Les saveurs du Luberon inspirent le projet alimentaire territorial du PNR (84 et 04)

Publié le
par
Claire Lelong
dans

Aménagement et foncier

Développement économique

Environnement

Alpes-de-Haute-Provence

Vaucluse

L'alimentation locale de qualité ? Le parc naturel régional (PNR) du Luberon en a fait un cheval de bataille dès les années 1990. Sa sélection en 2016 au titre du Programme national pour l'alimentation (PNA) puis sa labellisation en tant que "projet alimentaire territorial" (PAT) en 2017 lui ont permis de donner une direction commune aux différentes initiatives et de mieux les articuler.

Vin, huile d'olive, miel, petit épeautre, agneau... quatorze appellations d’origine protégée et indications géographiques protégée (AOP et IGP) ; 15 % des fermes en agriculture biologique sur près de 10.000 hectares ; une vallée maraîchère majeure en bordure de la Durance ; 150 lieux de vente collectifs dont 50 marchés de plein vent... Le parc naturel régional (PNR) du Luberon incarne à lui seul la "diète méditerranéenne", inscrite au patrimoine immatériel mondial par l'Unesco en 2013.

Créer des marchés et des magasins de producteurs

"Dès les années 90, plusieurs actions ont été engagées par le parc en terme de circuits courts avec ouverture de marchés paysans et magasins de producteurs et protection des variétés anciennes au sein d'une Maison de la biodiversité, indique la chargée de mission agriculture et tourisme au PNR du Luberon, Mylène Maurel. Mais l'étape majeure, celle qui a permis de prendre le virage vers une réflexion globale sur une alimentation saine et locale, date de 2009, avec la nouvelle charte du Parc".

En 2009, le parc adopte sa troisième charte qui court jusqu'en 2021. "Une nouvelle génération d'agriculteurs s'installait sur le territoire et ils ont activement contribué à la rédaction du volet agricole de cette charte" note la chargée de mission. Car si le territoire disposait d'atouts pour la production agricole, il faisait aussi face à une certaine raréfaction du foncier agricole et à une ouverture des marchés à d’autres régions et pays producteurs, ce qui créait une distorsion des coûts de production.

L’agriculture, un enjeu "d’utilité publique" pour le PNR

"Sans évolution favorable à l’économie agricole et aux conditions d’installation de nouveaux exploitants, certaines communes du Parc n’auront plus d’agriculteurs en activité sur leur territoire d’ici 2020" s'inquiétaient les rédacteurs de la charte adoptée il y a dix ans. Parmi les engagements, elle a donc fait du renforcement de l’agriculture un enjeu majeur de développement durable pour le parc, en l'élevant au rang "d’activité économique d’utilité publique".

Les initiatives se multiplient de 2009 à 2016

Après l'adoption de la nouvelle charte, le Parc passe alors à la vitesse supérieure en investissant toutes les thématiques alimentaires : structuration et développement de filières agricoles avec marques "Valeurs parc" (vin du Luberon, pain du Luberon), politique de maintien des terres agricoles et d'installation d'agriculteurs via un "réseau foncier agricole" associant la Safer et l'association Terres de liens, lancement d'un réseau de restauration collective "De la ferme à ta cantine" qui regroupe aujourd'hui 30 communes renforçant l'approvisionnement bio et local de leurs cantines scolaire en régie. Dans le même temps, huit nouveaux magasins de producteurs ont vu le jour ainsi qu'un programme annuel de sensibilisation à l'alimentation du grand public et des scolaires.

Le projet alimentaire territorial : un cadre qui donne du sens

Fort de ces multiples réalisations, le Luberon est retenu en 2016 au titre du programme national pour l'alimentation (PNA), puis labellisé "projet alimentaire territorial" (PAT) en 2017. "Le PAT a permis de donner une intention et un sens aux réalisations. Il a articulé les projets et donné une place à chacun : des habitants consommateurs éclairés, des associations porteuses d'initiatives, des agriculteurs producteurs et des collectivités soutenant ou portant des projets", note la chargée de mission. Il a également permis d'ancrer une gouvernance nouvelle : elle s'opère autour d'une commission "Valorisation des territoires", d'un forum citoyen bi-annuel et de comités de pilotage par projet. Le parc pilote cet ensemble avec plusieurs partenaires dont les Civam, les chambres d’agriculture, le réseau bio régional... Il n'est pas pour autant à l'origine de tout : "C'est un terreau fertile où les projets trouvent plus facilement leur place, dans un cadre légitime et reconnu."

Poursuivre le nouvel élan

Le PAT a apporté un nouvel élan avec l'expérimentation de classes vertes "De la fourche à la fourchette" désormais proposées à l'échelle régionale par l'association Léo-Lagrange. 10.000 hectares sont en voie d'être sanctuarisés sous forme de zones agricoles protégées (ZAP) et une association gérant un café villageois et un jardin pédagogique travaille à un projet de "cité vivante de l'alimentation" sur le modèle de la Maison de l'alimentation durable de Mouans-Sartoux. Le réseau de restauration scolaire se met en ordre de marche pour atteindre l'objectif fixé par la loi Egalim de 50 % de produits locaux ou de qualité d'ici 2022. Et pour que cet élan se poursuive, le Parc prévoit déjà de former les nouveaux élus municipaux en 2020.

Parc naturel régional du Luberon

Nombre d'habitants :

183357

Nombre de communes :

77
60, place Jean-Jaurès
84400 Apt
accueil@parcduluberon.fr

André Berger

Vice-président en charge de la commission Valorisation des territoires

Mylène Maurel

Responsable du pôle Agriculture et tourisme durables
Haut de page