Les paradoxes de la dépense par étudiant en France

Malgré une hausse des dépenses en faveur de l'enseignement supérieur, la part consacrée à chaque étudiant a connu une nouvelle baisse. En cause : la hausse importante du nombre d'étudiants ces dernières années.

La France consacre toujours plus de moyens financiers à l’enseignement supérieur, mais la part destinée à chaque étudiant continue de baisser. Cette double constatation ressort de la dernière note d'information de la direction de l'Évaluation, de la Prospective et de la Performance (Depp) du ministère de l'Éducation nationale.

En 2019, la France a donc consacré 32,6 milliards d’euros à l’enseignement supérieur, soit une hausse de 0,2% sur un an et de 11,7% en euros constants depuis 2009. Parallèlement, le coût moyen par étudiant atteint 11.530 euros, ce qui marque une baisse de 1,4% en un an. Baisse qui atteint même 7,9% sur une décennie.

Des effectifs en hausse

Comment expliquer que la hausse globale des moyens se traduise par une diminution pour chaque étudiant ? Tout simplement par l'importante augmentation du nombre des étudiants enregistrée ces dernières années : en 2019, on comptait près de 2,8 millions d’étudiants en France, soit +1,6% par rapport à 2018. Sur la dernière décennie, leur nombre a augmenté de 21,3%.

Sans surprise, le coût moyen par étudiant est bien supérieur au coût moyen par élève du second degré (9.950 euros) ou du premier degré (7.000 euros). Mais si ces deux derniers chiffres correspondent à une réalité valable pour l'ensemble des élèves visés, ce n'est pas du tout le cas pour les étudiants. En effet, derrière le coût moyen d'un étudiant se cache une réalité complexe. "Dans l’enseignement supérieur, écrit la Depp, la comparaison directe du coût des formations est délicate, en raison notamment de l’intégration des dépenses liées à la recherche universitaire et de la globalisation des crédits des universités, laquelle n’isole plus les dépenses des IUT depuis la loi organique relative aux lois de finances (Lolf). De même, on ne peut distinguer le coût d’un étudiant par niveau de diplôme."

Universités contre classes prépas

Surtout, le coût moyen varie selon le type d'études : de 10.100  euros pour un étudiant à l’université, à 14.270 euros pour un étudiant de STS (section de technicien supérieur), et même 15.710 euros pour un étudiant en classe préparatoire à une grande école (CPGE). On note par ailleurs que le rattrapage entre les filières qui s'était opéré depuis 1992 – 31,6% de croissance de la dépense par étudiant en université, contre 17,1% pour les STS et 5,9% pour les CPGE – n'est plus d'actualité. Depuis 2013, la dépense par étudiant à l’université recule de 12,6%, toujours en raison de la progression rapide des effectifs. Parallèlement, le coût par étudiant de CPGE ou de STS est à la hausse (+1,0%) et la dépense croît plus vite que les effectifs.

La note s'attarde enfin sur les sources de financement de l'enseignement supérieur. L'État, essentiellement à travers les ministères de l'Éducation nationale (pour les STS et CPGE) et de l'Enseignement supérieur, assure 70,3% du financement initial, avant affectation des bourses au budget des ménages. Les collectivités territoriales couvrent 10,2% du financement, juste devant les entreprises (9,6%) et les ménages (9,9%). La part de ces derniers a augmenté de 5,1% entre 2018 et 2019, notamment en raison d'un recours accru aux établissements privés. 

 

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