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Les pouvoirs publics face au coronavirus : information, précautions et interrogations

L'exécutif a multiplié les signes de mobilisation face au risque d'épidémie. Mairies, établissements scolaires, employeurs publics... Localement aussi, la mobilisation est de mise. Quelques exemples dans l'actualité de ce jeudi 27 février.

"On a devant nous une épidémie qui arrive" et il faudra "l'affronter au mieux" : à l'image d'Emmanuel Macron, l'exécutif est monté au front ce jeudi 27 février contre le coronavirus. Le chef de l'Etat s'est rendu à l'hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière, accompagné du ministre de la Santé Olivier Véran, pour "remercier" le personnel médical et la "qualité des soins apportés par le système français". "On sait que nous ne sommes qu'au début", a déclaré Emmanuel Macron lors d'un échange avec les médecins. "L'épidémie est probable" mais "il n'y a lieu ni d'avoir peur ni d'être négligent", a de même souligné Edouard Philippe après avoir reçu à Matignon les chefs de partis représentés au Parlement, les présidents de groupes parlementaires et les présidents d'assemblées. Le Premier ministre a appelé à la "mobilisation", au "calme" et à la "raison", promettant une "transparence totale", face aux "nombreuses rumeurs qui circulent". Le ministre de la Santé, Olivier Véran, doit réunir ce vendredi, avec la ministre du Travail Muriel Pénicaud, les organisations syndicales et patronales "pour faire le point" sur les "mesures à prendre dans les entreprises".


• Les municipales pourraient-elles être reportées ? Le gouvernement ne "l'envisage pas" à l'heure actuelle, a indiqué Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, et l'hypothèse n'a été posée dans "aucune des réunions ministérielles" auxquelles elle a assisté, a-t-elle souligné. Sur Public Sénat, la ministre Jacqueline Gourault, interrogée sur un éventuel impact sur les municipales, a dit "ne pas voir quel est le rapport" avec ce scrutin.

• Cellule de crise quotidienne à la mairie de Paris. La maire de Paris Anne Hidalgo a tenu ce jeudi une réunion de cellule de crise rendue quotidienne (elles étaient tenues à un rythme hebdomadaire depuis début janvier), "pour être prêts", évoquant notamment les "publics fragiles qui sont de la compétence de la ville", dont les enfants en bas âge et les femmes enceintes, accueillis dans les structures municipales, "qui sont particulièrement à protéger". En cas de "passage à une phase nouvelle de l'épidémie", le préfet de police de Paris "prendra la main" et pourrait ouvrir une autre cellule de crise, a-t-elle ajouté.

• Kits d'information distribués aux maires d'Ile-de-France. Les maires d'Ile-de-France ont reçu mercredi 26 février un "kit d'information" afin d'informer le plus clairement possible leurs administrés sur la situation, notamment dans les écoles où les consignes nationales ont parfois été appliquées de manière disparate. Ces documents, qui synthétisent en grande partie les informations et conseils gouvernementaux, ont été distribués auprès des 1.200 adhérents de l'Association des maires d'Ile-de-France (Amif), afin "de poser clairement les termes et permettre aux élus de diffuser une information fiable, stabilisée, même si elle peut bouger de jour en jour, voire d'heure en heure", a expliqué le directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, Aurélien Rousseau lors d'une conférence de presse. L'initiative répond "à une demande des élus pour être acteurs, en tant que gestionnaires d'équipements publics", a-t-il ajouté. Toutes les écoles franciliennes "ont reçu a priori les mêmes consignes, mais toutes ne les ont visiblement pas appliquées de la même façon", a relevé Stéphane Beaudet, président de l'Amif et maire d'Evry-Courcouronnes (Essonne). Cette disparité peut "générer des interrogations, des tensions de la part des parents lors des conseils d'école", souligne l'élu. Et "quand il neige, c'est toujours la faute du maire, donc dès lors que des inquiétudes s'expriment dans une école, ou un collège, même si cela ne relève pas de la responsabilité du maire, c'est vers lui qu'on va se tourner", a commenté Stéphane Beaudet, estimant qu'il s'agit d'"apporter des réponses, en diffusant une information en phase avec l'Education nationale et uniformisée à l'échelon local".

• A l'école, quelques incertitudes. Dans les écoles, collèges et lycées, les autorités ont pris des mesures pour freiner la propagation du coronavirus et le gouvernement se dit prêt à assurer un enseignement à distance massif en cas de besoin, mais de nombreuses questions subsistent. Le ministère de l'Education n'a pas de chiffre global sur le nombre d'élèves et de professeurs qui ont été priés lundi par les autorités de rester chez eux durant 14 jours parce qu'ils revenaient de l'une des zones touchées par le virus. Proviseurs et enseignants n'expriment pas d'inquiétude mais se disent "dans le flou" face aux directives à appliquer alors que de nombreux établissements sont encore fermés du fait des vacances scolaires. "Nous en sommes à nous poser des questions entre proviseurs ; chaque établissement fait comme il peut, tout cela entraîne des incertitudes sur le terrain", explique Philippe Vincent, à la tête du premier syndicat des chefs d'établissement (SNPDEN). Certaines situations posent particulièrement question. A Bois-Colombes (92) par exemple, une classe de Première du lycée Albert-Camus est partie lundi en voyage scolaire à Florence en Italie. "Les élèves doivent être mis en quarantaine à leur retour, mais je ne vois pas bien comment", s'interroge un représentant des parents.

• Les préconisations des DRH des grandes collectivités. Les membres du bureau de l'Association des DRH des grandes collectivités ont souhaité partager avec leurs homologues certaines recommandations. Ainsi, "les DRH sont invités à éviter la reprise d'activité pour tous les agents revenant de congés dans les zones à risques" et à "ne pas différencier les agents selon leur métier". Les agents doivent être incités "à appeler (et non à prendre un rendez-vous physique) la médecine de prévention de leur employeur qui pourra déclarer sur la base d'un justificatif de séjour une inaptitude temporaire d'activité de 14 jours", qui diffère d'un arrêt maladie ordinaire dans la mesure où il permet à l'agent de percevoir son traitement et de ne pas subir une journée de carence. "Les employeurs sont invités à signaler à l'ARS dont ils dépendent les déclarations d'inaptitudes temporaires", ajoute Johan Theuret, le président de l'association.

​​​​​​​• Aéroport de Beauvais : pour un "maximum" de précautions. La maire de Beauvais, Caroline Cayeux, souhaite un "maximum de précautions" à l'aéroport et qu'une brigade sanitaire soit mise en place pour les vols en provenance d'Italie, après qu'un enseignant de l'Oise est décédé après avoir contracté le coronavirus. "Mes craintes sont tout simplement que des voyageurs en provenance d'Italie soient porteurs du virus et qu'il n'y ait pas de diagnostic préétabli. C'est pourquoi nous demandons une brigade sanitaire installée à l'aéroport qui puisse prévenir, guider, informer les passagers", a-t-elle déclaré jeudi à l'AFP.  "J'espère qu'on prendra le maximum de précautions pour protéger les habitants", a-t-elle ajouté. Si l'épidémie "devait s'amplifier" l'élue de l'Oise souhaite que les vols en provenance d'Italie soient "arrêtés". Une idée pour l'instant écartée par le préfet de l'Oise, Louis le Franc.  Une réunion devait avoir lieu en fin de journée en préfecture entre la mairie, le conseil départemental, les représentants de l'Etat et la direction de l'aéroport.

 

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