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Environnement - Les villes au coeur de l'adaptation au changement climatique

Le 23 novembre, Nathalie Kosciusko-Morizet, fraîchement nommée ministre de l’Ecologie, a annoncé lors de la clôture d’une table ronde dressant le bilan de la concertation sur le plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) que ce dernier sera préparé au premier semestre 2011. "Ce sera un plan très opérationnel, doté de fiches d’actions à suivre. Dès sa présentation, son application sera immédiate car je suis convaincue que les Français ont envie d’écologie et ont besoin d’initiatives concrètes dans le domaine." 
Le PNACC fera suite à une concertation lancée il y a un peu moins d’un an. D’ampleur nationale, elle s’est notamment déclinée au niveau interrégional, sous la houlette des préfets. Un terrain sur lequel les échanges ont notamment mis en avant deux nécessités : mieux articuler les échelons nationaux et locaux et mieux hiérarchiser les propositions et les actions visant à minimiser les effets du changement climatique.
Dans sa synthèse des contributions faites au niveau territorial, le ministère pointe toutefois certaines "difficultés lors des échanges à s’affranchir du contexte local, alors que l’objectif était de donner un avis sur des propositions nationales". Ce que tempère Pierre-Franck Chevet, directeur général de l’Energie et du Climat au ministère : "Cette réflexion a constitué un exercice utile. Elle aboutit en quelque sorte à une boîte à outils, dans laquelle les acteurs locaux pourront puiser, par exemple pour mettre sur pied les schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie, qui seront dotés d’un volet sur l’adaptation au changement climatique".

Spécificités de l'Outre-Mer

Quant aux régions d’Outre-Mer, dont la vulnérabilité est évidemment spécifique, elles ont été consultées cet été. Il en est ressorti plusieurs propositions. Côté eau potable, elles souhaitent, en raison de leur dépendance aux eaux de surface, que soit étudiée la possibilité de constituer de nouvelles réserves ou forages et que le stockage des eaux pluviales soit développé en vue d’un usage domestique et privé. Côté biodiversité, elles veulent que le rythme des inventaires s’accélère. Ces territoires recommandent aussi que leurs caractéristiques climatiques soient bien prises en compte dans les volets du plan consacrés à l’urbanisme ou à la création d’infrastructures de transport. Enfin, ils préconisent aussi que soit créée une zone pilote en vue d'y "étudier l’implication et l’adaptation au changement climatique en zone touristique littorale".
A l’issue de la table ronde, Paul Vergès, qui préside l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc), a remis à la ministre un rapport sur la vulnérabilité des villes et agglomérations au changement climatique. Il y souligne qu’"elle est particulière compte tenu d’une forte concentration de population et du regroupement d’infrastructures et de biens matériels sur leur territoire". Ainsi, les vagues de chaleur peuvent avoir un impact sanitaire non négligeable. Le risque est aussi que les niveaux de pollutions locales s’aggrave. Surtout, l’impact sur le débit des cours d’eau peut accentuer le risque d’inondation suivant la localisation géographique. En clair, "le changement climatique agit en grande partie en amplifiant des problèmes déjà existants", résume ce rapport. Mais face à cela, des stratégies urbaines d’adaptation sont possibles. Pour Paul Vergès, contrairement à une idée reçue, elles restent à développer car les villes sont encore peu avancées dans le domaine. "Les actions proposées sont très ciblées et plutôt intégrées dans des plans qui leur sont propres ; rien n’est encore développé à grande échelle". Et de positiver : "On sent cependant une volonté de progresser, et les différentes initiatives qui naissent dans les villes françaises sont à considérer comme le début d’un travail de long terme."