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Education - Les régions dressent un état de leurs projets pour la jeunesse

Marquant 20 ans de décentralisation des lycées, l'Association des régions de France donnait rendez-vous les 7 et 8 juin à Lille pour examiner l'évolution des politiques publiques pour la jeunesse. Les élus n'ont pas manqué, à cette occasion, de revenir sur le transfert des personnels TOS.

"Les régions aspirent à participer à la définition d'un authentique projet éducatif et s'en donnent les moyens sur les territoires", a assuré Jacques Auxiette, président de la région Pays-de-la-Loire, en ouverture du colloque qu'organisait l'Association des régions de France (ARF) les 7 et 8 juin à Lille sous l'intitulé "Du transfert des lycées aux projets régionaux pour la jeunesse".
A l'occasion du vingtième anniversaire du transfert de l'entretien et de la construction des lycées aux régions, l'ARF tenait à dresser un inventaire des initiatives régionales engagées au service des jeunes. Elle souhaitait également, à travers une dizaine de tables rondes, ouvrir des pistes de réflexion sur certains thèmes transversaux, la lutte contre les discriminations, l'accompagnement de chaque jeune dans son parcours professionnel, la sensibilisation à la citoyenneté...
Alain Rousset, président de l'ARF et président du conseil régional d'Aquitaine, a insisté pour que l'Etat aille plus loin en confiant aux régions des responsabilités associées à leur compétence. "J'ai regretté qu'on ne nous transfère pas le service de l'information et de l'orientation", a-t-il précisé. "Ce colloque est fait pour prendre acte de l'implication des collectivités territoriales dans l'éducation", a poursuivi  Jacques Auxiette, président de la commission Education à l'ARF.

Les TOS sont accueillis avec plaisir

Au sujet du transfert des personnels TOS, Alain Rousset a voulu lever toute ambiguïté  : "Le temps des critiques est dépassé. Nous accueillons avec plaisir les agents techniques, ouvriers et de service de l'Education nationale. Nous allons faire ensemble du bon travail." D'autres élus régionaux et par exemple François Patriat, président de la région Bourgogne, ont néanmoins rappelé la non-compensation financière et l'illisibilité du dispositif, qualifiant la loi du 13 août 2004 de "vide-grenier".
La table ronde intitulée "La plus-value des régions dans leurs nouvelles missions" a été l'occasion de faire un premier bilan sur ce transfert de personnels. A travers les témoignages de deux régions, Bretagne et Poitou-Charentes, les élus ont passé au crible les améliorations qui pourraient être apportées sur les quatre missions transférées par la loi, l'accueil, l'hébergement, la restauration et l'entretien technique et général.
Le bilan présente d'ores et déjà des aspects positifs. Les personnels TOS sont désormais le plus souvent reconnus comme de véritables interlocuteurs lors de l'élaboration des projets initiés par les régions. C'est le cas en Bretagne pour le projet de construction du CDI du lycée Dupuy-de-Lôme, à Lorient, où des agents ont été directement associés à certains choix. La plupart des régions ont par ailleurs entamé des démarches de diagnostic intéressantes car permettant d'identifier des souhaits d'évolution professionnelle des personnels TOS.
Un certain nombre de questions restent toutefois en suspens. Ainsi, l'organisation des mutations est loin d'être évidente. Comment s'assurer que les agents qui voudraient passer d'un département à l'autre puissent le faire sans problème ? De même, la professionnalisation de la fonction d'accueil ou l'encadrement des équipes continuent de poser quelques problèmes. Enfin, les missions même des TOS ne sont pas encore stabilisées et les syndicats des personnels redoutent toujours les risques d'externalisation.

Catherine Ficat, envoyée spéciale à Lille

 

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