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Attractivité - Les recettes du gouvernement pour renforcer l'attractivité de la France

Le gouvernement veut porter de 700 à 1.000 par an le nombre d'investissements étrangers en France. Arnaud Montebourg annonce aussi vouloir renforcer les relocalisations sur le modèle du "reshoring" américain.

Désamorcer la campagne de dénigrement orchestrée par la "presse anglo-saxonne" au moment où la France cherche à redorer son attractivité : c'est ce à quoi s'est évertué le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, à l'issue du Conseil des ministres ce mercredi 9 janvier, visant explicitement The Economist, qu'il qualifie de "Charly Hebdo de la City". Le journal britannique avait assimilé l'Hexagone à une "bombe à retardement" au cœur de l'Europe. Plus récemment, il caricaturait Barack Obama en marinière, béret et baguette... Le ministre a dit vouloir lutter contre ce "miroir déformant" et "contredire le pessimisme" ambiant, renforcé ces derniers temps par l'affaire des "pigeons" ou l'exil fiscal de Gérard Depardieu. "Nous n'avons pas vu baisser le flux d'investissements étrangers en France dans les dernières semaines", a-t-il assuré, lors d'une conférence de presse, aux côtés du ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, et de la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq. "Lorsque l'on regarde les faits, la France est la première destination pour les implantations industrielles en Europe." Arnaud Montebourg s'est appuyé sur une étude du cabinet KPMG sur les choix de localisation des entreprises à l'échelle internationale qui place la France en bonne position devant les Etats-Unis, l'Allemagne, le Japon, l'Australie et l'Italie. Cette étude compare notamment les coûts d'implantation et de fonctionnement des entreprises…
Le gouvernement assure que la France occupe une place de leader en Europe pour les investissements industriels, mais estime ses positions fortement menacées, notamment par l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Sans attendre les recommandations du Conseil stratégique de l'attractivité qui se réunira d'ici la fin du premier semestre 2013, il a annoncé de nouvelles mesures en faveur de l'attractivité du territoire. "Avec 20.000 entreprises étrangères sur son sol et 700 décisions nouvelles d'investissements étrangers créateurs d'emplois par an, la France est une destination de premier ordre pour les investissements directs étrangers", s'est félicité Pierre Moscovici, dans une communication présentée en Conseil des ministres. Le gouvernement se fixe un cap ambitieux : atteindre les 1.000 décisions d'investissements annuels dans le pays d'ici à 2017, dont 300 nouvelles implantations chaque année. Revenant de Chine, Pierre Moscovici a pris cet exemple, en conférence de presse, pour illustrer les marges de manoeuvre : "Les investissements chinois en France sont de trois milliards d'euros, alors que les investissements français en Chine sont de 13 milliards d'euros", a-t-il souligné.

Relocalisations

Au-delà des mesures phares du pacte de compétitivité lancé le 6 novembre, comme le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi ou la mise en service de la Banque publique d'investissement, la stratégie gouvernementale propose de faciliter l'accueil des talents étrangers et des visiteurs professionnels, avec la mise en oeuvre d'un nouveau "Passeport Talents". Le gouvernement s'engage aussi à attirer les investisseurs de long terme et à créer des "quartiers numériques".
Arborant fièrement une marinière, Nicole Bricq a annoncé officiellement le lancement de mission sur la "Marque France". Celle-ci a été confiée à Philippe Lentschener, PDG du groupe de communication McCann France, qui devra remettre ses propositions fin mars.
Après le message perturbé par le concept de "colocalisations" vanté par le Premier ministre lors de son déplacement au Maroc mi-décembre - qui s'est traduit par un investissement massif dans une plateforme de centre d'appels dans une zone franche de Casablanca -, Arnaud Montebourg a promis de nouveaux efforts pour relocaliser les activités en France. Le ministre dit vouloir s'inspirer de l'exemple du "reshoring" mis en place par l'administration Obama pour inciter à rappatrier tout ce qui coûte moins cher à fabriquer aux Etats-Unis, en tenant compte dans les modes de calculs de tous les coûts induits par les délocalisations, notamment en matière de transport. "Nous allons proposer la même méthode pour ramener des emplois en France", a martelé Arnaud Montebourg, listant le coût du travail, le coût de la logistique, la taxe carbone, le pacte de compétitivité, le crédit impôt recherche, comme éléments de calcul. Cette nouvelle méthode va impliquer un "travail de prospection", métier par métier, secteur par secteur. "Rapprocher le lieu de production du lieu de consommation me paraît de bon aloi", a-t-il ajouté.