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LGV Bordeaux-Toulouse : "le projet est sauvé", selon le maire de Toulouse

"Je suis globalement satisfait que le projet soit sauvé mais les modalités de la réalisation peuvent être améliorées. Le projet n'est pas abandonné, il est même retenu. C'est un point fondamental", s'est félicité le 1er février le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc après l'avis positif du Conseil d'orientation des infrastructures au projet de Ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Toulouse. Le projet vise à mettre Toulouse à un peu plus de trois heures de Paris contre 4h20 actuellement, depuis l'ouverture récente de la LGV Paris-Bordeaux. "La mobilisation de l'ensemble des forces vives de l'Occitanie a payé", ont ajouté plusieurs élus de la région Occitanie, dont la présidente de région Carole Delga (PS). "Une nouvelle étape de notre mobilisation débute aujourd'hui. L'équation n'est plus technique ou financière mais bien politique, ce qui renvoie aux choix que devront faire dans les prochaines semaines le gouvernement et les parlementaires dans le cadre de la future loi d'orientation des mobilités", selon eux. "Nous redemandons que ces choix politiques prennent en compte les grandes difficultés de déplacement des 6 millions d'habitants de l'Occitanie", une des régions les plus dynamiques de France en termes d'emplois et d'habitants. Quatrième agglomération de France, Toulouse met en avant sa forte expansion démographique - elle accueille notamment le siège mondial d'Airbus et compte 1,2 million d'habitants – pour réclamer l’arrivée du TGV.

Travaux étalés dans le temps

Dans son rapport remis au gouvernement, le Conseil d'orientation présidé par Philippe Duron a donné un avis favorable mais il propose toutefois de "saucissonner" la réalisation des infrastructures envisagées, en étalant les travaux dans le temps. Les travaux de la section Agen-Toulouse pourraient être engagés sur la période 2033-2037 avec le premier scénario, en 2028-2032 avec le deuxième (à condition de ne pas construire Montpellier-Béziers) et en 2023-2027 avec la troisième hypothèse. Et Bordeaux-Agen viendrait plus tard. Une priorité serait donnée à l'aménagement des sorties de Bordeaux et Toulouse, puis au tronçon Agen-Toulouse.

Le "saucissonnage" critiqué

Pour le maire LR de Toulouse, "il est proposé de décaler la réalisation et c'était assez inéluctable. La date de 2024 était devenue obsolète, impossible à réaliser", a-t-il souligné. Mais ce "saucissonnage" du projet est critiquable à ses yeux. "Je n'accepterai jamais que l'on fasse les aménagements ferroviaires des deux agglomérations (Toulouse et Bordeaux) sans commencer le chantier de la ligne Bordeaux-Toulouse". Pour lui, cela doit se faire "concomitamment". "Le fait de scinder (les travaux) en deux tronçons aboutit à un horizon de réalisation complète de 2037, ce qui me paraît trop lointain", a poursuivi Jean-Luc Moudenc. "Deuxième insatisfaction", le conseil n'a pas retenu "nos propositions alternatives" qui pourraient pourtant, selon lui, "financer le chantier d'un seul tenant".
La ministre des Transports Élisabeth Borne doit annoncer ses choix fin février, un calendrier de réalisation de tous ces projets devant être inscrit dans la future loi d'orientation des mobilités, promise pour avril. Le Parlement aura ensuite le dernier mot.
 

Montpellier adopte un vœu en faveur de la LGV vers Perpignan et Barcelone
A l’initiative de Philippe Saurel, maire et président de la métropole, le conseil municipal de Montpellier a adopté à l’unanimité le 1er février un vœu en faveur de la réalisation de la LGV Montpellier-Perpignan-Barcelone, suite aux conclusions du rapport du Conseil d'orientation des infrastructures rendues publiques le même jour. « Nous accueillons avec satisfaction le fait que la réalisation du segment ferroviaire Montpellier-Béziers ait été considérée comme prioritaire, affirment les élus. Ce segment est en effet une priorité pour la réalisation de la ligne LGV Montpellier-Perpignan-Barcelone. Nous tenons à insister à nouveau sur l'importance de cette ligne voyageurs et fret qui est indispensable pour le segment transfrontalier entre la France et l'Espagne mais aussi pour désengorger le Sud de la France (…). Nous réaffirmons notre volonté de voir ce projet sortir de terre avec une déclaration d'utilité publique (DUP) courant 2019. Une première tranche de travaux en 2023, comme indiqué dans le rapport Duron, serait la bienvenue. Cette ligne libérerait des sillons pour les trains quotidiens et régionaux. Tout cela va également dans le sens de la réduction de l'impact carbone. » Ce vœu va être adressé au président de la République, à la ministre des Transports, à la présidente de la région Occitanie ainsi qu'au président de la Commission européenne. A.L.

 

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