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Accès aux soins - Les pharmaciens vont bien, mais pas les pharmacies

Publié le
par
Jean-Noël Escudié / PCA
dans

Santé, médico-social, vieillissement

Le conseil national de l'Ordre des pharmaciens publie son "Panorama" de la situation des pharmaciens au 1er janvier 2017, centré essentiellement sur la démographie de la profession. A cette date, l'effectif des pharmaciens, tous modes d'exercice confondus (y compris dans l'industrie), s'élève à 74.441. Ce chiffre est quasiment stable par rapport à celui de 2015 (-0,42%). Cette situation d'ensemble recouvre toutefois des différences importantes selon le type d'exercice, correspondant à des sections différentes de l'Ordre : effectifs en hausse pour les pharmaciens de l'industrie (+2,3%), ceux des établissements de santé (+1,3%), ceux de l'Outre-mer (+1,5%) et les pharmaciens adjoints d'officine (+2%) ; effectifs en baisse en revanche pour les pharmaciens biologistes (-1,6%) et les pharmaciens d'officine (-1%).

800 pharmacies disparues depuis 2010

La France compte ainsi 26.840 pharmaciens d'officine et 27.080 pharmaciens adjoints et gérants en officine, auxquels il faut ajouter 1.350 pharmaciens d'officine en Outre-mer. Si les pharmaciens s'en tirent ainsi plutôt bien, il n'en va pas de même pour les pharmacies, qui intéressent plus directement les collectivités compte tenu de leur rôle dans l'accès aux soins de proximité.
Elles sont aujourd'hui au nombre de 21.403 en métropole et 623 outre-mer, auxquelles il faut ajouter 52 pharmacies mutualistes et 41 relevant de la Caisse nationale de sécurité sociale dans les mines. Entre 2010 et 2016, la France métropolitaine a perdu près de 800 pharmacies. Et le nombre des disparitions a tendance à s'accélérer depuis 2013 : 48 en 2013, 143 en 2014, 183 en 2015 et 188 en 2016. Le recul est particulièrement prononcé en Île-de-France, avec environ 25% du total des disparitions depuis 2010, devant les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine. Mais l'Ordre des pharmaciens estime néanmoins que "pour autant, le réseau reste harmonieux sur l'ensemble du territoire" et qu'"en dépit de ces fermetures, il n'y a pas de problèmes d'accès aux médicaments pour la population".
Une partie de ces fermetures (18%) correspond à des regroupements. Au total, la fermeture "volontaire" représente 45% des cas, contre 55% pour des motifs contraints. Près de la moitié des fermetures concernent des pharmacies de taille moyenne, avec un chiffre d'affaires compris entre 500.000 euros et un million d'euros.

Des inégalités territoriales moins marquées que pour les médecins

Les cessions d'officine sont également en hausse de 13% entre 2015 et 2016 – pour atteindre le chiffre de 1.055 -, mais elles ne se traduisent pas par une disparition de l'officine. Une partie de ces transferts s'explique par le vieillissement des pharmaciens, avec une moyenne d'âge passée de 48,3 ans en 2006 à 50,3 ans en 2016.
En termes de répartition territoriale, il existe des écarts entre régions, mais sans commune mesure avec ceux des médecins généralistes et des spécialistes. La densité moyenne nationale est ainsi de 33 officines pour 100.000 habitants en métropole. Les moyennes nationales vont de 38 en Paca et 37 en Nouvelle-Aquitaine à 30 en Normandie et 29 dans le Grand-Est. L'Ile-de-France est plutôt mal classée, avec une densité moyenne de 31 officines. Sous le double effet de l'augmentation de la population et de la réduction du nombre de pharmacies, le nombre d'habitants par officine est passé de 2.721 en 2006 à 3.018 en 2016.
Par ailleurs, 35% des officines se situent dans des communes de moins de 5.000 habitants et, selon l'Ordre, "constituent un réseau de proximité sur tout le territoire".  

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