Culture - Les tournages de films français se relocalisent, mais les budgets baissent

L'Observatoire "Métiers et Marchés" de la Ficam (Fédération des industries du cinéma, de l'audiovisuel et du multimédia) vient de publier ses chiffres sur les tournages de productions de films de long métrage d'initiative française (FIF). Ceux-ci recensent les productions dont le premier jour de tournage est constaté et déclaré par les adhérents de la Ficam entre le 1er janvier et le 30 septembre de l'année civile considérée, en l'occurrence 2013.
A première vue, le bilan apparaît plutôt positif. Le nombre de films de longs métrages d'initiative française tournés entre janvier et septembre 2013 reste certes quasi identique à celui de la même période de 2012 : 152 films contre 153, dont 132 films de fiction, 15 documentaires et 5 films d'animation. Sur la période considérée, les 132 longs métrages de fiction ont engendré 994 semaines de tournage, contre 955 sur la même période de 2012, soit une hausse de 4%. Le communiqué de la Ficam explique que "cette évolution est due à une hausse notable du nombre de semaines de tournage en France (+18%)". Ce résultat confirme les chiffres partiels qui avaient été diffusés en juillet dernier (voir notre article ci-contre du 19 juillet 2013). On peut supposer que le quadruplement du plafond de la déduction fiscale pour les tournages en France - passé de un à quatre millions d'euros dans la loi de finances pour 2013 - n'est pas étranger à cette évolution.

La part des délocalisations recule de dix points

La délocalisation recule en effet, pour s'établir, en janvier-septembre 2013, à 21% des semaines de tournage de films français entre janvier et septembre 2013, contre 31% sur la même période de 2012. Ce taux de 21% est le plus faible de ces six dernières années et les délocalisations reviennent ainsi à leur niveau de 2011. Au passage, "la Ficam se félicite que la Commission européenne ait validé, le 3 juillet dernier, la réforme du crédit d'impôt cinéma présentée par le CNC, replaçant ainsi l'attractivité française dans la cohérence des mesures analogues dans d'autres Etats européens. Les industries techniques et des milliers de techniciens intermittents retrouveront ainsi une grande part de la production française qui se délocalisait".
Mais cette bonne nouvelle est assortie d'une sérieuse restriction. En effet, la période de janvier-septembre 2013 a connu une baisse prononcée (-7%) de l'investissement dans les films mis en production. Cette baisse recouvre toutefois deux mouvements opposés. D'un côté, le nombre de films dont le budget est compris entre un et deux millions d'euros fait plus que doubler. Mais, de l'autre côté, le nombre de films au budget supérieur à dix millions d'euros s'effondre, avec un recul de 38% en un an. Du coup, le budget moyen des films de long métrage passe de 6,2 millions d'euros en 2012 à 5,3 millions en 2013. En d'autres termes, si le nombre de semaines de tournage en France recommence à augmenter, les retombées économiques de ces tournages sur les territoires se réduisent, annulant ainsi une bonne part du bénéfice potentiel des relocalisations. 

 

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