insertion professionnelle de ces publics. Et ils comptent sur les opérateurs de l’emploi pour prêter main forte aux établissements scolaires dans cette mission, comme l’illustre le dispositif “AvenirPro”, imaginé dans le cadre de la réforme du lycée professionnel de 2022.
Des ateliers et un accompagnement des élèves sans solution
Ce dispositif a démarré par une expérimentation. En 2021 et en 2022, des agents de France Travail sont intervenus dans 171 lycées afin de doter les élèves des connaissances nécessaires pour chercher un emploi. Après de premiers résultats concluants, le dispositif a été élargi à de nouveaux établissements. Les missions locales ont été intégrées dans le programme. Avec France Travail, les deux opérateurs se sont réparti les établissements à couvrir à 50/50.
Place, depuis la rentrée 2025, à la "généralisation" d’AvenirPro dans l’ensemble des 2200 lycées professionnels. Un arrêté en date du 28 novembre 2025 et une note de service de l’Éducation nationale du 15 décembre dernier stabilisent les contours de cet accompagnement. Leurs modalités viennent d’être à nouveau précisées par une convention signée le 9 avril entre le ministre chargé de l'éducation, l'opérateur France Travail et l'Union nationale des missions locales.
Le dispositif se décompose en deux phases. La première, AvenirPro, démarre en cours de dernière année de formation et consiste à organiser des ateliers centrés sur la recherche d’emploi, des permanences en établissement ainsi que des événements pour aider les jeunes à trouver un employeur. Une manière d’anticiper l’insertion des élèves souhaitant rejoindre la vie active après avoir obtenu leur diplôme.
La seconde, Avenir Pro +, vise les élèves qui échouent à leur examen ou sont dépourvus de formation via Parcoursup. Ce dispositif, qui remplace le parcours "Ambition emploi" en vigueur depuis 2023, peut prendre diverses formes : bilan de compétences, "consolidation des acquis", immersions en entreprise… La convention précise qu’à partir de la rentrée scolaire 2026/2027, les chefs d’établissements devront inviter tous les élèves concernés à une réunion d’information sur cet accompagnement de quatre mois et que ces réunions doivent être co-animées avec les missions locales et France Travail.
Des interventions dans trois quarts des lycées
Cette évolution n’est pas neutre pour les missions locales. "Il va y avoir une attente des pouvoirs publics en termes de résultats", souligne la vice-présidente de l’UNML, Christine Cloarec Le Nabour. Nombre de lycées et de lycéens bénéficiaires, d’interventions collectives individuelles, d’événements, d’employeurs : il est prévu que ces indicateurs soient tracés et suivis.
C’est aux missions locales de contacter les établissements pour planifier les différents événements. Dans trois quarts des établissements contactés par les missions locales, des interventions ont déjà eu lieu en 2025 ou sont programmées pour 2026. Mais il arrive que des lycées professionnels ne répondent pas aux sollicitations. Pour éviter cet écueil à la rentrée prochaine, l’UNML appelle à anticiper le sujet le plus tôt possible afin de mieux tenir compte des calendriers très contraints des lycées professionnels.